Qantara Qantara

Madrasa yûsufiyya

  • Nom : Madrasa yûsufiyya
  • Lieu : Grenade, Espagne
  • Date/période de construction : XIVe siècle
  • Matériaux de construction : marbre, brique, plâtre
  • Inscriptions :

    dans la salle du mihrâb et sur une plaque de fondation placée à l’origine sur la façade principale, aujourd’hui déposée au Musée archéologique de Grenade (inv. E 2.105-2, 2.106 – 2.110 – 2.111 / E.2.107, E2.108 et 2.109)

La madrasa, collège ou centre d’enseignement supérieur est une institution qui fut officiellement instituée par Nizâm al-Mulk, vizir du sultan seljuqide sunnite Malik Shâh pour lutter contre la propagande fatimide dispensée dans les madrasa du Caire (la mosquée al-Azhar fut instituée madrasa dès 988). Dans la plupart des grandes villes d’Iran et du Proche-orient (Nishapur, Baghdad) furent édifiées des madrasa de Nizâm (nizâmiyya). Bien avant cela, il existait des écoles privées payées par des propriétaires particuliers. Le patronage officiel donna à ces centres l’impulsion et le rayonnement nécessaire, elles exercèrent un contrôle politique parfois dissimulé sous les différentes activités d’enseignement.

Cet édifice est l’une des principales constructions nasrides du XIVe siècle. Cette « maison de la science » a été fondée par le sultan nasride Yûsuf I (1333-1354). Ibn al-Khatîb, le grand vizir de Grenade, en parle déjà l’année de sa construction : « (Yûsuf I) construisit cette admirable madrasa, à la tête de toutes les madrasa de sa capitale et on y établit des biens de mainmorte ». Il s’agit de l’unique madrasa hispano-musulmane conservée en Espagne.

Connue sous le nom de madrasa yûsufiyya, cette ancienne université arabe a été la seconde créée en al-Andalus et l’unique institution d’enseignement étatique qui ait réellement fonctionné. Une autre madrasa avait été fondée quelques années auparavant à Málaga, mais il s’agissait d’une institution privée de moindre envergure localisée près de la mosquée principale et du marché.

La construction de la madrasa de Grenade, réalisation tardive, semble avoir répondu à des impératifs politiques marqués par le désir du souverain nasride de faire montre de son pouvoir dans l’Occident islamique, face aux autres établissements existant au Maghreb. On sait que le fameux prédicateur Ibn Marzûq enseignait déjà dans cette madrasa en 1354, ainsi que plusieurs savants et juristes prestigieux, andalous et magrébins.

L’édifice d’origine n’a pas été totalement conservé, on peut encore admirer de nos jours, sur le pan de mur opposé à l’entrée de l’édifice, un bel oratoire dont le mihrâb s’inspire de celui de la mosquée de Cordoue. Il est orné de stucs à motifs épigraphiés, géométriques et végétaux caractéristiques du répertoire décoratif nasride. Le linteau intégré à l’origine dans le portail monumental de l’édifice, ainsi que deux stèles, ont été conservés, exposés au Museo Arqueológico y Etnológico de Grenade. Le linteau, à décor épigraphié, commémore la fondation de l’édifice.

Du point de vue des caractéristiques architectoniques et de la typologie, il faut souligner ici l’influence des madrasa d’Afrique du Nord. Celles de Marrakech, de Salé et de Meknès, les madrasa al-‘Attarîn et al-Bû ‘Inâniyya de Fès ainsi que la madrasa Abû Madyan de Tlemcen sont contemporaines de l’édifice de Grenade.

Après la conquête chrétienne, à partir du XVIe siècle, cette madrasa est devenue le siège de la mairie de Grenade. Au cours du XVIIIe siècle, une grande partie de l’édifice originel a été détruite ; on y a construit un nouvel édifice, selon les plans de José de Bada, entre 1722 et 1729. La salle de la corporation municipale (Sala de cabildos), aménagée au XVIe siècle est un des éléments les plus remarquables de cette ancienne mairie construite sur deux étages auxquels on accède par un escalier baroque à fausse coupole. Cette salle possède un plafond à caissons en bois dont les tirants et les armatures sont ornés de peintures de style plateresque.

L’ensemble a été récemment restauré et dépend actuellement de l’Université de Grenade.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Cabanelas Rodríguez, D., « La Antigua madraza granadina y su ulterior destino en época cristiana », in Boletín de la Real Academia de Bellas Artes de Granada, Granada, 1999.

Jérez Mir, C., Guía de Arquitectura de Granada, Grenade : Consejería de Cultura, 2003.

López Guzmán, R. et Díez Jorge, E (éds). La Madraza: Pasado, Presente y Futuro, Grenade : Universidad de Granada, 2007.

Terrasse, H., Medersas du Maroc, Paris, 1927.

Vílchez Vílchez C. « Dintel de la Madrasa Yusufiya » y « Lápidas fundacionales », in Ibn Jaldún. El Mediterráneo en el Siglo XIV (cat. des oeuvres), Séville : Fundación El Legado Andalusí, 2006.



Expression #1 of ORDER BY clause is not in SELECT list, references column 'qantara.fr_index.in_poids' which is not in SELECT list; this is incompatible with DISTINCT