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Forteresse al-Karak

  • Nom : Forteresse al-Karak
  • Lieu : Jordanie, Karak
  • Date/période de construction : 1139-1143
  • Matériaux de construction : Pierre calcaire
  • Décor architectural : Sculpté
  • Destinataire/mandataire : Payen le Bouteiller
  • Dimensions : L. (Est) : 220 m ; (Ouest) : 140 m ; (Nord) : 110 m ; (Sud) 40 m

Le château fort de Karak est situé à 118 km au sud d'Amman, entouré d'immenses vallées naturelles à l’est et à l’ouest. Par son emplacement stratégique, il domine toutes les voies et les routes à destination du Sud de la Jordanie. Comme les châteaux de Shawbak et Kawh'al al-Hawa, celui de Karak avait pour but de contrôler les voies commerciales et l'exploitation des terres agricoles par les Francs et d’affaiblir les princes Ayyubides. C’est le gouverneur féodal Payen le Bouteiller qui fit construire Karak. En 1177, la forteresse devint propriété de Renault de Châtillon et constitua un point de départ pour ses campagnes. Elle s'est ensuite rapidement transformée en une forteresse frontalière stratégique sur la route entre La Mecque, l'Égypte et la Syrie, ce qui incita Saladin à l’encercler durant trois mois, en 1183, sans qu’il soit en mesure de l'occuper. Une deuxième tentative de siège échoua en 1184. La troisième eut lieu après la bataille de Hittîn (1187), dura sept mois et s’acheva par la prise du château en 1188.

La pierre calcaire utilisée provient de carrières de la région ; les techniques de taille des pierres permettent de distinguer celles utilisées par les Francs, de grosses pierres solides non taillées d’une longueur moyenne de 1,50 m, et celles utilisées par les musulmans, de taille moyenne et s’ajustant bien entre elles. Les Francs ont également utilisé, à Karak, un assemblage en carreaux et boutisses, que l’on retrouve dans d’autres monuments, occidentaux comme islamiques.

Construit sur un plateau rocheux, le château tient compte, dans son plan et son élévation, de la composition naturelle du site. Les pentes naturelles forment la première ligne de défense, grâce à leur aridité et leur caractère glissant. Le plan forme un trapèze irrégulier et se décompose en deux enceintes, l’une supérieure, l’autre inférieure.

À l’est, le mur, datant de la période croisée, est jalonné de quatre tours quadrangulaires. À l’ouest, il date de la période ayyubide ou mamluke ; vingt-neuf meurtrières, toutes identiques, le scandent, tandis qu’un chemin de ronde protégé s’établit à son sommet. Des tranchées étaient creusées au nord et au sud, tandis que des murs obliques très bien conservés protégeaient les côtés est et ouest. Ils étaient revêtus de pierres très lisses qui empêchaient leur escalade et protégeaient  le château des tremblements de terre. Au nord-est, le bloc d’entrée, accessible par un pont levis, est flanqué de deux tours. Il mène à un long couloir voûté qui descend graduellement et forme un angle droit. Deux autres entrées à l'angle nord-ouest et au sud, sont fermées de nos jours. Celle du sud, dite « porte de la victoire », possède encore son pont-levis et ses mâchicoulis.

Les murs contiennent, parfois sur plusieurs niveaux, différentes salles et des chambres pour l'hébergement des soldats, parfois reliées par des couloirs à fenêtres pour l’aération et l’éclairage. À l’intérieur de la forteresse, la cour supérieure regroupe une église, un four, un hammam, une école et une mosquée ; elle contient aussi plusieurs salles, des terrasses et des casernes. La cour inférieure quant à elle contient de grandes salles, des casernes, des galeries et une prison.

Le décor, sobre, est principalement composé de fleurs à huit ou six pétales, exécutées en relief, qui couronnent une des façades du hammam et de l'école. On trouve aussi des calligraphies mamlukes en thuluth.

On peut rapprocher architecturalement le château de Karak de plusieurs autres forteresses croisées, comme le Krak des Chevaliers (1031) en Syrie ou le fort de Shawbak (1115) en Jordanie. Plusieurs éléments, comme l’organisation en deux cours, sont importés directement de l’architecture européenne. On peut également établir des rapports avec la  citadelle d’Alep (murs obliques).

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

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