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Plat aux fleurs de lotus

  • Titre / dénomination : Plat aux fleurs de lotus
  • Lieu de production : Raqqada ou Kairouan, Tunisie
  • Lieu de découverte : Découvert lors des fouilles de Raqqada (Kairouan)
  • Date / période : Fin IXe siècle - Début Xe siècle
  • Matériaux et techniques : Céramique à pâte argileuse ; décor peint sur glaçure stannifère.
  • Dimensions : H. 7 cm ; D. 27 cm.
  • Ville de conservation : Raqqada (Kairouan)
  • Lieu de conservation : Musée des Arts islamiques de Raqqada (Kairouan)
  • Numéro d'inventaire : C 5

Cette coupe de forme hémisphérique munie d’un pseudo-marli repose sur un pied annulaire. Ses deux faces sont couvertes d’une glaçure opacifiée blanche.

La composition est réalisée avec trois couleurs : le brun délimitant les motifs, le vert et le jaune ocre comme couleur de remplissage. Cette coupe offre une certaine richesse et un effet rythmique observé aussi bien dans l’usage des couleurs que dans la disposition des motifs.

La lèvre est ornée de motifs de demi-lunes colorés en vert et jaune miel. A partir du motif central, constitué d’une étoile à six branches, se développe un décor rayonnant composé de quatre palmes groupées par deux séparées par des feuilles lancéolées disposées diamétralement. Entre chacun de ces six motifs sont intercalées six fleurs de lotus.

Les motifs végétaux et floraux rappellent dans une large mesure les décors de certains plafonds de la Grande Mosquée de Kairouan, où des  étoiles et des rameaux, parfois soulignés par des bagues à bourrelets.

D'autres pièces de céramique de Raqqada offrent la même ornementation exubérante et variée, avec un marli où alternent lignes courbes et demi-cercles. Au IXe siècle déjà, en Mésopotamie, et au siècle suivant en Egypte fatimide, les motifs de demi-lune sont attestés sur les marlis des pièces en céramique lustrée. La fleur de lotus sera présente sur d’autres coupes fatimides[1]. Toutefois, si la combinaison de ces motifs semble marquée par une certaine naïveté due au poids du substrat berbère, l'effet rythmique des couleurs et des formes n'est pas étranger à l'esthétique islamique. On le retrouve par exemple dans des décors de plat en céramique des IXe-Xe siècles provenant des fouilles d'Afrâsiyâb à Samarcande ou encore d'Irak[2]. Cet esprit se retrouve aussi dans les pièces de céramique islamique exhumées à Mertola au Portugal[3].

Remarquons que cette coupe se caractérise par un fond blanc à décor vert et brun, à l’opposé de la majorité des coupes contemporaines exhumées à Raqqada, qui sont elles à fond jaune et à décor vert.

NOTE

[1] Coupe de la dame de Sabra, Musée des Arts islamiques de Raqqada (Kairouan), inv. C 108.

[2] Assiette à décor de fleurons, Irak ou d'Iran, première moitié du XIIIe s., Paris, Institut du Monde Arabe, inv. Al 88-32.

[3] Plat creux, céramique argileuse à décor de cuerda secca, XIIe siècle, Musée de Mertola, inv. CR/CS/0024.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Couleurs de Tunisie, 25 siècles de céramique, (cat. exp., Paris, Institut du monde arabe, 1994), Paris, 1994, IMA, Adam Biro, p. 128.

30 ans au service du patrimoine, (cat. exp., Tunis, Le Belvédère, 1986), Tunis, 1986, INAA, p. 249-257, 251, n° 42.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Les Andalousies, de Damas à Cordoue, (cat. exp., Paris, Institut du monde arabe, 2000), Paris, 2000, IMA, Hazan, p. 192.

Le vert et le brun, de Kairouan à Avignon, céramiques du Xe au XVe siècle, (cat. exp., Marseille, Chapelle de la Vieille Charité, 1995), Marseille, Paris 1995, Musées de Marseille, RMN,  p. 66-67, 102-103.

Terres secrètes de Samarcande, céramiques du VIIIe au XIIIe siècle, (cat. exp., Paris, Institut du Monde Arabe, 1992), Paris, 1992, IMA, p. 43, 87.



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