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Kursî (meuble à Coran)
éLéMENTS ASSOCIéS

Kursî

Meuble à Coran

  • Titre / dénomination : Kursî
  • Auteur : Muhammad ibn Sunkur al-Baghdadî al-Sankarî
  • Lieu de production : Probablement Le Caire
  • Lieu de découverte : Le Caire, Maristân du complexe de Qalâ’ûn
  • Date / période : 1328
  • Matériaux et techniques : Alliage cuivreux ; décor en ajours et incrustations d’argent et d’or
  • Dimensions : H. 81 cm ; L. 40 cm
  • Ville de conservation : Le Caire
  • Lieu de conservation : Musée d'art islamique
  • Numéro d'inventaire : 139

Ce kursî a été commandé par le sultan mamluk Muhammad ibn Qalâ'ûn. De forme hexagonale, il repose sur six pieds cylindriques et comporte une petite porte à deux battants s’ouvrant sur une étagère. Cette forme est assez courante. Le musée du Caire conserve un autre meuble en alliage cuivreux, similaire par sa forme[1], et un troisième, cette fois en bois marqueté de bois de couleurs et d’ivoire[2]. Au musée du Louvre, un plateau hexagonal provient sans doute d’un meuble du même genre[3]. Chez les Ottomans, du XVIe au début du XXe siècle, plusieurs kursî furent réalisés sur le modèle de celui d’Ibn Qalâ’ûn, certains, du XVIe siècle, directement copiés, les autres, seulement adaptés. D’autres meubles à Coran de formes diverses ont été produits en grand nombre sous les Mamluks.

Le décor ajouré et incrusté d’argent mêlent motifs végétaux, calligraphies en thuluth et en kufique tressé et blasons circulaires épigraphiés. Celui-ci s’organise en quatre registres superposés sur les faces, et de manière radiale sur le plateau. Les épigraphies, aux hampes rayonnant vers le centre, évoquent l’idée de soleil, symbolique habituelle pour un personnage princier[4].  Parmi les motifs, certains sont déjà connus en Égypte depuis longtemps, comme les spirales végétales, qui évoquent des œuvres fatimides comme des ivoires[5]. D’autres comme les vols de canards, se rencontrent couramment sur les métaux iraniens et égyptiens du XIVe siècle. Certains sont aussi nouveaux en Égypte, comme les fleurs de lotus, représentées au cœur du plateau hexagonal, qui témoignent des importants échanges qu’entretiennent l’Égypte et le monde iranien, en particulier depuis la Pax mongolica de 1326.

Les blasons circulaires et divisés en trois bandes horizontales sont caractéristiques du monde mamluk ; le fait qu’ils soient épigraphiés trahissent le statut de leur propriétaire, puisque les blasons épigraphiés, au moins durant la période Bahrite, étaient réservés aux sultans.

NOTE

[1] Kursî hexagonal, alliage cuivreux ciselé et incrusté d’argent, XIVe siècle, Le Caire, musée d’art islamique, 138.

[2] Kursî en bois marqueté au nom de Shaban II, 1369, Le Caire, musée d’art islamique, 449.

[3] OA 5701

[4] Il arrive que dans la représentation des planètes, tant sur les métaux iraniens que mamluks, le soleil soit remplacés par la figure du prince en trône.

[5] Plaques de revêtement à décor figuratif en ivoire, musée de Berlin, I. 6375.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Wiet, G., Catalogue général du musée arabe du Caire, Objets en cuivre, Le Caire, Institut Français d’Archéologie Orientale, 1932, n° 139, p. 14 – 28, pl. I - II.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Atil, E., Renaissance of Islam: Art of the Mamluks, cat. exp. Washington D.C., Smithonian Institution, Washington D.C., Smithonian Institution Press, 1981.



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