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Dâr Hasan Pacha

  • Nom : Dâr Hasan Pacha
  • Lieu : Algérie, Alger
  • Date/période de construction : 1791
  • Matériaux de construction : Brique, calcaire, tuf
  • Décor architectural : marbre, céramique, bois, bronze, verre
  • Destinataire/mandataire : Dey d’Alger Hasan Pacha
  • Traduction-inscriptions :

    A merveille ! C’est un palais que Hasan Pacha a bâti avec empressement et générosité, comme un Éden de plaisir. Il l’a revêtu d’élégance et de beauté pour qui le regardera et il en a terminé le seuil en toute joie et félicité. Année 1111.

  • Restauration :

    En 1999 une opération de restauration du palais a été menée par l’Agence Nationale d’Archéologie.  

Ce palais de plan maghrébin aux remaniements de style néogothique et orientaliste datant de l’époque coloniale est un bel exemple de l’architecture civile d’Alger de la fin du XVIIIe siècle.

L’élément principal de cet édifice est la cour centrale autour de laquelle s’ordonnent toutes les salles. Ce patio central s’organise sur deux niveaux et deux unités. La façade principale, de style néogothique à fenêtres ogivales encadrées de colonnes avec un grand portail en marbre donne sur un hall d’entrée suivit d’une longue pièce en chicane sur laquelle se greffe un escalier monumental. Depuis la haute Antiquité, à Kerkouane en Tunisie (VIe siècle avant notre ère) comme à Priène en Grèce, on a utilisé des entrées en chicane, tant dans l’architecture civile que militaire, afin de préserver les habitants des regards extérieurs.

Le patio central est entouré de portiques, à l’instar des demeures islamiques, elles-mêmes inspirées de la maison romaine et bien avant encore des maisons antiques de Mésopotamie, de Phénicie et de Grèce. Sous les quatre galeries s’ouvraient plusieurs pièces dont l’une munie d’une alcôve, certainement le grand  salon de réception. Le défoncement médian des chambres dans les demeures algéroises est un apport oriental, lointain dérivé de l’îwân iranien. Les pièces s’ouvrent sur les galeries avec des portes « pensée ouverte », c’est-à-dire qui présentent une ouverture de leurs battants vers l’extérieur et dont les vantaux s’escamotent en se repliant totalement hors de la pièce ; on les retrouve au Maroc et en Andalousie. Ce système de galeries avec la porte « pensée ouverte » des appartements, indissociable du portique qui la protège, caractérise l’Ouest maghrébin et l’Andalousie en opposition à la Tunisie et l’Orient.

Le patio présente des arcades brisées outrepassées retombant sur des colonnes torses en marbre de modèle italien. À Alger, l’arc outrepassé est brisé ce qui lui confère, au contraire de l'arc plein cintre, une plus grande souplesse d'adaptation dans la mesure où les écartements entre colonnes varient et où le terrain n’est pas toujours régulier. Les portes des cages d’escaliers et des communs sont équipées de chambranles de marbre comme les portes le la Renaissance italienne. On note l’utilisation d’escaliers à volée droite, à l’instar de la plupart des escaliers arabes,  qui sont pris « entre murs », comme en Europe jusqu’à une certaine période. Les plafonds sont en bois sculpté et peint, leur style relève de l’inspiration orientale. Les arcatures du palais montrent la marque de l’héritage andalou, de même que l’ordonnancement des céramiques. Ce décor, typique des palais ottomans d’Alger, est en carreaux de céramique importés de Hollande, de Tunisie (inspiré de l’art espagnol), de Turquie (Iznik) et d’Espagne (Valence).

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

 Colin, G., Corpus des inscriptions arabes et turques de l’Algérie, vol. I, Département d’Alger, Paris : Ernest Leroux 1901. n°45, p 73.

Delvoux, A., « Etude archéologique et topographique sur Alger aux époques romaine, arabe et turque », in Revue Africaine, 1875-1878.

Golvin, L., Palais et demeures d’Alger à la période Ottomane, Aix-en-Provence : Édisud, 1988.

Marçais, G., L’architecture musulmane d’occident, Tunisie, Algérie, Espagne et Sicile, Paris : Arts et Métiers Graphiques, 1957, p. 87.

Marçais, G., Maisons et villas d’Alger, Alger :  « Documents Algériens », Février 1948.

Ravereau, A., La casbah d’Alger, et le site créa la ville, Paris : Sindbad, 1989.



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