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Le cristal de roche

Le cristal de roche, quartz pur, que les Grecs regardaient comme de la « glace » (krustallos), créée par les dieux, prend place parmi ces gemmes aux propriétés merveilleuses, qui, une fois taillées, évidées et polies, produisent des objets étonnants et fastueux. Les cours de l’Antiquité tardive les ont hautement appréciées, à la fois comme parures et comme talismans. A la veille des conquêtes islamiques du VIIe siècle, la Perse des rois sassanides était connue pour ses ouvrages en quartz : coupelles, gobelets, perles, sceaux, médaillons figuratifs en intaille, flacons gravés en nids-d’abeilles. Objets de belle facture, ils semblent avoir été réalisés sur la frange irakienne du royaume, si l’on en juge par l’abondance des cristaux sassanides découverts en Mésopotamie. Dès le Haut Moyen Age, certains exemplaires iraniens préislamiques parviendront en Occident, comme la « Tasse de Salomon » et le « Vase d’Aliénor » déposés dans le trésor de Saint-Denis[1].

Après l’avènement de l’islam, les califes omeyyades et abbassides poursuivront les traditions iraniennes. Des écrivains arabes décrivent l’admiration d’un bédouin devant la lampe en cristal (billawr), que le calife omeyyade al-Walîd avait fait placer dans la Grande Mosquée de Damas, au-dessus du mihrab des Compagnons du Prophète. Elle était si imposante que, plus tard, le calife abbasside al-Amîn, très amateur de cristaux, la fera transporter clandestinement à Bagdad. Au Xe siècle, l’encyclopédiste al-Birûnî, dans son livre sur les pierres précieuses, mentionne Basra comme étant un important foyer de lapidaires. Une lampe en forme de barque, ornée d’une tige d’acanthe, conservée à l’Ermitage, atteste ses liens avec l’art décoratif de Samarra et pourrait provenir d’un atelier irakien. Mais c’est en Egypte, pendant le règne des Fatimides (969-1171), et sans doute pour des raisons d’ordre ésotérique, que la taille du cristal de roche atteint une perfection inégalée et devient une véritable industrie, stimulée par les usages somptuaires des califes. Avec une habileté consommée, les lapidaires égyptiens ont donné naissance à une gamme d’objets divers et souvent de grand format. Trois pièces font directement référence à de hauts personnages fatimides : une aiguière[2] inscrite au nom du calife al-Aziz Billah (r. 975-996), une autre aiguière sur laquelle apparaît la titulature de Hussein ibn Jawhar, général du calife al-Hakim[3] (1000-1008 et 1010-1011), un croissant de lune portant le nom du calife al-Zâhir (r. 1021-1036)[4]. Quelque deux cents oeuvres ont subsisté sur les milliers d’objets mentionnés par les chroniqueurs. L’Egypte, au tournant des Xe et XIe siècles est ainsi à la source de la plupart des objets en cristal de roche parvenus dans les trésors médiévaux de l’Occident, comme des quelques petites pièces retrouvées en Espagne et qui atteignirent la péninsule pendant le califat de Cordoue. 

Provenance

L’Egypte faisait venir le minéral d’horizons très divers : du Cachemire, des contreforts du Pamir, du Badakhshân (Afghanistan), déjà célèbre pour son lapis-lazuli, des régions montagneuses de l’Arménie ainsi que de la Perse de l’Ouest. Al-Birûnî mentionne des importations des îles Maldives, appelées Dibajat, ainsi que des îles Zanj, près des côtes de l’Afrique de l’Est. D’autres auteurs signalent Ceylan, la mer Rouge et le Maghreb. La mer Rouge semble avoir eu la faveur des lapidaires égyptiens. Le voyageur et philosophe ismaélien Nasir-i-Khosrow qui se rend en Egypte en 1047 et 1052, note à propos du souk des lampes qui se trouvait au Caire près de la mosquée d’Amr : « J’y ai remarqué aussi du cristal de toute beauté et artistement travaillé par des ouvriers plein de goût. Il avait été apporté du Maghreb, mais on disait que, récemment, on en avait reçu de la mer de Qulzum (la mer Rouge), d’une qualité plus belle et plus transparente que celle du Maghreb ».

