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La « Byzantine du Louvre »

  • Titre / dénomination : La « Byzantine du Louvre »
  • Auteur : Philippe Labbé (1607-1667), Charles Du Cange (1610-1688) et autres érudits hellénistes et religieux
  • Lieu de production : Paris, France
  • Date / période : XVIIe siècle
  • Matériaux et techniques : Livres imprimés
  • Ville de conservation : Paris
  • Lieu de conservation : Musée du Louvre

Les Français ont joué un rôle fondamental dans l’émergence des études byzantines au XVIIe siècle. Un intérêt politique immédiat est à la source de cette initiative. Alors que Louis XIV fait préparer des plans de conquête de l’Empire ottoman, les érudits recherchent dans l’Histoire des éléments permettant aux Français de revendiquer des droits sur le trône de Constantinople. Ils les trouvent dans le lien familial qui unit les Valois, dont descendent les Bourbons, et les empereurs latins de Constantinople, et le mettent en avant pour asseoir les prétentions impériales du Roi Soleil tant sur l’Orient que sur l’Occident. La science est appelée à expliquer l’histoire de l’Empire de Byzance de manière à légitimer les droits du roi de France sur le titre impérial aux dépens des sultans ottomans et des Habsbourgs qui détenaient toujours le titre d’empereur du Saint Empire Romain Germanique. Ces facteurs politiques mènent à la redécouverte de Byzance.

Le premier geste de cette entreprise est l’édition de textes, notamment de sources narratives, d’historiens et de chroniqueurs du IVe au XVe siècle. Il s’agit de publications de prestige, subventionnées par le roi Louis XIV, et sortant de l’Imprimerie royale installée au palais du Louvre. La première grande collection de sources relatives à l’histoire de l’Empire grec d’Orient est la collection dite « Byzantine du Louvre ». Cet ample programme d’édition, publié par le jésuite Philippe Labbé (1607-1667) en 1648 sous le titre De byzantinae historiae scriptoribus ad omnes per orbem eruditor protreptikon, comprend une liste de trente-deux numéros dont les vingt-six premiers sont donnés comme certains. Des érudits hellénistes et religieux sont chargés de rassembler les plus célèbres textes d’historiens byzantins. Ils préparent une édition bilingue, en grec et en latin, munie de commentaires, et la publient en grands volumes in-folio luxueusement imprimés. Le programme est complété par les œuvres d’érudition de Charles Du Cange (1610-1688) : l’Historia Byzantina publiée en 1680, et le Glossarium de 1688, dictionnaire encore utilisé de nos jours. Les derniers volumes de la « Byzantine du Louvre » paraissent dans les premières années du XVIIIe siècle, avec l’édition de Nicéphore Grégoras par Jean Boivin en 1702. Sous le règne de Louis XV, le pouvoir politique n’apporte plus son soutien aux grandes publications érudites de type historique.

L’engouement des savants pour Byzance à partir des années 1640, est le reflet de l’intérêt de la monarchie pour l’idée impériale. Les publications de la « Byzantine du Louvre » sont un instrument au service de la gloire du roi ; elles permettent également d’affirmer la prééminence de la science française. Charles Du Cange ouvre sa carrière de byzantiniste en 1658 par l'édition du texte de la conquête de Constantinople par Geoffroi de Villehardouin. Attaché à la « Byzantine du Louvre », ce récit est directement lié au projet impérial de Louis XIV. Dans Histoire de l’empire de Constantinople sous les empereurs françois, imprimée à l’Imprimerie royale et dédiée à Louis XIV, Du Cange encourageait le jeune souverain à entreprendre une nouvelle conquête de Constantinople.

Les premiers byzantinistes français sont des auxiliaires de la royauté. Toutefois, leur œuvre survit à l’idéologie qui les utilise et constitue le fondement des recherches modernes sur le monde byzantin.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Auzepy, M-F., Grelois, J.-P., Byzance retrouvée. Erudits et voyageur français (XVIe-XVIIIe siècle), cat. exp., Paris, 2001, Publications de la Sorbonne, p. 70-92.

Spieser, J.-M., « Ducange and Byzantium », in Through the Looking-Glass: Byzantium through British Eyes, Aldershot, 2000, Ashgate, « Society of the promotion of byzantine studies », p. 199-210.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Pertusi, A., Storiografia Umanistica e Mondo Bizantino, Palerme, 1967, Lavagnini Bruno, « Publicazioni dell’instituto siciliano di studi bizantini e neoellenici, Quaderni n°5 ».



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