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Château de Mseilha

  • Nom : Château de Mseilha
  • Lieu : Près de Batroun, Liban
  • Date/période de construction : XIIe et XVIIe siècles
  • Matériaux de construction : Pierre
  • Dimensions : 40 x 10 m

Situé près de la petite ville de Batroun, sur la route au nord de Beyrouth qui mène vers Tripoli par la vallée de Nahr al-Jawz[1], le site du château de Mseilha était connu à l’époque des Croisés sous le nom de Puy du Connétable, ou Passe-Saint-Guillaume. La tradition locale attribue la construction de l’édifice à l’émir Fakhr al-Dîn (1572-1632), vers 1624, période durant laquelle il se révoltait contre le pouvoir ottoman, mais aucune source historique ne le corrobore.

 Le château est perché sur un piton rocheux orienté est-ouest, qui contrôle le débouché de la vallée du Nahr al-Jawz. Il comporte deux ensembles compacts : un bloc oriental avec des murs de un à deux mètres d’épaisseur, et un bloc occidental, situé légèrement plus bas. Des escaliers aménagés dans le rocher donnent accès au nord. La porte, équipée d’un assommoir et flanquée d’une archère, s’ouvre sur une étroite cour. Des vestiges, probablement d’une chapelle, se trouvent dans l’angle sud-est du bâtiment sud. Les fentes de tir sont concentrées à l’angle sud-ouest, surveillant le passage de la vallée vers le sud.

Sans doute ce rocher isolé porta-t-il, à toute époque, une fortification. Sa position stratégique expliquerait l’attribution de ce fief au connétable de Tripoli, personnage important du comté, dont le premier connu est un certain Guillaume en 1106. Cette seigneurie se maintiendra jusqu’en 1278. L’analogie entre le castrum constabularisi donné en 1109 par Bertrand de Saint-Gilles à l’Église Saint-Laurent de Gênes, et par Guillaume de Farabel, connétable de Tripoli et seigneur du Puy (dit du connétable) en 1277, incite à identifier ces mentions avec le piton fortifié de Mseilha. La désignation dans le midi pyrénéen de sites similaires par les termes « pog » ou « puy » pourrait aussi confirmer l’origine croisée. En outre, l’aménagement de Mseilha en deux ensembles compacts n’est pas sans rappeler les châteaux cathares de Monségur ou Vivioures dans le sud de la France.

D’après les chercheurs, les vestiges conservés présentent un aspect extérieur homogène, datant probablement de l’époque ottomane, ce qui confirmerait la date traditionnelle du XVIIe siècle. Cependant, la présence de plusieurs types de chambres de tir à archères indique aussi des remaniements successifs. Les fentes de tir innombrables ressemblent soit à des archères, telles qu’il en existe dans tous les châteaux croisés et musulmans, soit à des embrasures pour armes à feu, dépourvues de longues fentes. Tout contribue donc à attribuer ce site à la période des Croisés.

NOTE

[1] « le fleuve des noix ».

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Nordiguian, L., Voisin, J.-C., Châteaux et Eglises du Moyen-Âge au Liban, Beyrouth, 1999, Éditions Terre du Liban.

 

Salame-Sarkis, H., « Le château de Musayliha », in Annales d’Histoire et d’Archéologie de l’Université Saint-Joseph, 5, 1986, p. 45-64.

 



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