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Minbar de la madrasa Bû ‘Inânîya

  • Titre / dénomination : Minbar de la madrasa Bû ‘Inânîya
  • Lieu de production : Maroc, Fès
  • Date / période : 1350
  • Matériaux et techniques : Cèdre, citronnier, ivoire, os ; marqueterie, incrustation d’ivoire, nacre et bois précieux, bois sculpté et assemblé
  • Dimensions : H. 300 cm ; l. base : 300 cm ; petite L. 91 cm ; H. arc : 245 cm
  • Ville de conservation : Fès
  • Lieu de conservation : musée des Atys et Traditions Dâr Batha
  • Inscription :

    seule une partie de l’inscription arabe, en graphie cursive,

    subsiste :  أمير المسلمين أبي سعيد

    « Amir al-muslimin Abî sa’id »

  • Traduction :

    Traduction : «  Le Prince des musulmans Abî Sa’id »

Ce meuble, véritable chef d’oeuvre d’ébénisterie, porte le  nom du fondateur de la madrasa Bû’inaniya de Fès, le sultan Abû ‘Inân (r. 1348-1359). Il s’agit d’une chaire à prêcher d’où l’imam prononçait la khutba de la prière du vendredi.

Le minbar se caractérise par une structure de chaise haute taillée en cèdre et compte sept marches dont la plus basse est coiffée d’un arc  brisé outrepassé. Celui ci est surhaussé d’un bandeau épigraphique mentionnant le nom du souverain fondateur de la madrasa. Les encadrements latéraux sont recouverts de médaillons finement ciselés et marquetés d’ivoire, d’os et de bois de citronnier.

Le minbar de la madrasa au même titre que la grande porte de sa salle de cour,  témoigne des sommets qu’atteint le travail sur bois à l’époque marinide, à la fois en matière de sculpture  et de marqueterie.  Répandue au Maroc depuis la période almoravide (minbar de la Kutubiyya et de la Qarawiyyîn), le décor de base de ces meubles est l’entrelacs étoilé dont le ruban, fait de marqueterie d’ivoire et de bois précieux, enserre des petits panneaux très finement sculptés. Cette technique savante, dite tbi’ consiste à appliquer sur les parois d’un panneau de bois une gamme de fines baguettes en bois délicatement moulurées, qui s’infléchissent au gré de l’artisan pour former des entrelacs géométriques divers. Dans l’ensemble, cet entrelacs obéit au mouvement rythmique des rubans ciselés qui passent alternativement au dessus (qata’) et en dessous de celui qu’ils croisent (maqtu’ ). Ce procédé semble puiser ses origines dans les boiseries incrustées d’ivoire et de nacre de l’Orient musulman en particulier d’Égypte et de Syrie. La technique d’assemblage consiste à rapporter savamment à tenons et mortaises (Hafra u lsan) les baguettes moulurées.

Le répertoire ornemental du minbar, composé d’entrelacs géométrique et d’enchevêtrement floral à base de palmes doubles et simples digitées, est fortement imprégné du recueil décoratif andalou. La calligraphie cursive, qui remplace ici l’écriture kufique, est de très bonne facture. La composition géométrique juxtapose une série de motifs dérivés de l’entrelacs polygonal issu du carré étoilé. Si certaines formes de ce thème existaient déjà à l’époque almoravide comme l’étoile à huit pointes et le dodécagone, des formes nouvelles apparaissent, comme les étoiles irrégulières à six pointes, nées de la nécessité de compléter la trame. Des thèmes semblables, dont les origines sont à rechercher à Cordoue, figurent au XIe siècle dans le minbar de la mosquée Kutubiyya et dans le minbar almohade de la Qasaba de Marrakech. On retrouve  par la suite leur descendance dans le minbar de la mosquée de Taza (XIIIe siècle) et dans plusieurs boiseries marinides de Fès (madrasaAttarîn, funduq Chamma’in).

Le décor marinide est donc marqué par le retour aux modèles  almoravides et donc aux traditions andalouses : le minbar de la mosquée Kutubiyya, étant le prototype, fut exécuté à Cordoue. Celle-ci une fois reconquise, les traditions ornementales de même que les dispositions architecturales andalouses furent transférés à Fès, qui a su perpétuer un art plusieurs fois centenaire.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Cambazard-Amahan, C., Le décor sur bois dans l'architecture de Fès : époques almoravide, almohade et début mérinide, Paris : éditions du C.N.R.S., 1989.

Paccard, A., Le Maroc et l’artisanat traditionnel  islamique dans l’architecture, v. 2, Saint-Jorioz : atelier 74, 1979.

Maroc, les trésors du royaume, (cat. exp. Paris, musée du Petit Palais, 1999), Paris : Éditions Plume, 1999, p. 108.

Le Maroc : 5000 ans de culture, (cat. exp., Amsterdam, Nieuwe Kerk, 2004), p. 135.



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