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Qantara - Les Capétiens depuis les Valois (1328-1792)
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Les Capétiens depuis les Valois (1328-1792)

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Charles, neveu de Philippe le Bel, reçoit en 1284 le comté de Valois et fonde la branche capétienne des Valois. Sous le nom de Philippe VI de Valois (r. 1328-1350), Charles monte sur le trône de France à la mort du dernier fils de Philippe le Bel en 1328. La légitimité du premier souverain des Valois est contestée par Édouard III d’Angleterre dont la mère est la fille de Philippe le Bel. Cela engendre la guerre de Cent Ans (1337-1453), au cours de laquelle de nombreuses provinces de France sont occupées par les Anglais, et où le paysage français se transforme en se couvrant de nouvelles forteresses. La branche principale des Valois s’éteint en 1498 ; lui succèdent les Valois d’Orléans puis les Valois d’Angoulême avec François Ier. Le règne de ce dernier sera le pivot du passage du royaume de France de la civilisation gothique à celle de la Renaissance, du Moyen Âge aux Temps Modernes.

Les XIVe-XVIe siècles français sont ceux d’une redéfinition sociale, politique, économique et spirituelle, qui prend place dans une période de grands changements géopolitiques européens. Alors que les futurs empires coloniaux s’appuient sur la Méditerranée pour conquérir les océans, quels liens le royaume de France entretient-il avec le bassin de ses origines ?

Le XIVe siècle et le gothique international

Marqué par les drames de la guerre de Cent Ans, par le Grand Schisme d’Occident (1378) et par la peste noire (1348), la France vit une époque troublée.

Le développement du mécénat sous les Valois a des répercussions considérables sur la vie culturelle. Les commandes artistiques les plus novatrices émanent des milieux aristocratiques, royaux et princiers.

Les relations de la France avec les autres pays de la Méditerranée ne sont au XIVe siècle qu’indirectes ; les grands ports ibériques et italiens servent de diffuseurs des soieries, métaux précieux et épices orientales en Europe.

Le réapprovisionnement des ateliers français en ivoire d’éléphant, désormais importé d’Afrique occidentale par les ports de l’Atlantique, témoigne de ces échanges en matériaux précieux. L’art de la sculpture sur ivoire – scènes taillées en bas-relief inspirées de la littérature ou de textes religieux – bénéficie d’un renouveau. Les ateliers parisiens sont les plus fameux et s’inspirent des innovations esthétiques des arts du livre, notamment des enluminures de Jean Pucelle.

Sous Charles V (r. 1364-1380), qui installe une bibliothèque au Louvre lors de sa transformation en résidence royale, le domaine du livre peint se développe grâce à la vogue des ouvrages de piété personnels, des ouvrages d’histoire et des romans épiques et courtois. L’enluminure s’enrichit de sujets profanes et les ateliers de fabrication du livre deviennent laïques. Les enluminures anglaises et françaises présentent des analogies en raison des échanges réciproques dus à la guerre. L’atelier de Jean Pucelle est peut-être le plus inspiré : il intègre aux traditions gothiques les innovations concernant les volumes et l’espace de la peinture toscane.

Mais le lieu le plus perméable aux apports italiens au XIVe siècle est sans doute le palais des Papes en Avignon. De 1309 à 1376, les Papes s’exilent en Avignon qui devient capitale de la chrétienté occidentale. Les décors profanes et notamment les murs peints de la chambre de Benoît XII (p. 1334-1342) réalisés entre 1335 et 1337 témoignent d’un chantier au caractère international ; les peintres français et italiens travaillent côte à côte. Les rinceaux de feuillages habités à la française sont d’une conception tridimensionnelle d’origine italienne, selon les recherches de Giotto. Si Avignon représente le foyer de diffusion de l’art italien, il est également le lieu où se manifestent les rares échanges avec le monde musulman. Sous Clément VI (p. 1342-1352), en 1362, le cardinal Aubert Audouin fait venir deux céramistes musulmans de Manisès en Espagne afin de réaliser un pavement de sol en céramique lustrée. Cette intervention isolée désigne cependant le chantier d’Avignon comme le creuset où les ferments du « style international » s’élaborent.

