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Traité d’astronomie, Almageste ?

  • Titre / dénomination : Traité d’astronomie, Almageste ?
  • Lieu de découverte : Maroc, Fès
  • Date / période : XVIe-XVIIe siècles
  • Matériaux et techniques : Papier, encres, couleurs
  • Dimensions : 16 folio, 18 lignes par page ; H. 24 cm ; L. 18 cm
  • Ville de conservation : Fès
  • Lieu de conservation : Bibliothèque al-Qarawiyyîn
  • Numéro d'inventaire : 654

Ce manuscrit est un traité d’astronomie dont il ne subsiste que trente-deux pages. Il est réalisé dans une écriture régulière maghrébine raffinée, tracée à l’encre brune, passée avec le temps. Bien que les marques de vocalisation ne soient pas présentes dans le texte du manuscrit, le copiste se sert systématiquement des consonnes alif, waw et ya comme marques de vocalisation, ainsi que des points diacritiques qui permettent de distinguer les lettres. Les signes orthoépiques, qui notent différentes particularités phonétiques comme la wasla (marque d’élision d’une voyelle) ou la shadda (indique le redoublement d’une consonne), y figurent partiellement. Il semble que ce traité soit dépourvu de décor : seules quelques figures géométriques tracées en rouge, ainsi que des annotations marginales en vert agrémentent cet ouvrage scientifique.

On pense que ce traité complexe pourrait être une traduction du célèbre ouvrage de Ptolémée, rédigé au IIe siècle de notre ère sous le titre de Suntaksis et qui regroupe la somme des connaissances concernant l’astronomie grecque. L’œuvre est connue sous le nom arabe d’Almageste. Ptolémée y conserve les théories d’Hipparque, complétées par les observations des astronomes qui se sont succédés à son époque ainsi que par sa théorie du mouvement des astres (géocentrisme), connue sous le nom de « système de Ptolémée ». Le livre présente également un traité complet de trigonométrie plane et sphérique, ainsi qu’une description des instruments nécessaires à l’observation des astres, la mesure de leur mouvement et la description de leurs trajectoires. Cette œuvre fut copiée de nombreuses fois au cours des siècles, passant du grec à l’arabe puis au latin. Son importance fut reconnue très tôt en terre d’Islam et l’ouvrage diffusé à travers tout le Bassin méditerranéen. Selon, Hâjjî Khalîfa[1], il existait trois traductions différentes de l’Almageste : la première était celle d’al-Hajjâj (traducteur qui vécut à Baghdad, mort en 714), la seconde celle de Ishâq ibn Hunayn (fils d’un important transmetteur de la science arabe, d’origine chrétienne, qui traduisit de nombreux ouvrages en syriaque, mort en 910), et la troisième celle de Thâbit ibn Qurra (mathématicien, médecin et philosophe du IXe siècle).

Depuis la prise d’Alexandrie en 642, des traductions constantes furent réalisées dans le monde musulman, soutenues par des politiques califales. Celle du calife abbaside al-Mam’ûn (r. 813-833) permit d’insuffler une nouvelle aire dans la traduction, conduisant à un âge d’or entre les IXe et XIe siècles. Outre des ouvrages persans et indiens, souvent très prisés pour leurs qualités littéraires et poétiques, ce sont les ouvrages grecs qui ont retenu toute l’attention des savants musulmans. Les traductions arabes laissent d’ailleurs de côtés les pièces de théâtre, se concentrant sur les ouvrages philosophiques et scientifiques. Grâce à ces nombreuses traductions, copiées dans l’ensemble du monde musulman (notamment en Ifriqiyia et en al-Andalus), ces ouvrages pénètrent en Occident : ils y furent traduits en latin, parfois par des traducteurs musulmans, juifs ou chrétiens.

La science dans le monde musulman s’est trouvée au confluent de plusieurs traditions, indienne, persane et grecque. Cependant, c’est la culture gréco-hellénique qui joua un rôle prédominant, concourant à faire émerger l’astronomie comme une science à part entière, distincte de l’astrologie avec laquelle elle se confondait jusqu’alors.

NOTE

[1] Historien, savant et géographe du XVIIe siècle de l’empire ottoman.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

الفاسي، محمد العابد. فهرس مخطوطات خزانة القرويين، مج. 2، الدار البيضاء، 1979

حاجي خليفة، مصطفى. كتاب كشف الظنون عن أسماء الكتب والفنون، مج. 2، إسطنبول،1941- 1943

De l’empire romain aux villes impériales : 6000 ans d’art au Maroc, (cat. exp., Paris, musée du Petit Palais, 1990), Paris : Paris-Musées, 1990.

Maroc, les trésors du royaume (cat. exp., Paris, Musée du Petit Palais, 1999), Paris : Paris- Musées, 1999, p. 133.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Baker, M., Routledge Encyclopedia of Translation Studies, Londres : Routledge, 1998, p. 319-321.

Plessner, M., « Batlamiyûs » in Encyclopédie de l’Islam, t. I, nouvelle édition, Leyde/Paris : E. J. Brill/Maisonneuve & Larose, 1998, p. 1133-1135.

Saliba, G., « L’Astronomie arabe », in L’âge d’or des sciences arabes, (cat. exp., Paris, Institut du monde arabe, 2005 – 2006), Paris : Actes Sud/Institut du monde arabe, 2006, p. 53-67.



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