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Mosquée de la Qal‘a des Banû Hammâd

  • Nom : Mosquée de la Qal‘a des Banû Hammâd
  • Lieu : Algérie, Monts du Hodna (wilaya de M’sila)
  • Date/période de construction :

    Trois phases : édification en 1007-1008, modifications dans la seconde moitié du XIe (1062-1089) , transformations dans le second ¼ du XIIe; restauration du minaret de la mosquée en 1974 ; 1976-1982, mise en place d’un plan de sauvegarde et de restauration du site par l’UNESCO ; 1987-1988, mission algéro-polonaise de restauration de la Qal‘a.

  • Matériaux de construction : Mortier de gypse, sable et chaux, brique, bois
  • Décor architectural : stuc, marbre, brique, mosaïque de céramique
  • Destinataire/mandataire : Pour la seconde phase de construction, l’émir Al-Nâsir (1062-1089) ou al-Mansûr (1062-1105)
  • Dimensions : 64 x 56m ; H. minaret : 25 m ; salle de prière : 53.5 x 34 m ; cour :53 x 27 m

La Grande Mosquée de la Qal‘a comportait une salle de prière divisée en treize nefs perpendiculaires au mur qibli, séparées par des arcades sur piliers reliés entre eux par des charpentes. La niche du mihrâb s'inscrivait dans le prolongement de la nef centrale, plus large que les autres. Les nefs ouvraient sur la cour pourvue d'une rangée de portiques par des baies. Dans l'axe du mihrâb, inclus dans le mur nord, se trouve un minaret construit sur un plan carré similaire à ceux de Syrie. Le minaret a peut-être également pour prototype celui de la Grande Mosquée de Kairouan. Seule la façade sud présente un décor, organisé en trois registres longitudinaux : des niches aveugles ou non, parfois achevées par des décors de coquille, ou au fond orné de mosaïque de céramique ou de croix modelées en stuc. La forme et le décor de ce minaret sont à mettre en lien avec les édifices contemporains de la Giralda de Séville et de la tour Hasan de Rabat.

La Grande Mosquée de la Qal‘a est située sur le versant sud d’un vaste coteau du mont Takerboust. Son plan offre des ressemblances avec ceux de la Grande Mosquée de Cordoue en Espagne et de Kairouan en Tunisie.

Dès sa première phase de construction, il semble que l’édifice ait comporté une salle de prière divisée en treize nefs perpendiculaires au mur qibli, séparées par des arcades sur piliers reliés entres eux par des charpentes. La niche du mihrâb s’inscrivait dans le prolongement de la nef centrale, plus large que les autres ; de part et d’autre de cette niche, deux entrées ouvraient l’une vers la salle où l’on conservait le minbar, l’autre vers les appartements de l’imam. Les nefs ouvraient sur la cour pourvue d’une rangée de portiques par des baies. Des tuyaux en céramique débouchaient de la cour jusqu’à la citerne, située sous le dallage de pierre de la cour, pour évacuer les eaux de pluie du toit de la salle de prière. Dans l’axe du mihrâb, inclus dans le mur nord, se trouvait un minaret construit sur un plan carré similaire à ceux de Syrie.

Durant la seconde phase de construction, un portique qui fait le tour de la cour fut ajouté et la façade de la salle de prière ouvrant sur celle-ci renforcée, notamment par la fermeture de certaines baies. Dans les angles de la cour, des édifices furent ajoutés : au nord-est une construction à deux pièces, à l’origine voûtée, dont les murs présentent des niches qui auraient pu servir à contenir des objets précieux, peut-être des livres ; au nord-ouest ce qui semble être une mîdha’, salles d’ablution composées de deux pièces munies de banquettes de pierre et d’un petit bassin. C’est certainement durant cette phase que fut construite la maqsûra trapézoïdale en avant du mihrâb avec trois nefs parallèles à celui-ci. Cet élément important était marqué au niveau du toit de l’édifice, peut-être par une coupole. Le minaret subit d’importantes modifications : son escalier de bois fut remplacé par un escalier maçonné et la cage d’escalier couverte d’une voûte en berceau. La face sud reçut un riche décor de céramique.