Technique et décor

Le travail du cristal de roche en Egypte n’est pas une création fatimide. Les périodes tûlûnides (868-905), et ikhshidides (935-969), l’ont probablement connu. On a ainsi tendance à classer comme pré-fatimides les pièces dont les ornements foliacés, presque abstraits, sont sculptés en biseau à la manière des décorations sur bois et sur stuc de Samarra[5]. Ahmad ibn Tûlûn gouverneur abbasside d’Egypte, qui avait de nombreuses attaches en Mésopotamie, aurait introduit à Fustât et à al-Qatâ’î cette technique de taille employée dans la capitale irakienne. Si au début du Xe siècle, les lapidaires fatimides essayent de donner à leurs ouvrages un relief plus prononcé, non sans quelque maladresse dans le rendu des formes, la fin du Xe siècle marque l’apogée de la technique. Dans certains récipients, l’épaisseur des parois derrière le décor sculpté n’excède pas les 2 mm. Les pièces, qui ne dépassaient pas une dizaine de centimètres, se font plus importantes, comme l’atteste une fameuse série de six aiguières parvenue jusqu’à nous : les deux aiguières du trésor de Saint-Marc de Venise (dont celle inscrite au nom d’al-Aziz), celle du Palais Pitti de Florence, celle du Victoria et Albert Museum de Londres, celle de la Cathédrale de Fermo, celle du musée du Louvre, autrefois déposée au Trésor de Saint-Denis. Des compositions plus souples, mais toujours symétriques, font apparaître des félins, des rapaces, des gazelles, de chaque côté de végétaux stylisés dont les tiges entrecroisées se prolongent de demi-palmettes ou de feuilles lancéolées. Les formes sont diverses : aiguières (ibrik), carafes piriformes (khurdâdi»), jarres (qâtarmiz), assiettes, coffrets, bouteilles, plats creux (bâtiya), bassins (tisht), flacons, petites figurines d’animaux pour le mascara ou les huiles parfumées, pièces d’échiquier, comme celles qui furent retrouvées en Espagne, dans l’église catalane d’Ajer. Quand ces pièces étaient dénuées de décor, on les appelait : majrûd, « lisses » ; celles qui étaient gravées : manqûsh. Dans le trésor des califes, des boîtes en bambou abritaient ces cristaux préalablement enveloppés dans plusieurs couches de soies.  

Il devait exister deux types de productions, comme le laisse entendre le texte de Nasir-i-Khosraw cité plus haut : l’une, réservée au calife, l’autre, destinée au marché. Nous n’avons pas de renseignements sur le processus de fabrication. Mais il faut se rappeler que les lapidaires de la vallée de l’Indus et de l’Afghanistan, connaissaient, dès le Néolithique, des techniques très perfectionnées de perforation et de polissage des gemmes, comme en témoignent les longues perles en calcédoine, en lapis, en agate, en quartz, percées à miracle, qui arrivaient à ces dates reculées sur les marchés du Proche-Orient. A ces traditions asiatiques s’ajoutaient des traditions propres à l’Egypte, peut être héritées de son brillant passé pharaonique.

On peut supposer que l’artisan, après avoir donné grossièrement sa forme au récipient à l’aide d’une scie et d’un petit marteau, utilisait un outil creux pour faire une profonde incision cylindrique. Une fois que l’outil était bien enfoncé dans le cristal, un coup sec suffisait à en détacher le noyau. La cavité était ensuite élargie par une broche ou un foret fixé sur un tour et mis en rotation par un archet. Suivaient ensuite des opérations de polissage au moyen d’abrasifs de plus en plus fins : petits cailloux, sable, poudre de diamants. C’est ainsi que le travail du cristallier sera décrit au XVIIe siècle par Tavernier et Chardin, lors de leur passage à Ispahan. Pour brillante qu’elle soit, cette industrie fatimide a été de courte durée. Le croissant inscrit au nom du calife al Zâhir (r. 1021-1036), accuse dans sa facture une certaine décadence. Néanmoins, la technique de taille, d’évidement et de polissage restera longtemps un privilège oriental. L’industrie du cristal de roche ne commencera en Occident chrétien qu’à la fin du XIIe siècle.

