Notice: session_start(): A session had already been started - ignoring in /srv/data/web/vhosts/www.qantara-med.org/htdocs/Connections/fonctions.php on line 321
Qantara - Les Capétiens directs (987-1328)
Notice: Undefined variable: dans_edito in /srv/data/web/vhosts/www.qantara-med.org/htdocs/public/include/doc_header.php on line 92

Notice: session_start(): A session had already been started - ignoring in /srv/data/web/vhosts/www.qantara-med.org/htdocs/Connections/fonctions.php on line 340

Notice: Undefined index: motscles in /srv/data/web/vhosts/www.qantara-med.org/htdocs/public/include/doc_menu.php on line 60

Notice: session_start(): A session had already been started - ignoring in /srv/data/web/vhosts/www.qantara-med.org/htdocs/Connections/fonctions.php on line 361
Qantara Qantara

Notice: Trying to access array offset on value of type null in /srv/data/web/vhosts/www.qantara-med.org/htdocs/Connections/fonctions.php on line 684

Les Capétiens directs (987-1328)

Consulter la carte historique

Aux origines de la troisième dynastie franque, Hugues Capet, duc des Francs, est préféré au prétendant carolingien, Charles, duc de Basse Lorraine : il est élu roi des Francs en 987. La lignée des Capétiens directs donnera quatorze rois à la France. Concédée à l’origine de façon élective, la dignité royale devient héréditaire chez les Capétiens en 1179. En 1190, le terme « roi des Francs » est remplacé par « roi de France ».

Les temps troubles qui suivent l’éclatement de l’Empire Carolingien voient la mise en place de nouvelles dynasties : les Capétiens, les ducs Normands, les comtes de Poitou et les Saliens de l’Empire germanique, qui redéfinissent l’Europe occidentale en pouvoirs régionaux féodaux.

Dans ce contexte d’une Europe à nouveau morcelée, quelle est la place des Capétiens ? Quels échanges avec les pouvoirs voisins ? Quelle est la nature des contacts initiés avec la Méditerranée aux siècles précédents ?

La lente affirmation des Capétiens au XIe siècle et le temps des grandes expériences romanes

Au milieu du XIe siècle, la France est le théâtre d’un essor général.

Dans le domaine de l’architecture religieuse, le rayonnement de l’abbaye de Cluny est à son apogée ; les monastères tiennent un rôle majeur dans l’économie et deviennent de véritables centres artistiques. Les églises perfectionnent les innovations romanes et de nombreuses églises de pèlerinage sont édifiées pour le culte des reliques (Église Sainte-Foy de Conques). Le renouveau de la sculpture romane s’effectue autour de l’apparition des chapiteaux historiés et des portails qui reçoivent des cycles iconographiques. Les manuscrits enluminés sont produits en masse et attestent de l’influence des régions entre elles. Les Gascons reprennent par exemple les aplats colorés mozarabes de l’Espagne.

Au-delà des généralités, chaque région développe des variantes selon sa liturgie et son histoire. Les zones de perméabilités entre les peuples sont désormais plus nombreuses et l’on n’hésite pas à côtoyer les non-chrétiens et leur pensée. La redécouverte de l’art antique s’effectue surtout grâce au contact de l’Espagne musulmane, où l’héritage de Platon, Cicéron, Aristote et Pline ont été le mieux conservés. Les écoles intègrent à l’enseignement traditionnel les arts scientifiques profanes (la géométrie, l’astronomie et l’arithmétique) qui connaissent un essor dans le monde musulman.

Le milieu du XIe siècle est décisif en Méditerranée, c’est le moment où l’économie occidentale redevient active. Entre 950 et 1050, la Méditerranée reprend une place éminente dans la chrétienté occidentale. Disparue depuis trois siècles, une marine chrétienne refait son apparition entraînant une activité commerciale renouvelée.

Sous Philippe Ier (r. 1060 - 1108), la première Croisade est proclamée au Concile de Clermont par le Pape Urbain II en 1095 ; elle aboutit en 1099 à la prise Jérusalem et à la fondation du royaume latin. L’Europe médiévale entre alors en contact direct avec les mondes byzantin et musulman. Si les premières influences des ateliers français sont européennes, les marques « orientales » réapparaissent ponctuellement.

Le renouveau du XIIe siècle

D’abord limitée au seul duché de France (Paris et Orléans), la juridiction capétienne s’étend progressivement à d’autres régions grâce à une politique d’annexion sous Philippe Auguste (r. 1180 - 1223).

L’époque est marquée par un renouveau urbain : les villes se dotent de remparts (Enceinte de Philippe Auguste à Paris). L’épanouissement de la féodalité peuple les campagnes de châteaux forts (Château de Loches, Château du Louvre).

