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Maisons Chapiz

  • Nom : Maisons Chapiz
  • Lieu : Grenade
  • Date/période de construction : XIVe-XVIe siècle  
  • Matériaux de construction : Brique, bois, marbre blanc
  • Décor architectural : décor de stuc, de bois
  • Destinataire/mandataire : Lorenzo el Chapiz et de son beau-frère, Hernan Lopez el Feri
  • Restauration :

    Les Maisons Chapiz furent inscrites au Monument Historique-Artistique en 1919. En 1929, on constata leur état de grande dégradation. Elles furent alors acquises par l’Etat et restaurées par Torres Balbas entre 1929-1932 pour devenir l’Ecole des Etudes arabes de Grenade, centre du C.S.I.C., en 1932.

Les Maisons Chapiz faisaient autrefois partie de ce quartier qu’on appelait en arabe : Rabad al-Bayda (le Quartier Blanc), qui faisait partie du faubourg de l’Albaicin. Ces deux maisons reliées entres elles par une galerie appartenaient à la même famille ; elles occupent un vaste terrain à l’angle de la Côte du Chapiz et de la Route du Sacromonte.

La plus grande des deux maisons fut construite à partir du milieu XVIe siècle, lorsque Lorenzo el Chapiz hérita de la propriété à la mort de son beau-père Herando el Feri. Elle fut édifiée sur une ancienne construction nasride dont elle conserve le plan. Des remplois laissent penser qu’au même endroit existent d’autres vestiges de maisons nasrides. La seconde, contemporaine et plus petite, fut édifiée sur ordre de son beau frère Hernan Lopez el Feri.     La maison de Lorenzo el Chapiz s’organise autour d’une cour centrale rectangulaire dotée d’un bassin, qui à l’époque nasride, était entourée de galeries sur ses quatre côtés. Il n’en reste plus que deux, au nord et à l’est. Au XVIe siècle, furent édifiées les galeries du premier étage, dont le côté sud est dépourvu afin de préserver la vue sur l’Alhambra et le Généralife[1]. Les balustrades qui entourent  ces galeries montrent l’influence de la Renaissance européenne. Cette maison est dotée d’un vaste jardin. Sa pièce principale communique avec la maison de Hernan Lopez el Feri, bien qu’au XVIe siècle la communication ait pu se  faire uniquement par le rez-de-chaussée. Dans la galerie nord de la maison se trouve un vestibule, espace commun aux deux habitations. Il abrite une arcade livrant le passage à la maison de Hernan Lopez el Feri, puis communique avec la cour rectangulaire agrémentée d’un bassin. Seul l’aile nord possède un portique. L’étage supérieur est pourvu, sur ses quatre côtés, de galeries qui desservent les chambres. On y décèle l’influence gothique (consoles d’appui lobulées et balustrades à montant droit et à section étoilée), mais aussi des influences nasrides (muqarnas sur les piédroits), et des influences de la Renaissance (vases sculptés sur les appuis et chapiteaux de colonnes en marbre) ; tous ces apports fusionnent dans le style mudéjar grenadin.

L’essentiel du décor est réparti dans les cours des deux maisons. Dans celle de la plus grande, les galeries sont soutenues par des colonnes de marbre blanc dont les bases, les fûts et les chapiteaux sont nasrides. Aux angles de la cour, les colonnes sont remplacées par des demi-colonnes surmontées de chapiteaux de plâtre. Au niveau des portiques du rez-de-chaussée, cinq arcades se déploient. Elles adoptent des arcatures engrêlées et surhaussées, enrichies de sculptures en plâtre. La salle principale est couverte d’un plafond en bois. L’autre portique, à l’est, est constitué de demi-colonnes lisses adossées à des piliers. La balustrade qui donne sur cette cour, en bois tourné, trahit les influences de la Renaissance. Le plafond du portique est fait de petits éléments cannelés et tressés.

Dans la cour de la maison de Hernan Lopez el Levi les galeries sont soutenues sur les grands côtés par des colonnes de marbre blanc, remplacées par des piliers en briques aux niveaux des angles. L’arcade qui donne accès à la grande salle est similaire à celle de la maison principale. Au premier étage, la galerie nord présente des arcs surbaissés retombant sur des piliers chanfreinés. Les balustrades de ces galeries ont des barreaux droits, mais à section étoilée. Le sol de la galerie est en briques assemblées en dents de scie. Les plafonds des salles principales du premier étage sont constitués de grandes lames de bois assemblées en chevrons, travail caractéristique de l’art mudéjar.

Ces maisons de style andalou trouvent des parallèles dans les habitations postérieures de Cordoue, Séville… Les deux maisons devinrent propriété de la couronne après le départ et l’expulsion des Morisques en 1581. En 1583, elles passèrent aux mains de Don Juan Vàzquez Salazar et jusqu’en 1919, les maisons Chapiz  furent mises en location.

NOTE

[1] Dans la galerie du rez-de-chaussée se trouve une grande baie permettant de jouir de cette vue.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Castilla Brazales, J. ; Orihuela Uzal, A., En Busca de la Granada Andalusí, Grenade : Comares, 2002.

Henares Cuéllar, I.; López Guzmán, R., Guía del Albayzín, Comares, Grenade, 2001.

Isac, A., ALBAICÍN. Patrimonio Arquitectónico. Grenade : Ayuntamiento de Granada-Fundación Albaicín, 2001 (CD-rom).

Martín, E., Torices Abarca, N., Granada. Guía de Arquitectura, Grenade/Séville : Junta de Andalucía, 1998.

Orihuela Uzal, A., Casas y Palacios Nazaríes. Barcelone : Lunwerg Editores/Legado Andalusí-Junta de Andalucía, 1996.



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