Christianisation et diffusion en Europe.

La majorité des ouvrages que nous connaissons sont arrivés en Europe au cours du Moyen Age et « christianisés ». Déposés dans le trésor des églises ou dans les trésors civils, comme celui des Médicis de Florence ou du Duc Jean de Berry, ils ont souvent reçu de riches montures orfévrées - précieux éléments de datation pour l’historien - qui montrent bien la valeur qu’on leur accordait. Dans les églises, ils étaient transformés en calices, en burettes, en reliquaires, ou incorporés à des objets de piété (croix et fonts baptismaux), perdant ainsi leur fonction d’origine.

La juxtaposition des parties, des provenances et des époques donnent des résultats surprenants. A cet égard, le Trésor de la Basilique Saint-Marc, à Venise, riche d’au moins neuf cristaux fatimides, est exemplaire. On compte deux bouteilles pré-fatimides, montées en candélabres au XVIe siècle, une grande assiette, un calice dont le réceptacle serait byzantin et le piètement fatimide, un haut vase fatimide à bordure épigraphique, pris dans une monture italienne en or filigrané du XIe ou XIIe siècle, un flacon cylindrique dit « Reliquaire du Sang miraculeux », fixé dans une monture aérienne du début XIIIe siècle, une très curieuse « Grotte de la Vierge » en forme de niche. Taillée dans un bloc de quartz et animée d’une statuette de Marie, elle repose sur une couronne byzantine ayant appartenue à Léon VI (r. 886-912). Ces deux deniers cristaux auraient été rapportés à Venise lors de la quatrième croisade. Enfin, deux aiguières exceptionnelles, l’une décorée de béliers à laquelle les orfèvres européens ont ajouté un haut col, un bec verseur et un piètement en métal doré, et l’aiguière inscrite au nom d’al-Aziz-Billah, ornée de deux lions gravés et qui a été posée sur un socle circulaire à pattes de griffons.

En Allemagne et en France gothiques, nombreux sont les reliquaires en forme de tourelle montée sur haut piètement abritant dans leur architecture un récipient cylindrique en cristal de roche. En France, on mentionnera  l’aiguière de l’église de Milhaguet (près de Limoge), qui servait de burette, le curieux cylindre horizontal de Saint-Riquier, utilisé comme reliquaire, le coffret du musée de Cluny, paré d’une monture germanique du XIIIe siècle, autrefois déposé dans l’église de Moûtiers-en Tarentaise, le « Reliquaire de la Sainte Epine » de la cathédrale de Reims : gobelet fatimide sur le couvercle duquel un orfèvre parisien du XVe siècle a placé un ange d’or émaillé de blanc portant la couronne du Christ. L’aiguière probablement offerte par l’Abbé Suger au trésor de l’abbaye de Saint-Denis est particulièrement éloquente. Son décor sculpté se compose de deux rapaces s’affrontant de part et d’autre d’un Arbre de vie. Son couvercle en or filigrané, du type a vermicelli, attribuable aux orfèvres de l’Italie méridionale, à la fin du XIe siècle, confirme l’hypothèse selon laquelle elle aurait appartenue à Roger II, roi normand de Sicile[6].

Leur acheminement en Europe s’est fait par voies multiples. Les sources écrites indiquent que certains cristaux égyptiens pré-fatimides ou irakiens sont parvenus en Europe dès le dernier quart du Xe siècle. Plus tard, les échanges diplomatiques entre Fatimides et Ottoniens ont sans doute favorisé leur arrivée à date précoce dans les domaines du Saint-Empire romain germanique, Italie du Sud comprise. Plusieurs pièces sont ainsi associées au règne d’Otton III (mort en 1002), puis de Henri II, proclamé empereur en 1014. Il n’en est pas de même pour la France qui, à la fin des Carolingiens, connaît une période de décadence. Des pillages célèbres ont contribué à les répandre. Entre 1061 et 1069, le trésor du calife al-Mustansir fut dispersé et vendu pour payer la solde des soldats, trésor qui contenait, selon un passage des Khitat de Maqrizi, pas moins de 18 000 pièces en cristal de roche ! En 1204, la mise à sac de Constantinople par les croisés a également entraîné un fort mouvement d’objets précieux et de reliques vers Venise, puis vers l’Europe occidentale. Quelques objets auraient également transité par la Sicile. A la fin du XIIe siècle, le voyageur arabe Ibn Jubayr signale à Solanto 40 lampes de cristal éclairant la mosquée Qasr Sa’d.

