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Murailles de Silves

  • Nom : Murailles de Silves
  • Lieu : Silves (Algarve), Portugal
  • Date/période de construction : XIIe siècle
  • Matériaux de construction : Pisé renforcé, grès de Silves

Les murailles islamiques qui entourent la ville de Silves témoignent de la grande maîtrise de l’architectonique militaire des Almohades ; elles sont restées en effet quasiment intactes depuis leur édification au XIIe siècle. Érigées par les Almoravides, ce sont les Almohades qui les renforcèrent et les agrandirent ; les murailles de Silves furent également modifiées après la chute de la cité aux mains du roi du Portugal, Sancho I, en 1189. La récupération postérieure de la cité par le calife Abû Yûsuf al-Mansûr en 1191, puis la période où elle est restée sous domination musulmane jusqu’en 1248 ont engendré de légères modifications dans sa physionomie architectonique. Les modifications apportées par les chrétiens n’ont pas modifiée la structure almohade de l’ouvrage.

La  ville musulmane de Sîlb était la plus grande de l’Algarve et était, selon les écrits de chroniqueurs tels qu’al-Razî ou al-Ghalîb, remarquable pour son importante structure défensive. Le complexe urbanistique de la ville était principalement composé de quatre secteurs bien distincts : le faubourg, la médina, la coracha et l’alcázar. L’ensemble était entouré d’une enceinte de pisé, qui entourait une surface de presque sept hectares, et était ponctué de tours en grés rouge caractéristique de Silves. Comme dans de nombreux bâtiments fortifiés d’al-Andalus, le pisé qui le constitue était renforcé selon divers procédé lui conférant une grande résistance.

L’accès à la cité était assuré par une série de portes : Porte de Loulé (Bâb al-Balad) et porte du soleil (Puerta del Sol, Bâb al-Shams) dans la zone sud et Porte de la Zawiyya (Puerta de la Azoia, Bâb al-Zawiyya), respectivement à l’est et à l’ouest. Ces portes étaient difficiles à franchir à cause de leur conception en coude ou en angle. Les entrées de la médina et de l’alcázar étaient flanquées de tours albarranas, détachées des murs et souvent reliées à lui par un pont facilement destructible, ou rattachées à la muraille mais construites de manière indépendante, de sorte qu’en tombant elles ne la détruisent pas. Ce type de tour ne se trouve que dans les fortifications hispano-arabes de la péninsule Ibérique. Elles protégeaient les entrées et étaient réparties sur l’enceinte tout autour de la ville ; on en compte jusqu’à vingt-quatre. On suppose qu’il y avait, en plus de tout ce dispositif défensif, une barbacane aujourd’hui disparue qui précédait les murailles et qui garantissait encore plus de sécurité à la ville.

L’ensemble de l’enceinte abrite de précieuses preuves de la splendeur économique, politique et culturelle de la ville à l’époque almohade, avec notamment son alcázar, sa citerne (Cisterna dos Câes). Les fouilles réalisées à proximité de la muraille ont révélé de nombreux objets témoignant de la vie quotidienne de la médina (céramiques califales en vert et brun, en cuerda seca et estampillées). Les murailles de Silves attestent de la splendeur qui fut celle de la région d’Ukshunuba (nom andalou de la province) pendant le XIIe siècle ; elles sont probablement comparables aux murailles de Niebla (province de Huelva), au regard de leur état de conservation et de leur date de construction.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Pavón Maldonado, B., Ciudades y Fortalezas Lusomusulmanas. Crónicas de Viajes por el sur de Portugal, en Cuadernos de Arte y Arqueología, 5, Madrid, 1993, Instituto de Cooperación con el Mundo Árabe.

Por tierras de la Mora Encantada. El Arte Islámico en Portugal, Madrid, Vienne, 2001, Electa.



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