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Gerbert d’Aurillac

  • Titre / dénomination : Gerbert d’Aurillac

Gerbert d’Aurillac, d’Aquitaine ou de de Reims est un théologien et savant mathématicien devenu pape sous le nom de Sylvestre II (999-1003).

Né entre 938 et 950 en Aquitaine d’une humble famille de paysans, Gerbert fait ses études comme novice à l’abbaye bénédictine de Saint Géraud d’Aurillac où il serait entré comme oblat[1]. Il y étudie tout d’abord sous la conduite de Raymond de Lavaur, jusqu’à ce que le Comte Borrell II de Barcelone de passage dans l’abbaye, intéressé par ce brillant étudiant, l’emmène avec lui et le confie à Hatton, évêque de Vich, féru de mathématique et d’astronomie.

Gerbert poursuit alors ses études dans les abbayes de Vich et de Ripoll où il parfait ses connaissances des arts libéraux : trivium – grammaire, dialectique, rhétorique – et quadrivium[2] – arithmétique, musique, géométrie et astronomie.

Même si le chroniqueur du XIe siècle Adhémar de Chabannes mentionne un voyage de Gerbert à Cordoue à la cour du califat omeyyade (point de départ de légendes rapportant qu’il parcourut également les villes de Séville et même de Fès (Maroc)), plus vraisemblablement c’est au monastère de Santa Maria de Ripoll – « exemple saisissant de la greffe d’éléments arabes sur la tradition isidorienne » - que lui est enseigné le système de numération décimale et les méthodes de calcul d’origine indienne recueillis dans l’Espagne musulmane par Hatton, la petite ville de Ripoll ayant servi d’intermédiaire entre les mondes chrétien et musulman.

De son séjour en Catalogne, alors en contact étroit avec la civilisation musulmane, Gerbert accède peut-être aux connaissances qui s’y sont développées sous les ors du califat de Cordoue : établissement des tables astronomiques, usage des chiffres dits arabes, du zéro, de l’algèbre, et enfin perfectionnement de l’astrolabe par Maslama al-Majrîtî, instrument dont la diffusion en Occident latin date de ses années…

Après trois années d’études riches en enseignements, il accompagne une délégation catalane menée par le comte Borrel à Rome où il fait la connaissance du pape Jean XIII, mais aussi de l’empereur romain germanique Othon Ier. Il passe quelque mois dans la cité latine et assiste au mariage du fils de l’empereur, Othon II avec la princesse byzantine Théophano dont il devient le précepteur.

Il y rencontre également l’archidiacre de Reims, Gerannus, en ambassade pour le roi de France qui le convainc de l’accompagner à Reims où conquis par son intelligence, l’archevêque Adalbéron lui donne la direction de son collège, avec titre d’écolâtre. Il y enseigne aussi bien les auteurs anciens, qu’il remet à l’honneur tels Virgile, Horace, Térence et Lucain, que la rhétorique, la dialectique et l’ensemble des arts libéraux.

On attribue ainsi à Gerbert l’introduction, outre les textes d’auteur tel Aristote, l’invention de l’abaque dite de Gerbert où les jetons multiples sont remplacés par un jeton unique portant comme étiquette un chiffre arabe… certainement grâce aux connaissances acquises au contact des savants arabes en Catalogne, mais également la fabrication de globe terrestre, peut-être d’orgue, voire d’horloge par l’invention du balancier

Suite à la controverse de Ravenne, Gerbert est ensuite nommé abbé de Bobbio, l’un des plus prestigieux monastères d’Occident, par Othon II qui décède peu après poussant finalement Gerbert à retourner à Reims.

Là, il enseigne à des élèves prestigieux tels Fulbert de Chartres, Richer et Robert le Pieux, fils d’Hughes Capet, fondant son apprentissage à la fois sur la théorique et la pratique.

Il devient alors secrétaire du nouveau roi de France dont son maître Adalbéron a favorisé l’élection. Participant des querelles politico-diplomatiques du temps, il est finalement élu pape en 999, à la mort de Grégoire V. Il prend le nom de Sylvestre II en référence à Sylvestre Ier, évêque de Rome au moment du couronnement de Constantin Ier.

NOTE

[1] Un oblat, du latin oblatus, offert, désigne au Moyen Age les enfants consacré à Dieu et donnés à un monastère par leurs parents pour y être élevés dans la discipline ecclésiastique. Le terme peut également désigner une personne qui s’est agrégée à une communauté religieuse après lui avoir fait don de ses biens.

[2] Trivium et quadrivium, désignent littéralement les « trois voies » pour les arts de la parole et les « quatre voies » pour les arts mathématiques et regroupent les sept arts libéraux basés sur le système d’éducation hérité de l’Antiquité grecque et romaine. Leur classement trouve leur origine dans les auteurs du Ve et VIe siècles : Martianus Capella, Cassiodore et Boèce.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Riché P., Gerbert d’Aurillac, le pape de l’an mil, Paris, Arthème Fayard, 2006

Duby G., L’An Mil, Paris, Julliard, 1967

Ouaknin M. –A., Le Mystère des chiffres, Assouline, Paris, 2004



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