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Lé de rideau à médaillons floraux

  • Titre / dénomination : Lé de rideau à médaillons floraux
  • Lieu de découverte : Alger, Algérie
  • Date / période : XVIIIe siècle
  • Matériaux et techniques : Broderies en soies polychromes sur étamine de lin
  • Ville de conservation : Paris
  • Lieu de conservation : Musée de l'Insitutu du Monde Arabe
  • Numéro d'inventaire : AI 02-07

Ce lé de rideau est constitué d'une étamine de lin sur laquelle ont été brodés des médaillons fleuris en forme d'amande. L'arrivée des Musulmans et des Juifs d'Espagne sur le sol maghrébin à la fin du Moyen Age a stimulé en Algérie l'industrie de la soie. Quant à l'art de la broderie, il paraît étroitement associé à la domination ottomane qui s'est exercée sur l'Algérie de 1518 à 1830. Il s'agit d'une production de luxe, utilisant des matières coûteuses et qui tient à se distinguer des traditions locales arabo-berbères par l'emploi d'un décor floral « noble » et « international ». Le rouge et le bleu qui dominent la palette renvoient aux broderies à l'aiguille (suzani) de l'Asie centrale et de la Turquie ottomane.

Ce lé de rideau est constitué d’une étamine de lin sur laquelle ont été brodés au point couché des médaillons fleuris en forme d’amande. Ce décor opulent, exécuté dans la ville d’Alger,  porte l’empreinte de la Turquie ottomane.

L’arrivée des Musulmans et des Juifs d’Espagne (les Morisques : « les petits Maures »), sur le sol maghrébin à la fin du Moyen Age, a stimulé en Algérie l’industrie de la soie. Léon l’Africain qui visite la région de Cherchell au début du XVIe siècle, signale que les anciens habitant de Grenade sont « adonnés au métier de la soye ». Dans sa relation sur les « Rois d’Alger », le moine espagnol, Fray Diego de Haedo, fait la même observation au début du siècle suivant. Quant à l’art de la broderie, il paraît étroitement associé à la domination ottomane qui s’est exercée sur l’Algérie pendant plus de trois cents ans, de 1518 à 1830.

Radicalement différentes des tissages arabo-berbères, ces broderies à caractère floral semblent avoir été élaborées par les femmes des grands harems de la ville. Elles-mêmes venaient de pays fort divers, Grèce, Balkans, Circassie, Perse, Italie ; ces origines différentes se devinent dans les thèmes abordés. Par la suite, et en raison même de leur succès, les broderies ont été exécutées en ateliers privés et commercialisées. Venture de Paradis, qui réside à Alger en 1789, note que « le goût des Algériens est pour la broderie, les hommes et les femmes en ont sur leurs habits pour des sommes importantes ». Il s’agit avant tout d’une production de luxe, utilisant des matières coûteuses et qui tient à se distinguer des traditions locales par l’emploi d’un vocabulaire « noble » et « international ».

Deux grands groupes se distinguent. L’un est caractérisé par une palette assez douce, juxtaposant l’or et l’argent auxquels vient se mêler des grands rinceaux violets formant des fleurons et des accolades ; le second groupe, très bien représenté par la broderie de l’Institut du monde arabe, privilégie des corolles flammées qui semblent s’inspirer des grandes fleurs persanes de type « Shah Abbas », ou des opulents motifs conçus par les Espagnols et les Italiens de la Renaissance pour décorer les velours. Néanmoins, le rouge et le bleu qui dominent la palette, renvoient directement aux broderies à l’aiguille (suzani) de l’Asie centrale et de la Turquie ottomane.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

L'Islam dans le collections nationales, 1977, p. 230, n°527.

Wace, A. J. B., Mediterranean and Near Eastern Embroideries, 1935, pl. III.



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