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Midhat al-Sultan

  • Nom : Midhat al-Sultan
  • Lieu : Médina de Tunis, Tunisie
  • Date/période de construction : 852-854 H./ 1448-1450 J.C.
  • Matériaux de construction : Pierre ; marbre noir et blanc
  • Décor architectural : Marbre noir et blanc
  • Destinataire/mandataire : Abû 'Umar 'Uthmân, sultan hafside (r.1435-1488)
  • Auteur : Muhammad al-Qusantini

Ce monument destiné à la pratique rituelle des ablutions se déploie sur un plan très proche du rectangle, augmenté sur le côté par un bâtiment en saillie enfermant les latrines. Il prend place au milieu de la médina, près de la mosquée Zitouna, permettant ainsi aux fidèles l’accomplissement de leurs devoirs religieux dans les meilleures conditions.

Percée dans la façade monumentale, la porte d’entrée mène à un vestibule coudé donnant au fond sur une courette menant aux latrines, et à droite sur le lieu réservé aux ablutions.

Il s’agit d’une cour à ciel ouvert encadrée par trois portiques délimités chacun par un arc brisé outrepassé unique reposant sur des colonnes à chapiteaux hafsides et hispano-mauresques.

Ces petites galeries abritent des bassins étroits et des banquettes. Le centre de la cour est occupé par un petit édicule octogonal dont les façades sont ornées de marbre sculpté de motifs d’arcatures variées. Une bouche de fontaine déversant de l’eau dans un bassin individuel est ménagée dans chacun des huit pans,

Le marbre blanc couvre la majeure partie des murs inférieurs. Les parties hautes de l'édifice présentent une richesse et une élégance qui vont dans le sens des témoignages élogieux fournis par les historiens hafsides et post hafsides. Le kaddal (pierre en calcaire) occupe depuis la dernière restauration quelques endroits du parement à la place du marbre mais, à l'origine, une parure entièrement en marbre blanc incrusté de marbre noir couvrait  toutes les surfaces.

Le marbre noir, en plus de son usage pour les claveaux des arcs, est utilisé pour les cerner, garnir leur encadrement rectangulaire ou encadrer les côtés intérieurs des piédroits. Il entre également dans la composition  des merveilleux panneaux  qui occupent le tympan et les écoinçons des arcs, présentant des figures étoilées et des motifs ressemblant au zvastika.

Mais de tous les portiques, celui du couloir est de loin le plus richement décoré. Le galon simple qui contourne habituellement le cadre rectangulaire des arcs est ici remplacé par un double ruban entrelacé tandis que la figure étoilée et encastrée dans un cercle fait place, dans les écoinçons, à une fleur rappelant le lys.

L'emploi du marbre à l'exclusion de tout autre matériau rattache probablement cet édifice à une antique tradition ifriqiyenne. On ne connaît cependant pas d'édifices antérieurs à ce monument où la marqueterie de marbre et des claveaux bicolores sont utilisés avec une telle abondance. Il est donc assez vraisemblable que l’usage de cette technique soit parvenu en Ifriqiya par l'intermédiaire de l'Égypte mamluke, dès l'époque hafside et plus précisément le  XVesiècle.

La midhat, par l'aspect novateur de son décor, fut non seulement un modèle du genre mais dut servir d'exemple, dès le milieu du XVe siècle, à bien d'autres édifices disparus ou qui nous sont inconnus. Elle influença sans doute une partie du décor de la zawiya de Sidi Qasim Jelizi (Tunis, XVe siècle).

Tous les motifs signalés dans ce monument trouvent des équivalents dans les édifices mamluks des XIVe-XVe siècles. Le ruban noir cernant des surfaces circulaires ou quadrangulaires, le galon double entrelacé, les figures étoilées, les panneaux de marbre décorés de disques adjacents, et le motif évoquant la fleur de lys sont des motifs courants dans le décor en marbre des mosquées funéraires telles celles des sultans Barsbay al-Mu'ayyid (Le Caire, Égypte, 1436) ou Qaytbay (Le Caire, Égypte, 1472-1474). Ce procédé se répandit en Turquie ottomane dès le XIVe siècle[1]. On connaît le succès qu'il eut en Tunisie dès les XVIe-XVIIe siècles[2].

NOTE

[1] Mosquée Isa Bey, édifiée en 1375 à Selçuk.  

[2] Dar Ûthman, Tunis, 1595.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Daoulatli, A., Tunis sous les Hafsides, évolution urbaine et activité architecturale, Tunis, 1976, INA, p. 213.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

L'art Mamelouk, Splendeur et magie des sultans, Égypte, 2001, Edisud, collection Musée sans Frontières, p. 98.

Korbendau, Y., L'architecture sacrée de l'islam, France, 1997, ACR édition, p. 180.



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