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Zawiyya de Sidi Qasim Jelizi

  • Nom : Zawiyya de Sidi Qasim Jelizi
  • Lieu : Tunis, Tunisie
  • Date/période de construction :

    XVe siècle ; adjonctions au XVIIe siècle (cour) et au XVIIIe siècle (salle de prière)

  • Matériaux de construction : Pierre sous forme de moellons, de plaques et de voussoirs en grès coquillier, marbre.
  • Décor architectural : Marbre, panneaux de revêtement de céramique en cuerda seca.
  • Destinataire/mandataire : Abu al-Fadhl Qasim Ahmed al-Sadfi al-Fassi, dit Sidi Qasim Jelizi ; Abu al-Gith al-Kachech (Saint tunisois d'origine andalouse, du XVIIe siècle)
  • Dimensions : à peu près 2700 m² (bâtiment et ses dépendances)

Ce monument porte le nom d’un saint tunisois, originaire de Fès, mort à Tunis en 1496, qui exerça durant une partie de sa vie le métier de fabricant de Jaliz (carreaux émaillés) dont il s'était procuré les techniques en Andalousie. A l’origine, le bâtiment consistait uniquement en une chambre funéraire couverte d’une toiture pyramidale. Il a subi l’adjonction de la cour et des pièces qui l’entourent au cours du XVIIe siècle, et de la salle de prière sous le règne de Hussein ben Ali (1705-1735).

La coupole pyramidale en tuiles vertes couvrant la chambre funéraire est d’un type fréquemment utilisé en Tunisie pour la construction des couvertures de certains mausolées des médinas de Tunis et de Kairouan (mausolée de Sidi Abid à Kairouan, seconde moitié du XIVe siècle, mausolée de Sidi Ouhaychi à Kairouan, XVIIe siècle).

Les murs sont construits en moellons et couverts d’enduit incrusté de panneaux de carreaux en cuerda seca, selon une technique décorative bien connue en Espagne, au Maroc, et en Orient. Les motifs étoilés du décor sont surmontés par une double frise à entrelacs et à chevrons. Cependant, comme dans le cas des chapiteaux  hispano-maghrébins, il serait vain de chercher ailleurs qu'en Tunisie des exemples de revêtements parfaitement identiques à ces derniers. On constate en effet des différences assez sensibles, surtout dans les couleurs, dues probablement à l'utilisation de colorants d'une composition chimique particulière.

La technique de la cuerda seca consiste en la réalisation d’un décor cloisonné destiné à éviter la fusion entre les glaçures colorées au cours de la cuisson. Dans le décor à cuerda seca (« corde sèche ») les surfaces glacées, cernées d'un trait mat réalisé avec une matière gréseuse, gardent un léger relief. Il faut distinguer cette technique de celle dans laquelle les lignes du dessin, établies en creux dans un moule, se trouvent reproduites en relief sur le carreau de telle sorte que de fines crêtes séparent des surfaces en faible dépression, destinées à recevoir des couleurs diverses.

De la chambre funéraire, on accède à la cour encadrée de portiques, dans laquelle les surfaces murales sont décorées de grandes figures géométriques et un décor d'entrelacs rectilignes et de disques, le tout obtenu par l'incrustation de galons de marbre noir se détachant sur le marbre blanc. On retrouve des motifs semblables à la midhat al-Sultan (Tunis, 1448-1450), à la zawiyya de Sidi Abid (Kairouan, seconde moitié du XIVe siècle)  et dans des cours de maisons tunisiennes des XVIe-XVIIe siècles. Le même type de décor, hérité de l’art byzantin et déjà utilisé à l’époque omeyyade, orne l'intérieur de plusieurs édifices du Caire[1]. S'agit-il d'éléments directement empruntés à l'Égypte mamluke ou bien ont-ils plutôt fait leur apparition tardivement à l’époque ottomane ?

La salle de prière, hypostyle, possède un plan assez peu répandu au Maghreb : les nefs sont disposées parallèlement au mur de qibla, tradition héritée de la Grande Mosquée de Damas.  

En conclusion, le modèle architectural de cette zawiyya évoque celui de la madrasa de Sidi al-Uhayshi à Kairouan (milieu XVIIe siècle) et de la zawiyya de Sidi Abid à Tunis, mais rappelle aussi celui de certains mausolées maghrébins de type hispano-mauresque[2].

NOTE

[1] Complexe de sultan Hasan, Egypte, Le Caire, 1356.

[2] Mausolée de  Moulay Idriss , Mekhnès, Maroc, XVIe siècle.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Binous, J., «  Zaouïa Sidi Qasem el-Zelliji», in Ifriqiya, Treize siècles d’art et d’architecture en Tunisie, Tunis, 2000, Edisud, p. 72-74.

Ben Mami, M.B., Les monuments de la ville de Tunis au fil des époques : Etude historique, artistique et architecturale, Tunis (à paraître)

Daoulatli, A., Tunis sous les Hafsides, évolution urbaine et activité architecturale, Tunis, 1976, INAA, p. 206-221.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Ifriqiya, Treize siècles d'art et d'architecture en Tunisie, Tunis, 2003, Edisud, p.155-156.

Le Maroc andalou, A la découverte d'un art de vivre, Amman, Aix en Provence, 2000, Edisud, p. 82, p.91

Golvin L., Essai sur l’architecture religieuse musulmane, t. IV, Paris, 1979, Klincksieck.

Stierlin H., L'art de l'Islam en méditerranée d'Istanbul à Cordoue, Paris, 2005, Gründ, p. 148-149, p. 248-251. 

Bouruiba, R, L'art religieux musulman en Algérie, Alger , 1973, SNED.

Le Maghreb médiéval, Aix-en-Provence, 1991, Edisud, p. 121.



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