Qantara Qantara

Diptyque d'Anastasius

  • Titre / dénomination : Diptyque d'Anastasius
  • Lieu de production : Constantinople
  • Lieu de découverte : Constantinople
  • Date / période : 517
  • Matériaux et techniques : Ivoire
  • Dimensions : Hauteur: 36 cm
  • Ville de conservation : Paris
  • Lieu de conservation : Bibliothèque nationale de France, Département des Monnaies, Médailles et Antiques
  • Numéro d'inventaire : 55 n° 296 bis
  • Inscription :

    à droite: FLAVIUS ANASTASIUS PAULUS PROBUS, SABINIANUS POMPEIUS ANASTASIUS

    à gauche: VIR INL COM DOMESTICUS EQUIT ET CONS ORDIN

    au revers: liste, à l'encre, assez effacée, des évêques de Bourges, du XIe siècle, complétée au XIIe siècle jusqu’à la Révolution

L’ivoire est une matière coûteuse, rare, et qui a servi aux arts de luxe depuis une haute antiquité car elle se laisse tailler très finement. Sous le haut empire romain, on en fit un grand usage, mais il semblerait qu’à l’époque qui nous occupe, son succès fut encore plus grand. En effet, c’est aux Ve et VIe siècles seulement qu’on fit appel à l’ivoire pour confectionner certains objets «officiels» notamment des diptyques ou plaquettes entre lesquelles on insérait un texte important. On ignore quel genre de texte était retenu pour les diptyques de l’empereur. Ceux des consuls inséraient les faire-part de ces hauts magistrats signifiant leur entrée en charge. Cet usage est attesté pour la période qui va de 406 à 540.   

La composition des deux feuillets est semblables, la tabula ansata est gravée d'une inscription en capitales, sur deux lignes. Le consul est représenté en dessous. Il est nommé par l'inscription, il s'agit d'Anastasius, fils de Pompéius (lui-même consul en 501) et petit neveu de l'empereur Anastase (r. 491-518). Anastasius reçut la charge du consul en 517, c'est à cette occasion que fut sculpté ce diptyque en ivoire.

Nous pouvons voir le consul trônant devant un bâtiment richement architecturé qui pourrait représenter une loge ou un tribunal. Le fronton triangulaire supporté par des colonnes corinthiennes, est surmonté par trois médaillons (imagines clipeatae) ; celui du haut flanqué de deux génies portant des guirlandes, représente l'empereur Anastase. Il est coiffé d'un diadème perlé à deux cordelettes pendantes ; le médaillon de droite est probablement le portrait de l'impératrice Ariane (décédée en 515), parée de riches colliers et de boucles d'oreilles. Sa coiffure est caractéristique de l'époque, faite de doubles rubans de perles qui enserrent ses cheveux. A gauche, on peut reconnaitre le consul Pompeius, père d'Anastasius.

Anastasius tient dans la main gauche le sceptre surmonté d'un aigle dont les ailes enserrent un médaillon de l'empereur Anastase, et, de la main droite, il élève la mappa. Il porte le costume réservé à sa charge. Les extrémités du trône dit la sella curulis sont sculptées de deux têtes de femme nimbées et couronnées de tours : ce sont les allégories de Rome et Constantinople. De part et d'autre du banc, des victoires soutiennent elles aussi, des médaillons d'Anastase.

Le registre inférieur dépeint les jeux. A droite, les spectateurs assistent à une venatio : un cavaliers et des bellulaires (dompteurs) se battent contre des fauves, l'un deux se fait mordre la jambe. Cette forme hémisphérique évoque un amphithéâtre, peut-être le cynegion de Constantinople.

Sur le feuillet de gauche, il semble que la scène se déroule dans l'hippodrome : deux amazones présentent deux chevaux ; en dessous, un homme et une femme miment la guérison de deux aveugles. De l'autre coté, trois personnages masqués jouent une scène de tragédie.

Parmi les dyptiques consulaires, celui d'Anastasius est l'un des plus remarquables. Il se distingue en effet par la qualité du travail de l'ivoire, du relief accentué, de la souplesse du modelé des chairs du visage et même du corps.

Plusieurs diptyques consulaires d'Anastasius existent, tous très semblables à celui-ci.

Ce dyptique se trouvait, certainement dès l'époque romane, à la cathédrale de Bourges, où il fut utilisé à des fins liturgiques : il était exposé sur l'autel pendant la messe et le prêtre, lors du canon, lisait les noms des archevêques inscrits sur son revers. La liste ne cessa de s'allonger, ainsi des feuilles de parchemin furent insérées entre les tablettes, et le dyptique fut appelé « livre d'ivoire ».

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Byzance, l’art byzantin dans les collections publiques françaises, cat. exp., Paris, 1992, RMN

Gaborit-Chopin, D., Ivoires médiévaux : Ve-XVe siècle, Paris, 2003,  RMN, 2003

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Cutler, A., The craft of ivory : sources, techniques, and uses in the Mediterranean world, A.D. 200-1400, Washington D. C., 1985, Dumbarton Oaks research Library and Collection

Grabar. A, L’âge d’or de Justinien, Paris, 1966



Expression #1 of ORDER BY clause is not in SELECT list, references column 'qantara.fr_index.in_poids' which is not in SELECT list; this is incompatible with DISTINCT