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Grande Mosquée de Monastir

  • Nom : Grande Mosquée de Monastir
  • Lieu : Monastir, Tunisie
  • Date/période de construction : IXe siècle - Agrandissements : XIe , XVIe et XVIIIe siècles.
  • Matériaux de construction : Pierre, Marbre
  • Décor architectural : Sculpture sur pierre
  • Destinataire/mandataire : Inconnu
  • Inscriptions :

    Bandeau du mur ouest du mihrâb : « Au Nom de Dieu, le Bienfaiteur »

    Bandeau de la niche du mihrâb : « le Miséricordieux. Accomplis assidûment ta prière, Ne sois point parmi les insouciants (Cor. VII, 205)…Adore ton Seigneur jusqu’a ce que vienne à toi la certitude (Cor. XV, 99.)…En des oratoires que Dieu permit d’élever. »

    Bandeau du mur est du mihrâb : « Et dans lesquels Son nom est invoqué, dans lesquels il est glorifié, à l’aube et au crépuscule » (Cor. XXIV, 36).

Par son emplacement périphérique près de la côte, proche du ribât, ce lieu de prière rompt avec le principe traditionnel de l’urbanisme islamique où la Grande Mosquée est située au centre de la médina. L'architecture de la Grande Mosquée est marquée par sa sobriété. Les façades extérieures édifiées en pierre de taille sont animées par des niches, des arcs de la galerie et des colonnettes d’angle.

Comme de nombreuses mosquées tunisiennes, elle subit de nombreux agrandissements au cours des siècles. Elle est composée d’une salle de prière qui est le fruit de quatre phases différentes de construction. Au IXe siècle, cette salle n'était qu'un petit oratoire couvert de voûtes d’arêtes retombant sur des arcs en plein cintre outrepassés posés sur des piliers cruciformes. Ces piliers, inspirés de l'architecture des ribât, se retrouvent souvent dans l'architecture sahélienne[1], et se répandront au Maghreb à partir de l'époque almohade (1130-1269)[2].

Au XIe siècle, la salle a subi un agrandissement vers le sud-est avec l’ajout de trois nefs couvertes de voûtes d’arête soulagées par des arcs brisés outrepassés posés sur des colonnes. C’est de cette époque que date l’actuel mihrâb, décoré de motifs caractéristiques de l’époque ziride. Il est composé d’une niche semi-cylindrique surmontée d’un cul-de-four nervé dont l'arc de tête est brisé, outrepassé, et posé sur des colonnes surmontées de chapiteaux. La zone inférieure est ornée de niches à fond plat coiffées chacune d’un arc en plein cintre dans lequel s’inscrit une rosace ou une étoile. Elles sont surmontées de carrés posés sur la pointe décorés de motifs géométriques et floraux, selon un principe apparu au mihrâb[3]. de la Grande Mosquée de Kairouan et qui se diffusera au Caire dès l’époque fatimide Ce décor, similaire à celui du mihrâb de la Grande Mosquée de Mahdiyya, est complété par une frise épigraphique en kufique fleuri, qui apparaissait déjà au mihrâb de la Grande Mosquée de Kairouan. La même formule se retrouve dans le mihrâb de l’oratoire de la Sayyida (Monastir, IXe siècle) et se répandra en Égypte fatimide[4].

L'absence de coupole en avant du mihrâb constitue une exception dans l’architecture religieuse ifrîqiyenne médiévale. Le bâtiment reste ainsi fidèle à l'architecture des oratoires des ribât tunisiens, dont celui de Monastir (796) constitue le plus ancien exemple.

Les travaux d’agrandissement se poursuivirent à l’époque hafside, avec l’adjonction d’un minaret à base carrée, répandu à l’époque et hérité de l’architecture aghlabide. Deux nefs furent également ajoutées dans la partie nord-ouest. La salle de prière atteignit sa limite actuelle avec l’adjonction d’une galerie au cours du XVIIIe siècle. L'introduction d'arcades dans les murs le long de la façade extérieure constitue une innovation qui dénote l'influence ottomane alors en vigueur en Tunisie, que l’on peut aussi observer dans la mosquée Hamouda Bacha (Tunis, 1655) et dans la galerie de la façade de la mosquée Zitouna (Tunis).

NOTE

[1] Grande Mosquée de Sousse (851), Grande Mosquée de Mahdiyya (Xe siècle).

[2] Grande Mosquée de Tlemcen (Maroc, 1136), Mosquée al-Qarawiyyîn de Fès (Maroc, 1135), Grande Mosquée de Meknès (Maroc, 1199-1213).

[3] Mosquée d’al-Hâkim (960) et d’al-Aqmar (1125).

[4] Mihrâb du mausolée de Sayyida Ruqayya, Le Caire, (1133).

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Bachrouche, T., « Le Sahel, Essai de définition d’un espace  citadin », Les cahiers de Tunisie, n° 137-138, 3è et 4è trimestre, 1986, p. 228.

Marçais, G., L’architecture musulmane d’Occident, Paris, 1954, AMG.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Golvin L., Essai sur l’architecture religieuse musulmane, t.III et IV, Paris, 1974, Klincksieck.

Hautecoeur L., Wiet, G., Les mosquées du Caire, Paris, 1932, Librairie Ernest Leroux.



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