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La Martorana

Sainte-Marie-de-l'Amiral

Santa Maria dell'Ammiraglio

  • Nom : La Martorana
  • Lieu : Palerme, Sicile
  • Date/période de construction : XIIe siècle
  • Matériaux de construction : Pierre
  • Décor architectural : Sculpture architecturale, mosaïques avec tesselles en pâte de verre
  • Destinataire/mandataire : George d'Antioche

L’église de Sainte-Marie-de-l’Amiral qui se trouve sur la place Bellini à Palerme fut construite par George d’Antioche, amiral grec orthodoxe né en Syrie, principal ministre de Roger II (1101-1154). La présence en Sicile de cet homme, à la carrière militaire et administrative brillante, est attestée dès 1114.

L’église n’est pas datée avec précision, mais une inscription en arabe et en grec, datée de mai 1143, parle de la construction au passé et indique des embellissements. La décoration en mosaïque fut donc probablement entreprise quelques années après 1143 et terminée avant la mort de George d’Antioche, avant 1151. En 1193, le couvent bénédictin de la Martorana, nom donné par son fondateur Goffridus de Marturana, s’implante à côté de l’église. Celle-ci fut intégrée au couvent en 1433/1434 et prit alors le nom de Martorana.

Sainte-Marie de l’Amiral est une église en croix grecque inscrite. Quatre colonnes portent la coupole centrale. À l’est se trouvent trois absides semi-circulaires et saillantes, la principale constituant le sanctuaire. L’entrée, en principe à l’ouest, était probablement constituée de trois portes, mais cette partie n’a pas été conservée. Dans le narthex, qui était également situé de ce côté de l’église, se trouvait probablement la tombe du fondateur et de sa femme.

Cette église a servi aux rites liturgiques orthodoxes du clergé grec de Sicile. Elle présente un plan et un décor inspirés de l’art byzantin, mais la forme des arcs, le type des voûtes et le système de couverture s’écartent de ce modèle. La structure générale de l’édifice doit en effet être mise en rapport avec les constructions siciliennes du XIIe siècle à Palerme et dans ses alentours. D’autre part, la coupole sur trompes ne se retrouve pas exclusivement dans l’aire byzantine, mais aussi souvent dans des édifices islamiques. La structure des murs extérieurs, dotés de niches peu profondes, dont les fenêtres sont encadrées par une série d’arcs concentriques, trouve aussi des parallèles dans la tradition islamique.

Au XIIIe siècle, un campanile est édifié, de plan carré, s’inspirant des traditions architecturales normandes, notamment pour les tourelles d’angles ornées de colonnes.

À la fin du XVIe siècle des transformations importantes furent réalisée : toute la partie ouest de l’édifice fut détruite. De nouvelles annexes furent ajoutées, ce qui doubla la longueur de l’église. Entre 1683 et le milieu du XVIIIe siècle des ajouts de style baroque modifièrent la décoration de l’église. On y ajouta également la chapelle dédiée à sainte Bénédicte et une sacristie à l’est. L’abside centrale originale fut détruite, et remplacée par un cappellone.

Le programme iconographique, réalisé en mosaïque, s’inspire très fortement de modèles byzantins. Néanmoins, une inscription islamisante court à la base de la coupole : peinte en blanc sur un fond bleu turquoise, elle mentionne un hymne de la liturgie byzantine traduit en arabe, langue maternelle de Georges d’Antioche.

Dans les années 1720, des marbres et des fresques donnent à l’église un style baroque. Des mosaïques originelles demeurent cependant en place, notamment la représentation du roi Roger II (1095-1154), également impliqué dans la construction de cette église, figuré en costume impérial byzantin.

En 1870, l’église fut entièrement restaurée par Giuseppe Patricolo membre de la Commissione di Antichità e Belle Arti, qui avait pour but de rendre à l’église son état du XIIe siècle. Il enleva et détruisit une série de structures postérieures à cette date. Sa méthode de restauration fit l’objet de fortes critiques par la suite.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Kitzinger, E., « The Mosaics of St. Mary's of the Admiral in Palermo », Dumbarton Oaks Studies, 27, 1990.



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