L’ultime phase de construction, réalisée avec des matériaux provenant de la démolition, appartient à la période du déclin de la ville. Elle bouscule l’ordonnancement et l’axialité initiale de l’édifice, donnant à la mosquée un profil similaire à certains édifices almohades comme la mosquée de Hasan à Rabat, ou celle d’al-Mansûr à Tlemcen (fin du XIIe siècle).

Le minaret de la Qal‘a a peut-être également pour prototype celui de la Grande Mosquée de Kairouan. Seule la façade sud présente un décor, organisé en trois registres longitudinaux qui accentuent la verticalité de l’édifice. Au centre se superposent des arcades, aveugles ou non, dont les formes varient du plein-cintre au brisé. De part et d’autre de ce registre, des niches aveugles parfois achevées par des décors de coquille, ou au fond orné de mosaïque de céramique ou de croix modelées en stuc, s’organisent symétriquement. Les premiers chercheurs on vu dans certains éléments du décor un lien avec le palais byzantin de Hebdomor. Les décors de coquille appartiennent au répertoire antique. Très présents au Maghreb, ils sont connus également en Égypte fatimide (mosquée al-Aqmar du Caire) et dans le monde iranien.

Peut-être faut-il restituer sur ce minaret un couronnement similaire à celui de la Kutubiyya[1]. Sa forme et son décor sont à mettre en lien avec les édifices contemporains de la Giralda de Séville et de la tour Hasan de Rabat, ou du minaret disparu de ‘Abd al-Rahmân III à Cordoue que l’on connaît par deux bas relief datés de 1562-1571, situés au dessus de l’une des portes de la mosquée de Cordoue : Santa Catalina[2].

NOTE

[1] Le minaret de la mosquée de la Kutubiyya à Marrakech présente un décor similaire de niches aveugles. Réalisé en 1153, son couronnement est fait d’un lanternon surmonté de merlons et couvert d’une coupole godronnée.

[2] Ce minaret édifié dans la première moitié du Xe siècle fut dépecé de son parement de pierre dès le XVe siècle, très abîmé en 1589 par un tremblement de terre et un ouragan, il disparu définitivement au XVIe siècle et fut remplacé par un clocher.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Beylié, L.M.E. de, La Kalaa des Beni-Hammad : une capitale berbère de l'Afrique du Nord au XIe siècle, Paris : E. Leroux, 1909.

Blanchet, P., « La kalaa des Beni Hammad », in Recueil des notices et mémoires de la Société Archéologique de Constantine, Constantine : L. Arnodet, 1898, p. 97.

 

Bourouiba, R., La Qal’a des Bani Hammad, Alger : Imprimerie officielle, 1975.

 

Golvin L. Recherches archéologiques à la Qalà des Banû Hammâd, Paris : G.P Maisonneuve et Larose, 1965, p. 161

Golvin, L.,  « Kal‘at Banî Hammâd » in Encyclopédie de l’Islam, t.IV, nouvelle édition, Leyde : E.J. Brill/Paris : Maisonneuve & Larose, 1998, p. 499-502.

La Qal’a des Bani Hammad : rapport de la mission polono-algérienne 1987-1988, vol.1, Varsovie : Éditions de la mission de conservation PKZ, 1990.

 

Marçais, G., « La kalaa des Béni Hammad », in Recueil des notices et mémoires de la Société Archéologique de Constantine, Constantine : L. Arnodet, 1908, p.161.

 

Saladin, H., « Note sur la kalaa des Béni Hammad », in Bulletin Archéologique, Paris : Imprimerie nationale, 1904, p. 243.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Bourouiba, R., L’art religieux musulman en Algérie, Alger : SNED, 1983.

Marçais, G., L’architecture musulmane d’occident : Tunisie, Algérie, Espagne et Sicile, Paris : Arts et Métiers Graphiques, 1957, p. 87.



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