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Dâr Khidawaj al-Amia

  • Nom : Dâr Khidawaj al-Amia
  • Lieu : Algérie, Alger, Basse qasaba
  • Date/période de construction : 1575
  • Matériaux de construction : Brique, pierre, marbre, plâtre
  • Décor architectural : céramique, bronze, verre, bois peint
  • Destinataire/mandataire : Yahyâ Râ’is
  • Dimensions : 800m2

Le palais se compose de trois unités édifiées sur trois niveaux. L’entrée de la maison mène à un couloir coudé, qui permet de préserver l’intimité familiale, solution architecturale déjà connue dans l’Antiquité, en Égypte, en Mésopotamie, en Grèce et dans les maisons romaines de l’Afrique du Nord. Cette entrée aboutit à une courette  bordée de pièces de logement. Les chambres des étages obéissent au schéma de l’organisation spatiale tripartite (un espace central plus profond et deux espaces latéraux). Cette disposition apparaît pour la première fois en Afrique du Nord à Sédrata au sud de l’Algérie, mais des variations analogues se rencontrent à Palerme aux palais de la Ziza et de la Cuba (XIIe siècle) et en Andalousie (Madinat al-Zahra).

Comme toutes les demeures d’Alger, Dâr Khidawaj al-Amia adopte un plan de maison maghrébine s’articulant autour du noyau central dont les origines remontent à la haute Antiquité. Il existe une alcôve dans la salle d’honneur du troisième niveau, (le mot européen « alcôve » dérive du mot arabe al-qubba (coupole) qui, par extension, désigne une pièce au plan en T, déjà connu dans l’Antiquité et très diffusée dans les maisons maghrébines). On retrouve l’escalier arabe typique pris « entre murs », à volées droites comme en Europe jusqu'à une certaine période, couvertes de voûtes à croisées d’ogives. L’allège des fenêtres est basse en parfaite harmonie avec la station assise prés du sol, comme dans les maisons du Yémen. Les arcs en plein-cintre de la porte d’entrée retombent sur deux piédroits affectant l’allure des pilastres de la renaissance italienne.

La porte « pensée ouverte » est utilisée dans toutes les pièces qui donnent sur les galeries, obéissant au même principe qu’au Maroc et en Andalousie. Ces portes sous galeries présentent une ouverture de leurs battants vers l’extérieur et leurs vantaux s’escamotent en se repliant totalement hors de la pièce. Ce système de porte caractérise l’architecture de l’Ouest maghrébin et andalou. Les portiques sont présents ici comme dans les autres palais. Ils remontent à la haute Antiquité : on les retrouve dans le domaine public (cours des temples égyptiens, agoras grecques, péristyles des temples grecs et romains …). Ces portiques ont été repris, de tous temps, même dans l’Europe moderne (la rue de Rivoli à Paris par exemple).

On note de nombreuses influences européennes dans le décor, notamment l’entrée et ses banquettes plaquées de beau marbre italien et ornées de triples colonnettes. Les colonnes du palais sont de modèle italien et les chapiteaux qui les ornent sont en marbre ornés de reliefs sculptés dans le style des chapiteaux du monde antique et la Renaissance italienne. Le grand salon du troisième étage a été redécoré après 1830 afin d’abriter la mairie d’Alger. Le sol carrelé fut remplacé par un parquet en bois et les plafonds remodelés dans une surcharge de stucs. Des carreaux de céramique tunisienne, espagnole, hollandaise ont été importés pour orner les murs de l’entrée et des pièces des étages : on y retrouve la fameuse « palmette » de Valence et la série des voiliers en cercles spécialement conçue à Delft pour Alger. Les boiseries du palais sont peintes dans un style oriental.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Cresti, F., Contributions à l'histoire d'Alger, Rome : 1993.

Golvin, L., Palais et demeures d’Alger à la période Ottomane, Aix-en-Provence : Édisud, 1988.

Marçais, G., Maisons et villas d’Alger, Documents Algériens, février 1948.
Missoum, S., Alger à l’époque ottomane, la médina et la maison traditionnelle, Aix-en-Provence : Édisud, 2003.

Ravéreau, A., La Casbah d’Alger, et le site créa la ville, Paris : Sindbad, 2006.

Souidi, D. (dir.), Feuillets d’El-Djezaïr, Blida : Éd. du Tell, « Histoire et patrimoine », t. I, p. 123-124, 2003.



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