La lumière du cristal, une merveille partagée. 

Le terme de lagena praeclara, « vase brillant », employé par l'Abbé Suger à propos d’un objet qui était probablement l’aiguière de Saint-Denis, traduit l'admiration du monde chrétien pour ces matières translucides et radiantes, véritables merveilles de la Nature qui semblaient faire allusion au Paradis ou au monde de Dieu. Par bien des côtés, cette position rejoint celle des Fatimides, chiites d'obédience ismaélienne, qui donnaient à leurs mosquées des noms de Lumière – « Al-Nûr », « al-Aqmar », « al-Azhar », et qui associaient le cristal de roche à la vie paradisiaque. « On fera circuler une coupe d’eau de source limpide et délicieuse à boire », dit la sourate XXXVII du Coran, à propos des récompenses du Paradis. L’exégèse chiite affirmait que la coupe où boivent les élus est faite dans un cristal rempli de l’eau fraîche du Kawthar,  l’un des quatre fleuves du Paradis. Al-Qazvinî (1203-1283), en rapportant cette curieuse légende selon laquelle les souverains musulmans aimaient à s’abreuver à des récipients en cristal de roche parce qu’ils étaient assurés de ne jamais souffrir de la soif, transmet l’écho assourdi de cette croyance[7]. Quoi qu’il en soit, la prédilection des Fatimides pour cette gemme a probablement des fondements religieux. Elle reflète cette « philosophie de la Nature » puisée chez Aristote et réinterprétée selon une perspective néoplatonicienne par les Ismaéliens qui faisaient de la matière une « cristallisation » progressive de l’âme du monde - elle-même émanée de l’Intellect universel - à travers différentes gradations et différents états. Il y aurait  ainsi dans le monde matériel, des choses, comme le cristal, proches de cette substance invisible qui a présidé à la formation des corps et des éléments. Elles en sont comme le rappel ou le symbole. Au Xe siècle, en Egypte, le physicien  Ibn al-Haytham, dans son Livre de l’Optique, classe le cristal de roche  parmi les corps transparents ayant la capacité de contenir de la lumière, avant même d’être traversés par elle. De son côté, l’encyclopédiste al-Birûnî considère que le cristal combine deux des quatre éléments : l’air et l’eau, et le définit comme de « l’eau congelée ». Au XIle siècle, à l'époque de l'Abbé Suger (1080-1151), on relève des considérations identiques chez Scot Erigène, Jean de Salisbury ou Hildegarde de Bingen (1098-1179), pour qui le cristal est un « air aqueux ». Ce néoplatonisme latent reste au coeur des préoccupations savantes du Moyen Age et se trouve revivifié en Occident latin par la pensée d’Avicenne que l’on commence à connaître à travers la traduction partielle du Kitâb al-Shifâ.

En dehors de toute spéculation, cette matière brillante et pure entrait d’elle-même dans la définition du « Trésor », tel qu’on le concevait au Moyen Age. Elle était investie d’une vertu magique : elle protégeait, elle illuminait. On connaît à cet égard la phrase de Suger : La multiple coloration des gemmes me tire de mes soucis extérieurs et une véritable méditation m’induit à réfléchir, transférant ce qui est matériel en immatériel. Et cette phrase encore, sous forme d'injonction, qui donne à l’œuvre d’art une faculté initiatrice que n’auraient pas reniée les Fatimides : La noble œuvre resplendit. Mais noblement resplendissante, qu'elle éclaire les esprits pour qu’ils aillent vers la lumière vraie !

