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Château d'al-Shawbak

  • Nom : Château d'al-Shawbak
  • Lieu : Jordanie, al-Shawbak
  • Date/période de construction : XIIe – XIIIe siècle
  • Matériaux de construction : Pierre calcaire
  • Destinataire/mandataire : Baudouin Ier (r. 1115 – 1118)
  • Dimensions : 175 x 90 m ; surface de la forteresse : 15750 m²

Cette forteresse a été établie à 228 km au sud d’Amman, pour contrôler les routes de l'Est de la Jordanie, les voies commerciales arabes reliant l'Égypte, la Péninsule Arabique et la Mer Rouge au Levant, ainsi que l'exploitation des terres agricoles par les Francs, qui disposaient là de beaucoup d'eau et d’un sol fertile.

Selon les sources historiques, après la prise de Jérusalem en 1099, les Francs commencèrent à réfléchir à leur expansion et au contrôle d’endroits stratégiques formant un nœud sur les routes du transport terrestre reliant Damas au Caire, afin d’affaiblir les principaux centres de pouvoir des princes ayyubides. Baudouin, roi des Francs, débuta la construction d’une forteresse à Shawbak en 1115 ; celle-ci faisait partie d’un grand projet militaire pour renforcer la présence franque dans l'Est de la Jordanie, après le lancement de nombreuses campagnes dans la région. Le lieu de construction, dit «  montagne impériale », donna son nom à la construction, « Krak de Montréal ». La citadelle est restée entre les mains des Francs jusqu’à sa reddition devant les troupes de Saladin en 1189. Après les Ayyubides, les Mamluks l’ont occupée, puis elle fut détruite en partie par Ibrahim Pacha lors de son occupation du Levant en 1840. La pierre calcaire, extraite des carrières de la région, a été affinée selon deux techniques, afin de rationnaliser son emploi. Les premières, utilisées pour les arcs d’entrée, les fenêtres, les archères, ont été polies ; pour les soubassements, la façade extérieure et les tours, elles sont en bossage et appareillées en carreaux et boutisses. Des bandeaux épigraphiés en cursif barraient les tours. Quelques rosettes en creux sont encore visibles.

La pente naturelle de la  montagne constitue la première ligne de défense de la forteresse. Selon les sources historiques, il y aurait eu trois murs d’enceinte, mais seul un subsiste, jalonné de plusieurs tours de section rectangulaire ou circulaire ; chacune a trois étages et de nombreuses pièces. La caractéristique la plus importante de cette enceinte est, peut-être, le soutien de la muraille extérieure par des murs penchés aux pierres finement taillées et polies, qui rendent difficile leur escalade et ont contribué à la résistance de la forteresse face aux séismes et aux explosions. Dans la muraille sont aménagées différentes pièces, chambres pour les soldats, cuisines, buanderies.

Le plan de la forteresse est irrégulier. Dans la cour intérieure, on trouve plusieurs bâtiments, édifiés à des fins différentes, et dont l’état de conservation varie : deux églises, un pressoir, une mosquée, une citerne et un tunnel conduisant à un escalier hélicoïdal de plus de 300 marches, qui débouche sur une source d'eau potable. En outre, plusieurs citernes de collecte d'eau ont été creusées à l'intérieur de la citadelle. L'entrée est un des principaux éléments architecturaux de la citadelle ; la porte, se fermant avec deux serrures en fer forgé, donne accès à l’intérieur via un couloir.

L'architecture militaire est en général très peu ornée, par rapport aux monuments religieux et civils, sans doute dans une recherche d’austérité et en raison des risques d’attaque et de dégradation de l’édifice. Le décor du fort de Shawbak se concentre dans l'église. Sur certaines pierres sont sculptées des croix ornées de deux fleurs à l'intérieur d'un hexagone ; quelques pierres trouvées au sol sont sculptées et décorées avec des formes géométriques et florales (palmiers, cercles décorés de fleurs). Des calligraphies en thuluth se trouvaient sur les façades extérieures des tours.

La conception du fort de Shawbak a été influencée par la topographie de la région, les matières premières disponibles localement, le climat (distribution des chambres, forme du bâtiment). Elle se rapproche d’autres constructions croisées sur les frontières syro-palestiniennes, par exemple le Krak des chevaliers (1031), le château Nimrod Sabbiba, ou Banias (1129), le château de Shkif ou  Beaufort, dans le sud du Liban (1139), en ce qui concerne par exemple l’implantation de la forteresse. On trouve également des similitudes entre Shawbak et la citadelle d'Alep (1128), où des glacis prennent place sur les pentes de deux forts. Au fort de Harem (1085), qui domine la route principale entre Antioche et Alep, les pentes sont pavées de pierres. D’autres similitudes peuvent être relevées entre la forteresse de Shawbak et celle de Karak, dans les murs, les dimensions et la méthode du travail des surfaces qui appartient à la phase de construction des Croisés.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

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