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Ibn Sîna, Qânûn fî-l-tibb (Canon de la médecine)

manuscrit en langue arabe et écriture hébraïque

  • Titre / dénomination : Ibn Sîna, Qânûn fî-l-tibb (Canon de la médecine)
  • Date / période :  

    822 H/1400

  • Matériaux et techniques : Encre sur papier de fabrication italienne
  • Dimensions : 28x21 cm
  • Ville de conservation : Saint Pétersbourg
  • Lieu de conservation : Bibliothèque national de Russie
  • Numéro d'inventaire : Hebr.-ar. 1311, fol 1-24

Des nombreuses œuvres que nous à léguées Abû ‘Alî al-Husayn Ibn ‘Abdallâh ibn Sînâ (Avicenne), la plus connue et la plus appréciée est son Canon de la médecine. Vaste ouvrage composé de cinq parties, le Canon a été utilisé sa forme intégrale ainsi que dans ses formes abrégées ; il a été commenté et traduit dans plusieurs langues. L’Italie occupe une place particulière dans la diffusion du savoir médical d’Avicenne : en 1493 fut publié à Venise une traduction latine de son traité, puis à Rome, en 1593, l’imprimerie des Médicis en publia l’original arabe.

De toute évidence, c’est également à l’Italie qu’il faut relier le présent manuscrit du Canon de 174 pages en écriture hébraïque. Le codex contient le premier volume – qui traite des principes généraux de la médecine – et le cinquième – consacré à la pharmacopée – de l’œuvre d’Ibn Sînâ, ainsi qu’une sélection de conseils aux médecins et d’aphorismes d’Hippocrate sur la prophylaxie.

Le papier du manuscrit est italien et porte les filigranes des trois montagnes, de la balance, de la licorne et du chapeau, répertoriés dans l’ouvrage primordial de Nikolaï Likhatchev, publié à la fin du XIXe siècle. Dans les marges et entre les lignes apparaissent des notes et des ajouts en plusieurs langues : en latin, en italien, mais surtout en hébreu. Ce dernier élément nous renseigne sur le milieu ethnique dans lequel a circulé le manuscrit. Il s’agissait très probablement de la communauté juive rabbinique ou caraïte du bassin méditerranéen, pour qui l’arabe était, sinon une langue maternelle, du moins une langue parfaitement maîtrisée. En outre, cette communauté connaissait la littérature arabe ainsi que la langue des sciences européennes. L’abondance des notes atteste que ce livre fut abondamment utilisé par des professionnels de la médecine en tant que manuel de référence destiné aux praticiens. Le manuscrit possède des gardes, et dans les marges ou entre les colonnes du texte, on peut y observer des pictogrammes d’une main (parfois avec l’index pointé). L’écriture judéo-italienne est proche du rachi.

L’écriture, le format, la disposition du texte sur la page en deux colonnes avec une large marge inférieure, tous ces éléments nous permettent de supposer que le manuscrit fut élaboré en Italie, en Sicile, voir en Egypte. Son dernier propriétaire – Abraham Firkovitch – l’a peut-ête acquis à Istanbul, en Palestine, au Caire ou même en Crimée. Sujet de l’Empire russe, caraïte de nationalité et de religion, Abraham Firkovitch (1787-1874) a consacré sa vie à collectionner les plus grands écrits juifs. Sa collection aujourd’hui conservée à la Bibliothèque nationale de Russie, rassemble plus de seize mille ouvrages, dont la plus grosse partie et constitutée de livres et de fragments manuscrits en langue arabe et écriture hébraïque datant du Xe au XVe siècle (environ huit mille cinq cents). Le Canon d’Ibn Sînâ, témoigne entre autre des échanges culturels qui unirent les peuples de la Méditerranéen.

 

O.V

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Likhatchev, 1899. chap.1, p.50 ; chap. 2, p. 58 ; chap.3, tabl 100, n° 583-591 ; Starkova, 1957, p. 39-58

Les sciences arabes, catalogue de l'expostion, Paris, IMA/Actes Sud, 2005, p.158



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