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Astrolabe marocain

  • Titre / dénomination : Astrolabe marocain
  • Lieu de découverte : Maroc
  • Date / période : 1765-1790
  • Matériaux et techniques : Laiton, inscriptions gravées
  • Dimensions : D : 12,2 cm; e : 0,7 cm
  • Ville de conservation : Paris
  • Lieu de conservation : Musée de l’Institut du Monde Arabe, Legs Marcel Destombes
  • Numéro d'inventaire : AI 86-08
  • Inscription :

    Signature de Charaf Allah

L’astrolabe est une « mise à plat » de la Sphère céleste, généralement observée à partir de son Pôle sud. A partir de ce seul point d’observation les étoiles de l’hémisphère nord sont prises en compte. Celles qui sont situées au-dessous du Tropique du Capricorne (horizon représenté par le bord du disque), trop rapprochées de l’observateur, ne sont pas saisies. 

Grâce à ses lignes gravées, l’astrolabe permet d’établir et de prévoir le cheminement des astres, de déterminer l’heure du jour et de la nuit, la latitude du lieu, de mesurer une hauteur quelconque, de calculer une orientation. Inventé, semble-t-il, à l’époque de Ptolémée (IIe siècle), l’instrument a reçu de grands perfectionnements de la part des Arabes ; d’abord en Syrie, sous les Omeyyades (en particulier à Harran), par la suite en Irak, à la faveur de l’activité scientifique patronnée par le calife al-Mamûn. Jusqu’au XIXe siècle, et plus tard encore pour le Maroc, les pays musulmans fabriqueront des astrolabes.

Pour se servir d’un astrolabe, il faut le tenir à la verticale, à la hauteur de l’œil. Au dos de l’instrument, se trouve une règle pivotante, l’alidade, munie de deux trous. C’est dans  l’alignement de ces deux trous qu’on fait passer le rayon de l’astre qu’on observe : c’est la visée. La lecture en degrés s’effectue sur le pourtour de l’astrolabe garni de divisions et de lettres numérales. Selon la position de l’astre observé, on fera pivoter l’araignée qui se trouve sur l’autre face de l’instrument, de façon à mettre celle-ci en correspondance. L’araignée est ce disque très découpé, muni d’index pointés sur les étoiles fixes et qui comprend également une couronne zodiacale (écliptique). Par suite de son inclinaison apparente, cette couronne est décentrée. C’est donc toute la voûte céleste de l’hémisphère nord avec ses étoiles les plus brillantes que l’on met en harmonie avec le moment de la visée.  En dessous de l’araignée, un plateau amovible, qu’on appelle le tympan, porte les cercles directeurs et les coordonnées. Son bord extérieur représente le Tropique du Capricorne (l’horizon), le second cercle, l’Equateur, le troisième, le Tropique du Cancer. Ces trois cercles sont traversées par la ligne verticale Nord-Sud ou « méridien du lieu », par la ligne transversale Est-Ouest, ou ligne de six heures, qui coupe la ligne d’horizon aux points d’équinoxe. Des arcs indiquant les méridiens célestes, des cercles parallèles à l’horizon (almicantarats), représentant les cercles de hauteur des étoiles, permettent d’établir la position du Soleil et des étoiles principales, tout au long du jour et de la nuit.

Le tympan, représentation de la Sphère céleste locale, est construit pour une latitude donnée. Il faut donc en changer si on change de latitude. L’astrolabe en comporte généralement plusieurs. Celui qui nous intéresse en comporte deux, l’un, fait nommément pour les villes de Essaouira (31°), et de Marrakech (32°) ; l’autre, pour les villes de Fès (33°),  et de Meknès (34°). Au dos de l’instrument figurent le nom du commanditaire : Muhammad fils d’Abd Allah et le nom du facteur : Charaf Allah.

C’est par l’Espagne musulmane, puis la Catalogne, riche en abbayes bénédictines, et par des relais entre monastères et écoles-cathédrales, que cette science de l’astrolabe, si avancée en pays musulmans, se diffusera en Occident latin à partir de l’An Mil.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Brieux, A., Maddison, F., RFA, Shrf Allah I

Gibbs, S., CCA, n°3544.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Sédillot, L. A., Mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes, Paris, 1841.

Hartner, W., The principe of the use of the astrolabe” dans Survey of Persian art, Oxford, 1939, T. III,  pp. 2530 à 2554.

Mayer, L.A., Islamic Astrolabists and their works, Genève, 1956.

Hartner, W., article « Asturlab », in Encyclopédie de l’Islam, Leide, Paris, 1958, I, p. 744-749.

Millás Vallicrosa, J., Nuevos estudios sobre Historia de la ciencia española, Barcelona, 1960. Cf. Ch. IV « Los primeros tratados de astrolabio en la España arabe, pp 61-78.

Destombes, M., « Un astrolabe carolingien et l’origine de nos chiffre arabes », in Archives Internationales d’Histoire des Sciences, p.58-59 (1962), pp. 3-45.

Destombes, M., « La diffusion des instruments scientifiques du Haut Moyen Age au XVe siècle » Unesco, Cahiers d’Histoire Mondiale, Vol X (1966), pp. 31-51

Baujouan, G., L’enseignement du « Quadrivium », Spoleto, 1972

Michel, M., Traité de l’astrolabe, éditions Alain Brieux, Paris, 1976

Brieux, A., « Les Astrolabes, Test d’authenticité », in Art et Curiosité, Paris, septembre 1974.

Djebbar, A., Une histoire de la science arabe, Seuil, Paris, 2001.

Catalogues :

Les Andalousies, de Damas à Cordoue, IMA, Paris, 2000. Cf. Danielle Jacquart "L'Ouverture aux Sciences", pp. 196 - 206

L’âge d’Or des Sciences arabes, IMA, Paris, 20005 ; cf. Denis Savoie, « Les astrolabes » p. 93 – 94.



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