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Église Saint-Stéphane

  • Nom : Église Saint-Stéphane
  • Lieu : Umm al-Rasâs, Jordanie
  • Date/période de construction : VIIIe siècle (mosaïques : 785)
  • Matériaux de construction : Pierre, mosaïques
  • Dimensions : Castrum : 158 x 139 m

Les vastes ruines d’Umm al-Rasâs se situent à 30 km au sud-est de Madaba, à proximité du Mont Nébo où, selon la tradition, Moïse mourut. Il s’agit d’un castrum rectangulaire comprenant quatre églises, et d’une extension au nord dans laquelle huit églises ont été identifiées. Parmi ces églises, la plus remarquable est celle dédiée à Saint-Stéphane. Elle fait partie d’un grand complexe monastique.

Cette église présente un plan basilical qui consiste en une nef flanquée de deux ailes. L’entrée principale se situe sur la façade ouest, mais deux portes permettaient d’accéder à l’église par la façade sud. Cette église offre un grand intérêt de par le nombre de ses inscriptions, la date de sa construction, et la richesse des motifs de ses dallages en mosaïque. On y trouve soixante-quatre inscriptions en grec, qui pour la plupart portent le nom des bienfaiteurs à qui elles rendent hommage. Il est intéressant de constater que la majorité de ces bienfaiteurs portaient des noms à consonance arabe, comme Abdallos, Obados, Naoum, Kaioum, Élias ou Petrson Arabos (Pierre l’Arabe).

La marche du presbytère porte une inscription en grec qui nous renseigne à la fois sur la date à laquelle l’église fut édifiée (718) et sur l’ancien nom d’Umm al-Rasâs, Mayfa’a ou Kastron Mayfa’a. C’est aussi la preuve de l’existence d’une communauté chrétienne administrée par un diacre, un évêque et un clergé local, quelques quatre-vingt cinq années après l’arrivée des musulmans. La seconde inscription de l’abside porte la date de 756, année où furent posées les décorations géométriques constituées d’ovales entrelacés. Elle porte le nom de l’auteur de la mosaïque, « Staurachios fils de Zada » de Heshbon (Hisban). Il s’agit ainsi du premier fabricant de mosaïques dont on connaît la région d’origine. Toutefois, c’est la mosaïque ornant la nef qui demeure la plus intéressante. Même si les iconoclastes ont pris soin de modifier les visages des bienfaiteurs et les scènes de vie agricole et pastorale qui se trouvent dans la partie centrale, le double encadrement qui entoure ces scènes est intact. Dans l’encadrement de la partie nord, on trouve des vignettes représentant des villes de Palestine, chacune accompagnée de son toponyme grec : Jérusalem (la Ville Sainte), Neapolis (Nablus), Diospolis (Lydda), Eleutheropolis (Bayt Jibrin), Askamon et Gaza. Dans l’encadrement de la partie sud, la description de sept villes de Jordanie : Kastron Mayfa’a (Umm al-Rasâs), Philadelphia (Amman), Madaba, Esbounta (Hesban), Belemounta (Ma’in), Areopolis (Rabbah) et Charachmoba (Kerak). Un cadre intérieur, orné de scènes évoquant le Nil et représentant des poissons, des oiseaux, des plans d’eau et des garçons en train de pêcher, décrit aussi une série de villes du Delta du Nil : Alexandrie, Anticiaous, Eraklion, Kyuopolis, Pseudostomon, Kasin, Thenessos, Tamiathis, Panau et Pilousin. On trouve également des représentations de villes et d’architectures sur les mosaïques de la Grande Mosquée de Damas (705-715). Constituées de mosaïques en verre, elles s’inspirent probablement de peintures romaines.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Piccirillo, M., The Mosaics of Jordan, Amman, 1993, ACOR, p. 36-37.

Piccirillo, M., Alliata, E., Umm al-Rasasa/Mayfa’a I: Gli Scavi Del Complesso Di Santo Stefano, Jérusalem, 1994.

Schick, R., The Christian Communities of Palestine from Byzantine to Islamic Rule, Princeton, 1995, p. 472-474.



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