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Complexe du sultan Qâ’it Bay

  • Nom : Complexe du sultan Qâ’it Bay
  • Lieu : Le Caire, Égypte
  • Date/période de construction : 1472-1474
  • Matériaux de construction : Pierre, marbre
  • Dimensions : Minaret : 44 m
  • Inscriptions :

    Sur l’îwân du mur de qibla dans la madrasa : noms et titres du sultan et la date de construction 1472.

Ce complexe est situé dans le cimetière mamluk nord qui était réservé à la famille du sultan, face au quartier de Darrasa. C’est le sultan al-Malik al-Ashraf Sayf al-Dîn Qâ’it Bay (r. 1468-1496) l’un des derniers grands mécènes mamluks, qui en ordonna la construction. Ce magnifique complexe architectural était destiné à remplir plusieurs fonctions ; il comprend une mosquée faisant aussi office de madrasa, des logements pour les étudiants, un sabîl-kuttâb (fontaine publique et école primaire) et le tombeau du fondateur. Il y avait aussi une wakala aujourd’hui disparue.

La façade de l’édifice qui présente à l’étage une loggia, s’orne d’un élégant décor de pierre gravé qui joue sur la polychromie des matériaux et s’achève par des merlons. Ses défoncements témoignent des différents monuments qui forment cet ensemble. Un haut minaret caractéristique des minarets mamluks aux fûts superposés de plans différents séparés par des balcons à muqarnas et couronné d’un lanternon s’élève juste à droite de l’entrée. Celle-ci, à laquelle on accède par une volée de marches, est placés dans un renfoncement et ouvre sur un vestibule orné de muqarnas. Elle conduit à gauche au sabîl-kuttâb et à droite au minaret, aux logements des soufis et des étudiants en partie détruits aujourd’hui et au réservoir d’eau de la mosquée. Dans l’axe de l’entrée s’ouvre la mosquée. De plan rectangulaire, elle est particulièrement ornée sur toutes ses surfaces d’un décor d’ablaq et sur le sol d’un pavement de marbre en opus sectile. Le mur de qibla est percé de niches de part et d’autre du mihrâb. Un bandeau épigraphique sépare deux niveaux de fenêtres dont celles de l’étage supérieur sont ornées de vitraux. En avant de cette salle s’étend un second espace, plus vaste, séparé du premier par une marche. Il est surmonté d’un étonnant plafond de bois et de stuc ouvert d’un lanternon octogonal percé de trois fenêtres sur chacune de ses faces. Quatre renfoncements scandent les murs latéraux ; c’est probablement cette salle qui faisait office de madrasa.

Dans le prolongement de l’axe de l’entrée et par delà la salle de prière, se trouve le tombeau du fondateur qui comme la mosquée est orné d’ablaq. Il est surmonté d’un dôme qui s’appuie sur des pendentifs formés de neufs rangés de muqarnas en pierres. À l’extérieur, les angles de la zone de transition de la coupole sont arasés et présentent un décor de larges godrons horizontaux sculptés. Chacune de ses faces est ouverte d’une arcature trilobée percée de trois fenêtres surmontée de trois oculi. Le tambour est percé de petites ouvertures en plein-cintre surmonté d’un bandeau épigraphié. La coupole s’orne d’un décor sculpté formant un réseau d’étoiles enfermant des motifs végétaux. Ce type de composition est très présente à la période mamluke au goût prononcé pour les décors épigraphiques et les compositions géométriques telles que celle-ci. On les retrouve sur différents supports, comme sur les portes de la mosquée al-Maridani du Caire (1339-1340)[1] ou sur des frontispices de manuscrits.

Ce complexe est l’un des derniers grands monuments mamluks et marque l’aboutissement de l’art de cette période. La présence de la loggia en façade évoque le complexe d’al-Ghawrî (1503-0505) et constitue vraisemblablement une influence de l’architecture italienne du XIVe siècle. Le décor de la coupole est formé non plus comme au début de l’époque mamluke, sculpté directement dans des pierres assemblés, mais sculptés sur des pierres plates appliquées sur la coupole. Les baies surmontées d’oculi probablement inspirés de l’architecture chrétienne sont déjà présentes dans le complexe de Qalâ’ûn, mais elles sont ici plus développées car au lieu d’une seule baie géminée surmontée d’un oculus, elle sont triples et surmontées du même nombre d’oculi.

NOTE

[1] Dont deux vantaux de porte en bois marqueté sont aujourd’hui déposés au musée du Louvre à Paris.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

المراجع :

1- حسنى نويصر(دكتور):

العمارة الاسلامية فى مصر عصر الايوبيين والمماليك

نشر مكتبة زهراء الشرق – القاهرة 1996م

2- سعاد ماهر (دكتور):

مساجد مصر وأولياؤها الصالحون

المجلس الاعلى للشؤون الاسلامية – وزارة الاوقاف

القاهرة 1976 – 1980 م

3- عاصم محمد رزق (دكتور) :

أطلس العمارة الاسلامية والقبطية بمدينة القاهرة القاهرة 2002م

4- عباس حلمى (دكتور):

المدارس الاسلامية ودور العلم وعمارتها الاثرية نشأتها وتاريخها وتخطيط عمائرها  مكة المكرمة 1398هجرية

5- مصطفى نجيب (دكتور):

العمارة فى العصر المملوكى أصدار مؤسسة الاهرام

القاهرة 1970م

Antonious, J., Historical Cairo (A Walk through the Islamic City), Le Caire : American University in Cairo Press, 1988.

Behrens-Abouseif, D., Islamic Architecture in Cairo : An Introduction , Leyde/New York : E. J. Brill, 1992.

Paker, R. B. ; Sabin, R. ; Williams, C., Islamic Monuments in Cairo, a Practical Guide, Le Caire : American University in Cairo Press, 1985.



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