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Mosquée Muhammad Bey

  • Nom : Mosquée Muhammad Bey
  • Lieu : Tunis, Tunisie
  • Date/période de construction : 1692
  • Matériaux de construction : Pierre calcaire ou grès coquillier ; pierre de taille
  • Décor architectural : Céramique
  • Destinataire/mandataire : Abu Abd Allah Muhammad Bey

La mosquée Muhammad Bey, dite également de Sidi Mehrez, est située près de Bab Swiqa  en face de la zawiyya de Sidi Mehrez, dans un quartier commercial. 

Sa construction a été commencée par Muhammad Bey en 1692 et n’a été achevée qu’après sa mort, par son frère Ramdhan Bey en 1696. L’édifice situé à plus de quatre mètres au-dessus des rues voisines, repose sur une plate-forme. La mosquée est desservie par un patio renfermant un mihrab constitué d’une niche surmontée d’un cul-de-four dont l’arc est historié d’un décor à rinceaux et de trois galeries entourant la salle de prière. Couverte d’une toiture terrasse, elle donne sur le patio par des arcs brisés outrepassés, posés sur des colonnes en marbre noir, prenant appui sur des bases moulurées et surmontées dans la majorité des cas de chapiteaux en crochet et de chapiteaux hafsides. De plan carré, la salle de prière mesure 28 mètres de côté. Le diamètre de la coupole centrale fait 15,80 mètres et sa hauteur sous la clef 19 mètres. Elle est construite en brique appareillée par assises annulaires horizontales. La calotte s’appuyant sur un tambour cylindrique percé de six fenêtres, est couverte d’une coupole centrale sur pendentifs, accostée à quatre demi-coupoles et quatre coupolettes couvrant les angles de la salle. Elles sont soulagées par des piliers à section en croix, surmontés d’arcs en plein cintre outrepassés. Les piliers sont parés de plaques de marbre agrémentées par des carreaux de céramique, importés de Nicée (Iznik). Le mihrâb est composé d’une niche semi-circulaire, surmontée d’un cul-de four  à parois décorées de motifs géométriques, réalisés sur plâtre et dont l’arc  de tête est en plein cintre outrepassé, clavé en marbre de couleur alternée noire et blanche. Le tout est inscrit dans un cadre rectangulaire paré de marbre. Les murs de cette salle sont également tapissés de panneaux de céramique dans leur partie inférieure. Ces panneaux sont constitués de carreaux d’importation et d’autres, de fabrication tunisoise. Les carreaux anciens importés d’Asie Mineure, qui ont échappé aux restaurations, offrent un grand intérêt. Ce sont de belles pièces, ornées de motifs floraux et dont les tons, outre le vert et le bleu, comprennent également le célèbre rouge tomate, caractéristique de la faïence d’Iznik de cette époque. Ce monument qui rompt nettement avec les traditions architecturales locales, s'inspire du type ottoman. Il s'agit, même, de l’unique mosquée tunisienne qui dérive d’un prototype turc. Elle rappelle les mosquées d’Asie Mineure et particulièrement celles d’Istanbul à l’exemple des mosquées de Shehzade (1543-8), du Sultan Ahmet (1609-1616) ou celle de Yeni Valide (1663). Le patio qui entoure la salle de prière des trois côtés présente un modèle rarement suivi dans les mosquées tunisiennes. Au fait, il s'agit d'une caractéristique spécifique à certaines mosquées ottomanes à l'instar de la mosquée al-Ahmadiyya d'Istanbul, la mosquée Muhammad Ali à la citadelle du Caire et d'autres situées en Europe de l'Est, en Bosnie, Bulgarie et Grèce. En Tunisie, nous trouvons la même forme (qui ressemble à la lettre U) dans les mosquées de Hammouda Pacha, Youssef Dey et Sahib at-Taba'. Cette appartenance à l'architecture ottomane est attestée dans la coupole, à travers le passage du plan carré au plan cylindrique qui s’effectue non par des trompes d’angle, comme c'est le cas dans les coupoles ifriqiyennes, mais par des pendentifs, à l'exemple de la plupart des coupoles de Constantinople.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Saadaoui, A., Tunis ville Ottomane trois siècles d’urbanisme et d’architecture, Tunis, 2001, Centre de publication universitaire.

Ben Mami M. B., Les monuments de la ville de Tunis au fil des époques : Etude historique, artistique et architecturale, Tunis, 2008.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Korbendau, Y., L'architecture sacrée de l'islam, [France], 1997, ACR édition.

Akurgal E., The art and architecture of Turkey, Oxford, 1980, Oxford University Press.

Arik O., Turkish Art and Architecture, Ankara, 1985.

Oney G., Turkish Tile Art, Istanbul, 1976, Binbirdirek Matbaacılık Sanayii A.Ş.



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