 Le domaine des arts précieux est à associer à la liturgie. Outre les émaux de Limoges, une production plus ponctuelle, mais d’une grande richesse, nous vient des trésors d’églises. L’abbé Suger, abbé de Saint-Denis entre 1122 et 1151, conseiller de Louis IV le Gros (r. 1108-1137) puis régent de Louis VII (r. 1137-1152), glorifie l’Église par la constitution d’un trésor pouvant servir de réserve monétaire. Ce trésor est l’un des plus importants de la chrétienté : on se souvient du majestueux Aigle dit de Suger, daté de 1147, exécuté par des orfèvres mosans et locaux et réutilisant un vase de porphyre antique, ou encore de l’aiguière en cristal de roche provenant d’Égypte fatimide, montée en orfèvrerie au XIe siècle en Italie[1]. L’abbaye de Saint-Denis est l’église protectrice des rois de France et achève sa reconstruction en 1144, mettant en place les prémices du vocabulaire gothique en architecture et en sculpture qui accompagnent le renouveau théologique et intellectuel. Elle sera un modèle qui se diffusera durant tout le XIIIe siècle.

Les artistes tout comme les pèlerins, les troubadours et les marchands voyagent. La seconde moitié du XIIe et le début du XIIIe siècle sont capitales dans l’ouverture au monde méditerranéen. Un axe commercial s’établit rattachant les centres industriels de la France du Nord, de la Flandre et de l’Angleterre aux grands ports italiens et à leurs lointains débouchés orientaux. Les foires de Flandre et de Champagne sont le moteur de cette économie. C’est là que se font les échanges des draperies du Nord qui inondent ensuite la Méditerranée. Le commerce international est surtout favorisé par les conquêtes chrétiennes en Méditerranée : Espagne, Sicile et Terre Sainte. Ce fut à l’école des orientaux que se formèrent les marchands chrétiens ; l’Orient initie l’Occident aux méthodes et aux instruments de la navigation et de l’astronomie, avec l’astrolabe, le compas, les cartes marines et sans doute la boussole en plus du vocabulaire maritime et commercial.

La deuxième Croisade (1146) est une nouvelle occasion d’ouverture sur le Levant. Le Saint Sépulcre de Jérusalem dont la maîtrise d’œuvre fut sans doute française est inauguré en 1149 et aura une influence sur l’architecture religieuse européenne.

En France, les hommes se mettent à porter la robe longue vue par les Croisés en Orient ; on importe les textiles et les plantes orientales, et on reproduit en France l’invention arabe des moulins à vent probablement vus en Andalousie. Les acquisitions du XIIe siècle sont très importantes grâce aux contacts avec le monde gréco-arabe alors si en avance sur les plans technique et scientifique.

Cependant, les troubadours et les chansons de gestes font circuler une image hostile de l’islam et les premières traductions latines du Coran à Cluny par Pierre le Vénérable sont utilisées afin de discréditer cette religion.

Le siècle de Saint Louis et les derniers Capétiens

La France de Saint Louis (r. 1226 - 1270) se peuple de cathédrales gothiques grandioses (Reims, Chartres). La sculpture et le vitrail deviennent des arts de première importance. Les créations des ateliers parisiens sont les plus somptueuses. L’évocation de la Sainte Chapelle (achevée en 1248), construite pour abriter les reliques de la Passion du Christ, suffit à illustrer une architecture gothique majestueuse, une sculpture qui témoigne d’un retour à l’esthétique antique et un art du vitrail aboutit, qui serviront de modèle à toute la France.

Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, la Méditerranée redevient ce qu’elle avait été aux meilleurs jours de l’Empire romain, le centre des échanges, de la civilisation, le moteur de l’économie, mais cette fois dans un monde considérablement élargi, plus riche et infiniment plus peuplé.

Sous Philippe IV le Bel (r. 1285 - 1314), le territoire s’étend encore et les arts reflètent une évolution sociale majeure : l’apparition d’un mécénat aristocratique. La production d’ivoires profanes parisiens et de manuscrits enluminés s’amplifie vers 1300. Le Livre d’heures de Jeanne d’Evreux réalisé par Jean Pucelle en 1328 apporte les recherches italiennes à Paris et résume le raffinement de ces œuvres réalisées par et pour des laïcs.

La lignée des Capétiens directs s’éteint avec Charles IV le Bel (r. 1323 - 1328), dernier des trois fils de Philippe IV.

E. D. -P.

Bibliographie

Bautier, R.-H., Commerce méditerranéen et banquiers italiens au Moyen Age, Brookfield, 1992, Gower.

Collectif, Moyen Age : Chrétienté et Islam, Paris, 2005, Flammarion.

Guillot, O., Hugues Capet et les premiers Capétiens, Paris, 2002, Tallendier.

Jordan, W. C., Europe in the High Middle Ages, Londres, 2001, The Penguin History of Europe.

NOTE


[1] Les deux objets sont aujourd’hui conservés à Paris, au musée du Louvre, MR422 et MR333.



Notice: Undefined variable: dans_accueil in /srv/data/web/vhosts/www.qantara-med.org/htdocs/public/include/doc_footer.php on line 72