R. G.

Bibliographie

Lamm, C.J. Mittelalterliche Gläser und Steinschnittarbeitein aus dem Nahen Osten, Berlin, 1929-1930, I, p.193-194, pl. 67-3
Erdmann K., « Fatimid Rock Crystals » in Oriental Art, 1950-51, vol. III
Rice D.S., « A datable Islamic Rock Crystal » in Oriental Art, 1956, vol. II, n° 3
Davy M. -M., Initiation à la symbolique romane, XIIe siècle, Paris, 1964
Suger, éd. Panofsky, Abbot Suger. On the Abbey Church of Saint-Denis, éd., trad. et notes de E. Panofsky, Princeton, 1979
Montesquiou-Fezensac, B., Le Trésor de Saint-Denis, Paris 1973-1977, 3 vol. I et II, n°33, III, p.44, pl. 26-27
Makariou S., « Le cristal de roche dans l'Islam », La documentation Française du musée du Louvre, Paris 1999. Actes du colloque, musée du Louvre, 1995, Cornaline et pierres précieuses
Avinoam Sh., « Islam Christianized », in Ars Faciendi, Band 7, Fankfurt  am Main, Berlin, New York, Paris, Wien, 1998


Catalogue

Les Trésors des Eglises de France, Paris 1965, cf. Introduction de Jean Taralon, p. XVI
The  Arts of Islam, the Art Council of Great Britain, 1976, cf. article de Ralph Pinder-Wilson, “Rock-crystal and Jade”, p. 119-122
Le trésor de Saint-Marc de Venise, Paris, 1984, p.220, fig. 30 b
Le trésor de Saint-Denis, exposition du musée du Louvre, juin 1991, Paris
La France Romane, Paris, 2005, n° 114, p. 167

NOTE


[1] Cette célèbre coupe du VIe ou VIIe siècle, dite « Tasse de Salomon » constituée de pastilles de verre coloré,  comporte en son centre un cristal gravé représentant  Kawâdh Ier en majesté. Elle aurait été offerte à l’Abbaye de Saint-Denis par le carolingien Charles le Chauve.  Le « Vase d’Aliénor » datant de la même époque est taillé dans un seul bloc de cristal. Guillaume d’Aquitaine, père d’Aliénor, l’aurait reçu d’un roi musulman de Saragosse.

[2] Venise, Trésor de Saint-Marc, inv. 80. L’inscription est gravée en coufique : barakat min Allâh lil imam al azîz billâh : « la bénédiction d’Allah sur l’Imam al ‘Aziz-billah ».

[3] Florence, Palais Pitti, Museo degli Argenti, inv. n. 1917. L’inscription en coufique est légèrement fautive : li qâ îd al-kuwâd (pour al quwâd) : « le commandant des commandants ».

[4] Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum (KG 685). Autrefois déposé à la Burgkapelle de Vienne. Il est faite de deux pièces courbes reliées ensemble et porte l’inscription suivante en coufique : « Li-llâh al-Dîn ‘Ali al-Zâhir li-‘izâz dîn Allah atâla Allâh baqâ’ihi   : « La religion (appartient) à  Allah, Alî al-Zâhir  li-izaz dîn Allah, que Dieu prolonge sa vie ».

[5] Dans cette catégorie on pourrait ranger les deux bouteilles montées en candélabres du Trésor de Saint-Marc, inv. 24. Cf. Eredità dell’Islam, 1993, p. 142, n° 51-52.

[6] Paris, musée du Louvre, Département des objets d’art, inv. MR 333. Autrefois déposée dans le Trésor de l’Abbaye de Saint-Denis où elle est mentionnée en 1505. Versée au Museum, futur musée du Louvre, en 1793. L’aiguière de Saint-Denis pourrait être la lagena praeclara (« le vase brillant », en latin), dont parle l’Abbé Suger dans son "De administratione". Si c’est bien l’aiguière fatimide que Suger mentionne dans ce passage, il l'aurait reçue de Thibault, comte de Blois-Champagne qui, lui-même, la tenait de Roger II, le roi normand de Sicile (r. 1095–1154) dont on connaît la curiosité pour l’Orient.

[7] Cf. Avinoam Shalem : « Islam Christianized » in Ars Faciendi, Frankfurt am Main, 1998, p. 57.


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