Qantara Qantara

Cité palatine de Madinat al-Zahra

  • Nom : Cité palatine de Madinat al-Zahra
  • Lieu : Situé à environ huit kilomètres au nord-est de Cordoue, dans la carrière de Palma de Rio, Espagne
  • Date/période de construction : Période califale, en 936 ou 940
  • Matériaux de construction : Pierre, marbre, plâtre, argile, bois, brique
  • Décor architectural : Marbre sculpté, plâtres peints, pierre sculptée
  • Destinataire/mandataire : ‘Abd al-Rahmân III, al-Hakam II
  • Dimensions : Superficie intra-muros : 112 ha. ; L. : 1518 m. ; l. : 745 m

Selon différents auteurs, la construction de la ville débute en 936. La ville vécut à peine plus de 70 ans[1], elle était déjà quasiment abandonnée au XIIe siècle, et au XVIe siècle elle n’était plus considérée comme la ville palatiale des Omeyyades mais comme des ruines romaines. C’est au siècle dernier, à partir de 1911, que l’étude de l’ensemble et des fouilles systématiques a permis de le récupérer en partie[2].

Des sommes colossales furent dépensées pour la construction et la décoration de la ville de Madinat al-Zahra de nombreux matériaux furent importés de divers pays, telle la Syrie, la Tunisie et la France. Ce projet urbanistique qui fut l’un des plus important mené durant la période califale s’inscrit dans un programme politique, économique et idéologique mis ne place par ‘Abd al-Rahmân III après sa proclamation comme calife, afin de faire valoir sa nouvelle stature politique face à un califat rival, le califat fatimide, dont les vues expansionnistes sur le Maghreb menaçaient d’anciens intérêts  omeyyades dans la région.

La ville palatine comprenait la cour personnelle du souverain et l’ensemble des services et des organes de l’administration du califat. Les sources documentaires mentionnent des artisans orientaux venus de Baghdad, Damas et Constantinople, des mosaïstes byzantins, Rome et Carthage, des marbriers et une infinité d’artistes de toutes les spécialités. Le plan est très irrégulier, ce qui est en partie dû à un important dénivelé, la ville étant édifiée sur le flanc du Djebel el-‘Arus. Elle est cernée d’une enceinte percée de portes et ponctuée de tours rectangulaires et conçue selon un plan hiérarchisé sur trois terrasses. La partie supérieure où l’air était plus frais et d’où la vue sur le Guadalquivir était dégagée, était occupée par les bâtiments réservés à la cour et à l’administration. En dessous se trouvait de grands jardins et probablement la ménagerie, enfin la médina avec les artisans et les commerçants. En contrebas de la seconde terrasse se trouve la mosquée de plan arabe, aux cinq nefs perpendiculaires à la qibla. La circulation se faisait par des rues pentues et voûtées, avec des escaliers, dont certaines conservent des traces de décor peint en rouge grenat.

Sur le niveau supérieur, la zone la plus fouillée, on distingue deux grands secteurs. L’un à l’ouest comprend le secteur résidentiel privé, dédié aux habitations califales et des dignitaires. Plusieurs présentent une vaste cour autour de laquelle s’organisent de manière irrégulière les pièces d’habitations. Certaines de ces habitations, auxquelles des noms ont été attribués comme le Dâr al-Mulk (maison du pouvoir), présentent un plan basilical. Une maison particulièrement riche dite de Ja‘far, à conservée d’intéressantes traces de décor. C’est dans sa cour que l’on pourrait situer la fameuse fontaine aux douze animaux, d’où proviendrait peut-être le cerf en bronze du musée de Cordoue[3].

L’autre secteur, à l’Est comporte des espaces semi-public et officiels, auxquels on accédait après avoir traversé une vaste esplanade, par une route venant de Cordoue, qu’empruntaient les ambassades et les hôtes de marque. On y trouve le Dâr al-Jund, grande résidence à plan basilical, sans doute d’un important dignitaire. Le Salon Rico, pavillon de réception de ‘Abd al-Rahmân III, se situe quasiment au centre géographique de la ville. Il ouvre sur un grand bassin et des jardins maintenant reconstitués. Un bain privé lui est contigu. De plan tripartite et basilical au centre pour accueillir le trône du calife, les arcatures reposent sur des colonnes de marbre alternativement rose et bleu, comme celles de la partie de la Grande Mosquée de Cordoue construite par al-Hakam II. Il conserve une somptueuse décoration : claveaux alternés rouges et blancs, chapiteaux et base de colonne en marbre finement travaillés, plaques de tuf travaillées de motifs géométriques et floraux délimités d’encadrement rouges. Plusieurs des motifs présentent des similitudes avec ceux de la mosquée de Cordoue d’al-Hakam. Les signatures retrouvées sur les bases et chapiteaux de colonnes, ainsi que les sources documentaires mentionnent les noms d’artistes et de maître d’oeuvres (Badr, Nasr, Fatah, Tariq) dont certains venaient de très loin.

NOTE

[1] La ville fut démantelée par al-Mansûr, qui construisit une nouvelle ville à l’est de Cordoue, Madînat al-Zahira, qui jusqu’alors n’a pas été retrouvée.

[2] Seul un dixième du site à été fouillé, les recherches se poursuivent encore actuellement.

[3] Fiche corpus

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Almagro, A., « Análisis tipológico de la arquitectura residencial de Madinat al-Zahra », in Al-Andalus und Europa: zwischen Orient und Okzident, 2004, p. 117-124.

Arias, I. ; Balmaseda, L. ; Franco, Á. ; Papi, C., « Documentación, inventario y catalogación de los materiales procedentes de Medina Azahara (Córdoba) en el Museo Arqueológico Nacional », in Boletín del Museo Arqueológico Nacional, 19, Madrid, 2001, p. 88-127.

Gomez-Moreno, M., « El arte árabe español hasta los almohades. Arte mozárab », in Ars Hispaniae, III, Madrid, 1951, p. 63-75 et 82-89.

Lopez Cuervo, S., Madinat az-Zahra. Ingeniería y Formas. Madrid : Ministerio de Obras Públicas y Urbanismo, 1983.

Vallejo Triano, A., « Madinat al-Zahra, capital y sede del califato omeya andalusí », in El esplendor de los omeyas cordobeses, cat. exp. Cordoue, Madinat al-Zahra, 2001, Granada: Fundación El Legado Andalusí, 2001, p. 386-397.

Vallejo Triano, A., (ed.) Madinat al-Zahra: el salón de Abd al-Rahman III, cat. exp. Cordoue, Córdoba, marzo 1995 : Consejería de Cultura de la Junta de Andalucía, 1995.

Vallejo Triano, A., « El proyecto urbanístico del Estado califal: Madinat al-Zahra », in La arquitectura del Islam occidental, Barcelona: Lunwerg Editores, 1995, p. 69-81.

Vallejo Triano, A., « Madînat al-Zahrâ’ : The Triumph of the Islamic State », in Al-Andalus, the Art of Islamic Spain, cat. exp. New York, Metropolitan Museum of Art, 1992, New-York : Metropolitan Museum of Art, 1992, p. 27-39.

Vallejo Triano, A., « Madînat al-Zahrâ’ conservation et investigation », in Les andalousies : de Damas à Cordoue, cat. exp. Paris, Institut du monde arabe, 2000-2001, Paris : Hazan / Institut du monde arabe, 2000, p. 64-65.



Expression #1 of ORDER BY clause is not in SELECT list, references column 'qantara.fr_index.in_poids' which is not in SELECT list; this is incompatible with DISTINCT