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Dinar fatimide

  • Titre / dénomination : Dinar fatimide
  • Lieu de production : Tunisie, Mahdiyya
  • Date / période : 337 H. / 948 J.C.
  • Matériaux et techniques : Or moulé, décor frappé
  • Dimensions : D. 22 mm
  • Ville de conservation : Kairouan
  • Lieu de conservation : Musée des arts islamiques de Raqqada
  • Numéro d'inventaire : 124
  • Inscription :

    Avers : au centre : « Ismaïl - Muhammad envoyé de Dieu - Chef des croyants

    en bordure : (Cor. IX, 33, sourate du Repentir) : « Muhammad est le Prophète de Dieu qui l'a envoyé avec la direction et la religion de vérité, pour la faire prévaloir sur la religion en entier, en dépit de la version des Associateurs ».

    Revers : au centre : « L'imâm al-Mansûr Billah. Il n'est point d'autre divinité que Dieu

    en bordure : « Au nom de Dieu, ce dinar a été frappé à Mahdiyya au mois de Rabi' Ier de l'an 337 ».

Cette pièce appartient au nouveau style de frappe inauguré sous le règne d’al-Mansûr. Il se caractérise par la présence de trois cercles au droit et au revers, comportant des inscriptions concentriques séparées par un anneau vide. C’est  un nouveau style qui émane de la volonté délibérée de ce souverain de rompre avec tout ce qui rappelle les traditions de frappe utilisées par le fameux rebelle anti-fatimide Abû Yazîd Makhlad ibn Kaydad[1] (« l’homme à l’âne »).
Les formules sont répétitives et se réfèrent au dogme chiite.  Plus tard, le formulaire reflètera encore plus nettement  la doctrine chiite, avec l’emploi d’expressions telles que « ‘Alî est le meilleur des élus de Dieu » ou « ‘Alî, l'aimé de Dieu » ou « ‘Alî fils de Abû Talîb, le messager du prophète, l'illustre homme des mérites et le conjoint d'al-Zahrâ’ (Fatima, la fille du prophète) la vouée (à Allâh) ».

La graphique kufique qui se détache en relief est très soignée. Elle se distingue nettement, du point de vue esthétique, de la monnaie omeyyade d’Espagne contemporaine. 

Le type de monnaie fatimide s'est propagé au Maghreb central et au Maroc jusqu'à Fès, en Sicile et en Italie du Sud. Plus tard, après la fondation du Caire, ce modèle se répandit en Égypte, en Syrie et même jusqu’au port d'Eilat sur la Mer Rouge. L'unicité esthétique qui caractérise cette aire géographique est frappante, de même que la fidélité des Fatimides du Caire au formulaire et au graphisme développé en Ifrîqiya. Les monnaies frappées à Fustât, au Caire et dans différentes localités de Haute et de Basse Égypte, actuellement conservées au musée d'art islamique du Caire, datables du milieu du Xe au milieu du XIIe siècle, présentent des analogies remarquables avec la monnaie fatimide ifrîqiyenne. De même, les monnaies fatimides trouvées en Algérie[2], au Maroc et en Sicile sous la dynastie kalbide (947-1040), ne diffèrent guère de ce prototype.

Remarquons que les Omeyyades d’Espagne, tout en se distinguant des Fatimides du point de vue des formules inscrites sur leur monnaie, les ont cependant curieusement imités en optant pour le principe des trois cercles circonscrits, à moins qu’ils se réfèrent dans ce cas aux monnaies de leurs ancêtres omeyyades de Syrie, dont le dirham se distinguait par la présence de plusieurs cercles[3]?

Les premières monnaies ayyoubides reprirent également le type du dinar fatimide[4]. Elles présentent en effet trois légendes circulaires autour d'une courte inscription centrale ainsi que le nom du calife ou du sultan.

Par ailleurs la monnaie fatimide, surtout à l'époque du calife al-Mu'izz (r. 953-975), était de bon aloi et très convoitée dans le commerce méditerranéen. Elle portait, selon les sources littéraires et historiques, à l'exemple des documents de la Génizeh, le nom de al mu'izziyya. Des spécimens de dinars fatimides furent en effet retrouvés partout en Europe, en Italie, en Sardaigne, en Suisse, en Pologne et même en Suède, ce qui atteste de l'intensité des liens commerciaux qui reliaient les deux rives de la Méditerranée à cette époque.

NOTE

[1] Ce chef kharidjite conduit en 943 une révolte contre la domination fatimide en Ifrîqiya. Il fut défait par al-Mansûr en 947.

[2] Conservées dans les musées de Cirta et d'Alger.

[3] Dirham omeyyade, Syrie, 709, argent frappé, Rome, Musée national d’art oriental, inv. 8493/9774.

[4] Dinar, or, Le Caire, 1178-1179, Damas, musée national, inv. A/30178.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Ajjabi, H., Jâmi al-maskoukât al-Arabiyya bi-Ifriqiyya, t. 1, Tunis : INAA, 1988, n° 146, p. 203, pl. 26.

De Candia, F., « Monnaies aghlabites du musée du Bardo », in Les cahiers de Tunisie, 1er trimestre, 1956, Tunis : Faculté des lettres et sciences humaines de Tunis, p. 357, n°  024.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Drias, L. ; Drias, Y. ; Doubabi, H., Corpus des monnaies arabo-musulmanes dans les musées algériens, vol.1, Musées de l'est algérien, Alger : Imprimerie Somer, 1999.

Les Andalousies, de Damas à Cordoue, (cat. exp., Paris, Institut du monde arabe, 2000), Paris : IMA / Hazan, 2000, p.103.

L'Orient de Saladin, l'art des Ayyoubides, (cat.exp., Paris, Institut du monde, 2001), Paris : IMA / Gallimard, 2001, p. 33.

Trésors fâtimides du Caire, (cat.exp., Paris, Institut du monde arabe, 1998), Paris : SDZ, 1998, p. 198.

Coins of al-Andalus Tonegawa collection [en ligne], disponible sur <www.alandaluscoinstonegawacollection.50g.com/>, (consulté le 3 juillet 2008).



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