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Khirbat al-Mafjar

  • Nom : Khirbat al-Mafjar
  • Lieu : Jéricho, Autorité palestienne
  • Date/période de construction : Second quart du VIIIe siècle
  • Matériaux de construction : : grès, voûtements en brique cuite ; décor de mosaïques de pierre, stuc moulé gravé et peint, panneaux de marbre.
  • Destinataire/mandataire : Hishâm (724-743) ou al-Wâlid (743-744)
  • Dimensions : Dimensions totales : l : 95m ; L. : 50m. / palais : 40m long ; 40 m large / bains : 55 m long ; 55 m large.

Ce complexe est à rapprocher du corpus autrefois appelé des « châteaux du désert », des bâtiments umayyades édifiés sur le territoire de la Grande Syrie, rares vestiges de l’architecture civile de l’époque. Il rassemble un palais, une mosquée et des bains, le tout bordé par une longue cour à l’Est. Une enceinte ponctuée de tours circulaires disposées à intervalle régulier encadre l’ensemble, comme dans beaucoup de bâtiments contemporains ruraux[1]. Un système d’irrigation approvisionnait le palais et les bains grâce à l’exploitation d’une source située à 8 km.

Au sud de l’enceinte, une entrée en saillie mène à la cour pavée de mosaïques, occupée au centre par un bâtiment qui pourrait, selon Hamilton, avoir été une fontaine carrée surmontée d’un kiosque carré sur deux niveaux. Couvert d’une coupole et doublé d’un péristyle octogonal, il rappellerait les dispositions de l’architecture byzantine et de la Coupole du Rocher (Jérusalem, 691).

Une large entrée au sud-ouest de la cour mène, par l’intermédiaire d’un vestibule meublé de banquettes en pierre, au palais, vaste unité carrée organisée autour d’une cour à colonnade bordée de façades à deux niveaux d’arcatures. Face à l’entrée, le hall de réception est précédé de l’accès au serdab, pièce fraîche pour l’été. Les unités d’habitation occupent les ailes est et ouest. Au sud, il y avait une petite mosquée dont on a retrouvé les vestiges d’un minaret carré. Le nord de la cour accueille des écuries. Si tout le bâtiment est orné de sculptures en pierre et en stuc  (matériau d’origine iranienne) et de peintures, l’entrée et le hall sont plus particulièrement soignés. Le décor est constitué de bandeaux et de rondeaux à décor géométrique, floral, animalier, de grilles en stuc et de représentations féminines, notamment des danseuses en ronde-bosse relevant de la thématique des plaisirs princiers, thème récurrent dans l’art islamique des époques à venir[2].

La mosquée principale, à laquelle on accède par le palais mais aussi depuis l’extérieur, est précédée d’une grande cour et constituée de deux nefs disposées parallèlement au mur de qibla. C’est le plan adopté à la Grande Mosquée de Damas (Syrie, 715).

Les bains, au nord-ouest, sont organisés sur le modèle romain, avec des variantes révélant la fonction sociale et politique du bâtiment. C’est en effet la zone correspondant au vestiaire qui est la plus développée : l’entrée principale, à l’est, est dominée par la statue du calife posée sur un piédestal orné de deux lions. Seize piliers en faisceaux supportaient un dôme central et les huit voûtes d’arêtes du plafond, créant un espace centré évoquant, comme le possible kiosque de la cour, les bâtiments chrétiens d’Orient et plus lointainement l’Antiquité. Accentuant cet effet, les murs sont animés par des exèdres semi-circulaires voûtées en demi-coupoles aux parois animées par des demi-colonnes. Dans les parties hautes, les groupes de trois fenêtres procuraient l’éclairage nécessaire à ce vaste espace. Une piscine occupe le sud de la pièce. Le sol est couvert d’un pavement en mosaïque de pierre (technique d’origine romaine) réparti en trente et une zones définies par les voûtements des parties hautes. La clé du dôme est ornée d’une rosette en stuc à six lobes meublée de visages humains encerclant des feuilles d’acanthes. Les pendentifs sont meublés de chevaux ailés.

Une seconde entrée à l’angle sud-ouest avait probablement une fonction privée : elle permettait de rejoindre les bains directement depuis le palais par l’intermédiaire d’une double colonnade. La petite pièce située dans l’axe de cette entrée devait servir de salle d’audience. L’abside qui la ponctue est décorée au sol d’une célèbre mosaïque[3], dont le symbolisme politique est étayé par la présence d’un chaînage de pierre qui soutenait la lourde couronne du calife, comme dans le cérémonial sassanide.

NOTE

[1] Mshatta, Jordanie, 2e quart du VIIIe s. plan ettingausen et grabar p.51

[2] Panneau au danseur, Égypte, XIe - XIIe siècle, ivoire, décor sculpté à jour et gravé, traces de peinture, Paris, musée du Louvre, inv. OA 6265/2. http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=20509

[3] Cette mosaïque présente, de part et d’autre d’un arbre majestueux, la figuration de deux groupes d’animaux. A droite, un fauve se jette sur une gazelle, tandis qu’à gauche deux autres gazelles évoluent en toute quiétude.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Creswell, K.A.C. Early Muslim Architecture, vol. I. Oxford University Press, 1940. Reprinted by Hacker Art Books, New York, 1979, pp.390-449.

Sourdel-Thomine, J., Spuler,B., Die Kunst des Islam, Berlin, Propyläen Kunstgeschichte, 1973, pp. 157-163.

Ettinghausen, R., Grabar,O., The Art and Architecture of Islam, 650-1250, Yale University Press, 1987, pp. 50-69.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Baer,E., “The human figure in early islamic art. Some preliminary remarks”, in Muqarnas XVI, 1999, pp.32-41.



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