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Qantara - De Léon III à l’avènement de Michel II (711-820)
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De Léon III à l’avènement de Michel II (711-820)

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En 717, lorsque Léon III l'Isaurien prend le pouvoir, la situation dans l'Empire est instable. Les Arabes assiègent pour la seconde fois Constantinople ; ils sont contraints de lever le siège à la fin de l'été 718 et cessent définitivement leurs tentatives pour prendre Constantinople. Malgré cette victoire, la situation reste favorable aux Arabes. Ce n’est qu'en 740 que Léon III réussit à infliger un échec cuisant aux Arabes au cœur de l'Anatolie, mettant ainsi fin à leurs ambitions de conquête.

Les défaites successives contre les Arabes ainsi que des catastrophes naturelles comme l'éruption volcanique sur l'île de Santorin peu avant 726, ont été utilisées par Léon III comme des preuves de la colère divine provoquée par le culte excessif rendus aux icônes par les Byzantins. Pour y remédier il aurait cherché à instaurer une politique iconoclaste dès 726 en faisant détruire l'image du Christ de la Chalkè (porte donnant accès au Grand Palais), et la faisant remplacer par une simple croix. Cet événement n’aurait pas été accepté par le peuple qui s’était déclaré en faveur de la conservation de cette image et des images en général. Léon III doit donc attendre jusqu’en 730 pour mettre en place une politique iconoclaste et détruire toute sorte d’image. Les iconodoules (serviteurs des images) l’ont accusé d'avoir été influencé essentiellement par les Arabes et les Juifs, deux peuples de tradition aniconique.

Le règne du fils de Léon III, Constantin V (741-775), marque le début d’une véritable politique iconoclaste qui a provoqué d’importantes controverses. Durant les premières années de son règne, Constantin V conduit de brillantes campagnes contre les Arabes, comme la prise de Mélitène en 752, profitant d’une guerre civile qui divisait ces derniers. À partir de 752 il concentre ses efforts sur la politique intérieure et tâche d'imposer la doctrine iconoclaste. En 754, il convoque un concile dans le palais de Hiéreia près de Chalcédoine pour que soit reconnu officiellement l'iconoclasme comme croyance orthodoxe de l'Église et de l'État byzantins. La doctrine iconoclaste accuse d'idolâtrie toute personne qui vénérait les icônes. L'idée fondamentale des iconoclastes est basée sur le principe platonicien selon lequel l'image est de même nature que son prototype. Seules la croix et l’Eucharistie sont considérées par l’iconoclasme comme des images légitimes. Du côté opposé les iconodoules défendent l’idée que l’image se réfère à un modèle dont elle ne partage pas la substance, ce qui annule l’accusation d’idolâtrie. L’honneur rendu à l’image remonte au prototype et non à la matière qui le représente.

Après la mort de Constantin V en 775, son fils Léon IV (775-780) tente de tempérer le mécontentement des iconodoules et met un terme aux persécutions. À la mort de Léon IV sa femme Irène assure la régence pour le compte de leur jeune fils, Constantin VI. Pour s’assurer du soutien de l’Occident et du pape, Irène décide très rapidement de ne plus suivre la politique iconoclaste et convoque un nouveau concile tenu dans l’église de Sainte-Sophie de Nicée, le 24 septembre 787. Ce concile condamne l’iconoclasme en le proclamant hérétique et déclare que la fabrication et la vénération des images constituent la vraie doctrine.

En 790, Constantin VI, fils d’Irène et du défunt Léon IV, prend le pouvoir avec le soutien de l’armée et mène une politique d’apaisement. Son règne ne dure que sept ans. En 797 Irène fait aveugler son fils, devenant ainsi la première femme à assurer seule le pouvoir (797-802). En dépit de l’appui des moines auxquels elle avait accordé des privilèges fiscaux importants, Irène est renversée en 802 par son chef des finances, Nicéphore Ier (802-811). Suite au règne de Nicéphore, qui a consacré ses actions de politique extérieure à la reconquête des territoires contrôlés par les Slaves et à la guerre contre les Bulgares, Léon V l’Arménien, stratège du thème des Anatoliques, se proclame empereur (813-820). Ce dernier, bien qu’il ne soit pas un iconoclaste acharné et malgré l’opposition du patriarche Nicéphore, décide de rétablir l'iconoclasme. Pour ce faire il convoque un nouveau concile en 815 à l’église de Sainte-Sophie. Si le climat de ce concile est assez modéré et sans véritable opposition, les persécutions sont plus violentes et prennent pour cibles les moines. Léon V est tué en 820 par les partisans de son successeur Michel II l’Amorien (820-829).

L’iconoclasme a constitué une partie intégrante du programme social et politique des empereurs Léon III et Constantin V. À une époque où l’Empire se voyait affaibli par les épidémies et les guerres, la première des préoccupations de Léon III et de ses successeurs a été de rétablir l’autorité impériale et de renforcer la puissance de l’État. Les victoires contre les Arabes leur ont apporté un prestige indéniable. Pour améliorer le niveau économique et social, ils ont imposé une réforme de l’État et de l’Église. L’iconoclasme a servi de prétexte dans cette politique d’épuration que Léon III et son fils ont mené avec ferveur. La querelle contre les images est devenue l’enjeu principal de la guerre entreprise par l’empereur contre l’Église et ses propriétés, les monastères et leurs revenus, leur rôle significatif dans la vie sociale et leur influence accrue sur l’opinion publique.

Il est difficile de parler avec précision du développement de la culture et de l’art iconoclastes car peu de choses subsistent aujourd’hui. Des écoles d’enseignement supérieur ont certainement continué leur activité dans la capitale durant cette période mais les sources textuelles ne nous apportent aucune précision. Les exemples d’art iconoclaste sont très rares car les iconodoules ont détruit tout décor réalisé par les iconoclastes. Selon les sources iconodoules qui, seules, nous sont parvenues, les iconoclastes étaient opposés à toute figuration du Christ en raison de sa divinité, ce qui a entraîné le refus absolu de toute autre image sacrée. Ils ont uniquement autorisé la représentation de la croix, symbole de l’Incarnation du Christ, entourée de motifs végétaux, animaliers et ornementaux. Des motifs inspirés de l’iconographie impériale, comme la représentation de cochers placés par Constantin V dans le Milion et la soierie du Musée de Cluny datée du VIIIe siècle, sont devenus les symboles de l’empereur victorieux.

E. Y.



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