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Ribât de Monastir

  • Nom : Ribât de Monastir
  • Lieu : Monastir,Tunisie
  • Date/période de construction : 180 H./ 796 J.C. ; 355 H / 966 J.C. : agrandissements côté sud et ouest par Abû al-Qâsim ibn Tammân ; 827 H./1424 J.C, époque d’Abû Fâris : renforcement des défenses du bâtiment ; 1823-1835
  • Matériaux de construction : Pierre de taille en grès coquillier - Moellons - Marbre de couleur blanchâtre
  • Décor architectural : Motifs géométriques, floraux et épigraphiques.
  • Destinataire/mandataire : Harthimâ ibn A’yûn, général abbasside gouverneur d’Ifrîqiya
  • Restauration :

    Sous Husayn Bey et ajout de tours.

Agrandi et transformé à plusieurs reprises, ce complexe relié aux remparts de la ville se trouve en bordure de mer, près de deux autres ribât[1]. Le ribât primitif présente un plan régulier avec des façades flanquées aux angles de tours cylindriques, dont celle au sud-est est une tour vigie. La cour est entourée de galeries sur lesquelles s’ouvrent plusieurs pièces. De cet ancien monument, il ne subsiste que l’aile sud qui renferme le porche d’entrée, la tour sud-ouest abritant en son noyau un escalier, la tour vigie avec ses façades divisées en panneaux par des moulures et se terminant par un garde-fou crénelé et, enfin, la salle de prière à l’étage. Ce sanctuaire est divisé en sept nefs perpendiculaires au mur de qibla, rythmées par deux travées. Cette division est assurée par des piliers rectangulaires surmontés d’arcs en plein cintre soulageant une couverture en berceau. Au centre du mur de qibla, le mihrâb s’ouvre par un arc en plein cintre reposant sur deux colonnettes d’angle par l’intermédiaire de corbeaux byzantins.

Au Xe siècle, le ribât a subi un agrandissement du côté sud et du côté ouest. Un pavillon, séparé de la façade primitive par une courette, fut construit au Sud. Sa date de construction (355 H./966 J.C.) figure sur une inscription lapidaire exposée au Musée du Louvre[2]. Il est marqué, en son milieu, par un porche d’entrée s’ouvrant sur l’extérieur par un arc en plein cintre et donnant accès à un vestibule desservant des pièces. Quant à l’étage, il renferme une salle de prière organisée en sept nefs perpendiculaires au mur de qibla, voûtées en berceau, et deux travées déterminant des arcs dans les deux sens (arcs en plein cintre et en anse de panier) retombant sur des piliers cruciformes. Au cours du XIe siècle, ce pavillon fut transformé en ribât pour les femmes.

A l’ouest, un porche d’entrée fut ajouté, ainsi que des tours carrées. La façade de ce porche est animée par une baie  marquée par un arc surmonté de cinq niches à fond plat aux arcs en plein cintre outrepassés surmontés d’une moulure en cavet et d’une frise de motifs floraux.

Les travaux furent menés à l'époque hafside[3], comme l'atteste une plaque commémorative en écriture naskrî, afin de renforcer les défenses du monument face aux menaces des états chrétiens.

D’autres tours, notamment les bastions, furent ajoutées lors des travaux de restauration effectués par Husayn Bey (1823-1835). Le plan originel du ribât a influencé l'architecture des autres ribât aghlabides, tel celui de Sousse. La silhouette de la tour vigie fut adoptée par certains ribât (burj Khadija) et minarets ifrîqiyens[4]. Le ribât de Monastir se distingue par son entrée coudée (un des plus anciens exemples qui nous soit parvenu) qui sera reprise dans les systèmes de défense en Occident musulman aux époques almohade, hafside et ottomane. Le principe de la nef axiale élargie est né à l’époque omeyyade[5] et sera suivi presque exclusivement par toutes les salles de prières ifrîqiyennes et maghrébines.

Le répertoire décoratif utilisé au ribât se limite à des niches à fond plat à arcs en plein cintre outrepassés reposant sur des piédroits, présentant une grande parenté avec celles ornant les façades d’autres bâtiments ifrîqiyens[6]. On peut observer également une des plus anciennes utilisations de merlons en dents de scie en Ifrîqiya. Cet élément d'architecture militaire sassanide, qui existait déjà dans en Assyrie, sera en vogue en Mésopotamie et en Égypte à l'époque abbasside. En Ifrîqiya, il n'aura pas de survivance dans l'architecture militaire, mais sera utilisé parfois comme élément décoratif, comme l’illustrent certains panneaux en cèdre du minbar de la Grande Mosquée de Kairouan.

NOTE

[1] Il s’agit du ribât Sidi Dhouib ( IXe s.) et du ribât as-Sayida (XIe s.).

[2] Plaque de fondation, Ifrîqiya, 965, marbre sculpté, Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam,  inv. MAO 742. http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=20141

[3] Réalisés sous le règne du prince Abû Farîs, en 827 H./1424 J.C.

[4] Voir celle d'al-Abbasiyya (185 H./801 J.C.)

[5] Mosquée Al-Aqsâ, Jérusalem (685-715) ; Grande Mosquée, Damas, Syrie (706-715).

[6] Façade de la Grande Mosquée de Mahdiyya (916), de l’oratoire de Sidi Ali Ammar et de la qubba ibn al-Qhaoui à Sousse ; façade ziride de la Grande Mosquée de Sfax (850).

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Lézine A., Le Ribat de Sousse, suivi de notes sur le Ribat de Monastir, Tunis : Direction des Antiquités et Arts de Tunisie, 1956, p.35-48.

Chabbouh B., "A propos de la tour vigie du Ribat de Monastir et ses origines architecturales", in Revue Africa , t. III-IV, 1969-1970, p. 5-16.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Golvin L., Essai sur l’architecture religieuse musulmane, t. III, Paris, 1974, p. 208.



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