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Bains de Cefalà Diana

  • Nom : Bains de Cefalà Diana
  • Lieu : Sicile, 30 km environ au sud de Palerme
  • Date/période de construction :   Différentes phases entre la période normande (mi XIe-fin XIIe siècle) et le XIXe siècle (avec indices d’occupation antérieure)
  • Matériaux de construction : Moellons de calcaire, pierres liées au mortier, briques cuites
  • Décor architectural : Pierre sculptée
  • Destinataire/mandataire : Inconnu
  • Auteur : Inconnu
  • Dimensions : 16 x 10 m
  • Inscriptions :

    Indéchiffrables

    Mention obligatoire : Le complexe monumental, propriété publique, relève du Domaine de la Regione Siciliana, section « Monuments et histoire de l’art ». La tutelle scientifique et administrative du monument est donc confiée à la Soprintendenza per i Beni Culturali e Ambientali de Palerme, sous la direction de laquelle les fouilles et les restaurations ont été menées.

  • Restauration :

    Dans les années 1980, restauration très intrusive (notamment d’un point de vue structurel puisque des étais métalliques ont été introduits au niveau des fondations), et à partir des années 1990, seconde restauration qui a intéressé l’ensemble du complexe et s’est accompagnée de fouilles archéologiques.

L’édifice thermal de Cefalà relève de la typologie de la hamma, qui désigne en arabe une source d’eau naturellement chaude (ici 35,8°-38°C), souvent curative, sur laquelle peuvent s’élever des bains, à distinguer du hammam qui prévoit le chauffage de l’eau.

Situé au cœur d’un ensemble comprenant deux édifices plus tardifs et un moulin, le bâtiment suit un plan quadrangulaire. Des fouilles ont établi que la source a été exploitée dès la période islamique (IXe-XIe siècle), probablement grâce à une construction plus limitée, attestant ainsi l’essor des pratiques thermales dans un contexte islamique, en Sicile comme ailleurs (notamment en al-Andalus). La monumentalisation de la source date toutefois des XIe-XIIe[1], démontrant le goût des élites insulaires pour une activité qui combinait détente et vertu médicale. Ce lieu d’étape, localisé sur une route importante allant de Palerme à Agrigente, a ensuite été fréquenté continûment jusqu’au siècle passé, ce qui explique l’utilisation de solutions architecturales et formelles très diverses renvoyant à plusieurs phases constructives.

La partie méridionale de l’édifice s’appuie sur un banc rocheux plus élevé d’au moins trois mètres par rapport au niveau de circulation du complexe. Elle comprend un espace voûté qui englobe la source thermale et par lequel l’eau pénètre dans l’édifice.

 Orientés grossièrement selon un axe sud-ouest/nord-est, les bains sont aujourd’hui pourvus de deux entrées. Au nord, se situe l’entrée principale, probablement unique à l’origine et distincte de toutes les autres, tandis qu’une seconde porte s’ouvre au centre du mur ouest. Toutes les ouvertures de l’édifice sont caractérisées par la présence de briques en terre cuite qui constituent chambranles et linteaux[2].

Une frise épigraphique (kufique fleuri) court sur les façades ouest, nord et est. Elle est encadrée par une corniche inférieure ornée d’un motif à palmettes et une corniche supérieure ornée d’un entrelacs végétal. Jusqu’à la cote de la frise (3,80 m env.), l’épaisseur des murs périmétraux, construits en blocs de pierre et mortier, est notable (1,30 m env.). La trame murale est caractérisée par des lignes de briques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et les angles extérieurs, robustes, sont également en briques. Sur cette base s’appuie une frise en blocs de calcaire, localisée quasiment au même niveau que l’imposte de la voûte qui couvre l’édifice. Au dessus de la frise épigraphique, l’élévation des murs, d’une épaisseur notablement réduite, semble entièrement formée de petits blocs de calcarénite, autant que les interventions modernes permettent de l’affirmer.

Un mur, constitué de trois arcs reposant sur deux colonnes en marbre pourvues de coussinets et de chapiteaux en terre cuite, divise nettement l’intérieur de l’édifice en deux parties de dimensions inégales.

La partie méridionale, plus petite, est couverte de deux voûtes en berceau en briques distinctes. Elle abrite actuellement une piscine, à laquelle on accède latéralement par des marches, et un espace —situé en arrière de la piscine— qui englobe la source thermale et inclut, au fond, trois marches qui reposent directement sur l’éperon rocheux d’où coulait l’eau chaude.

Vers le nord, le mur à trois arcs délimite une deuxième zone, plus longue que la précédente et comprenant aujourd’hui trois piscines, nées de la tripartition d’un seul grand bassin originel. Celui-ci est couvert d’une voûte en ogive qui, construite en moellons de calcarénite et pourvue de bouches d’aération, diffère par sa construction de celles de la zone sud. Des niches en brique, aménagées dans l’épaisseur des murs, sont disposées symétriquement de chaque côté de l’édifice.

NOTE

[1] Le commanditaire, inconnu, évoluait probablement à la cour des Hauteville (comme le suggèrent à la fois les caractéristiques de l’édifice et un document daté de 1242).

[2] Seule la porte nord n’est pas concernée par ce dernier trait puisque sa partie supérieure dessine un arc.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Bagnera, A., « Le cosiddette ‘Terme Arabe’ di Cefalà Diana (Palermo): relazione preliminare sulle indagini archeologiche », in Terze Giornate Internazionali di Studi sull’Area Elima, Pise, 2000, p. 57-78

Bagnera, A.,  « L’Islam e le terme di Cefalà Diana. Nuovi dati archeologici e questioni aperte », in Fontana, M.V. ; Genito, B. (éds), Studi in onore di Umberto Scerrato per il suo settantacinquesimo compleanno, Naples, 2003, p. 35-76

Bagnera, A. ; Nef, A., « Les bains de Cefalà (prov. de Palerme) : contexte historique et fonctions », in Guérin-Beauvois, M. ; Martin, J.M. (éds), Bains hygiéniques et bains thérapeutiques de l’Antiquité au Moyen Age, Collection de l’École française de Rome, 383, Rome, 2007, p. 263-308

Brancato, F.S., I Bagni di Cefalà Diana, Palerme, 1982

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Cressier, P., « Prendre les eaux en al-Andalus. Pratique et fréquentation de la hamma », in Le bain : espaces et pratiques, Médiévales, 43, 2002, p. 41-54

Cressier, P., « Le bain thermal (al-hamma) en al-Andalus. L’exemple de la province d’Almería », in La maîtrise de l’eau en al-Andalus. Paysages, pratiques et techniques, Collection de la Casa de Velazquez, Madrid : éd. P. Cressier, 2006, p. 149-208

Termalismo Antiguo. Actas del I Congreso Peninsular (Arnedillo, 3-5 oct. 1996), Madrid : éd. M.J. Pérex Agorreta, 1997



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