Le règne de Charles VI (r. 1380-1422) correspond au gothique international (1380-1420) qui marque en art la proximité des caractères de régions fort éloignées. De nombreux artistes flamands viennent travailler en France, notamment à la cour de Jean de Berry à Bourges (Les frères de Limbourg réalisent les Très riches heures du Duc de Berry en 1413[1]) et à la cour de Philippe II le Hardi à Dijon.

Entre les Flandres et l’Italie

Dans les années 1420 alors que le conflit de la guerre de Cent Ans semble perdu pour les Valois, Jeanne d’Arc fait se lever le pays et contribue à sauver la couronne. Malgré les difficultés économiques, politiques et sociales, et les troubles entraînés par la guerre, le domaine artistique n’en est pas moins faste.

De 1440 à 1480, Paris perd la primauté de la création artistique, les centres s’élargissent à la province stimulée par une nouvelle clientèle de seigneurs de la haute bourgeoisie. Cette génération s’ouvre aux nouveautés flamandes et continue de se nourrir des recherches italiennes. Des domaines de la sculpture, de la tapisserie, de l’architecture civile et religieuse, c’est certainement celui de la peinture de chevalet qui est le plus représentatif de ce phénomène. Le Diptyque de Melun (1450-60) de Jean Fouquet résume à lui seul la synthèse originale entre les révolutions picturales flamandes et italiennes.

Aire de transit entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe, et tremplin vers le Nouveau Monde, la Méditerranée est au milieu du XVe siècle le centre névralgique de l’économie mondiale. Les marchands y jettent les bases d’une pratique capitaliste.

Le grand financier et négociant Jacques Cœur (1394-1456) est une parenthèse exceptionnelle dans l’histoire de la France médiévale. Originaire de Bourges, capitale de Charles VII (r. 1422-1461), Jacques Coeur se lance dans le grand commerce. Il noue des relations avec les pays du Levant, l’Espagne, l’Italie et établit des comptoirs à Avignon, Lyon, Limoges, Rouen, Paris et Bruges. Ses bateaux sillonnent la Méditerranée chargés d’étoffes d’Alexandrie, de tapis de Perse, de parfums d’Arabie ou de soieries de Florence.

Charles VIII (r. 1483-1498) tente une dernière croisade à la reconquête de Jérusalem. Sur sa route, il entame une chevauchée guerrière à travers l’Italie mais échoue à Pavie en 1521. Ce sera l’ultime tentative de contact direct avec l’Orient. L’avenir de l’Europe n’est plus dans la mer de ses origines, il est sur tous les océans où se fondent les colonies des grandes puissances occidentales.

La Renaissance française

L’équilibre géopolitique et religieux (conflit avec les protestants) est bouleversé au XVIe siècle. Avec la Renaissance, il semble que l’Occident coupe le cordon qui depuis toujours le reliait à l’Orient, pour prendre en charge son propre destin et l’assumer intégralement.

La Renaissance en France s’affirme sous le règne de François Ier (r. 1515-1547) dans les régions d’Ile de France et du Val de Loire. Dirigé par des artistes français et italiens, le chantier de Fontainebleau engagé par le roi devient, selon Vasari, la « nouvelle Rome ». Les décors du Rosso et du Primatice totalement originaux sont diffusés rapidement dans la sphère européenne grâce à la gravure et la tapisserie. Léonard de Vinci s’installe en France en 1516 et participe à enrichir la collection exceptionnelle de peintures du château.

Le monde méditerranéen est resté fasciné par le modèle romain dont l’idée d’Empire a fixé l’obsession d’un pouvoir universel. La France de la Renaissance est tournée vers l’Italie mais cherche à prendre son indépendance artistique. Alors que la peinture est complètement dominée par les artistes et la manière italienne, l’architecture parvient à trouver les débuts d’une expression propre. Serlio réussit pour le roi à Ancy-le-franc le premier compromis entre la tradition française et italienne, le principe de l’avant corps à colonnes superposées devient un trait caractéristique du style national.

Le dernier des Valois, Henri III (r. 1574-1589) s’éteint sans descendance. Henri de Navarre devient alors roi de France et inaugure la branche capétienne des Bourbons.

E. D. –P.

Bibliographie

Bautier, R.-H., Commerce méditerranéen et banquiers italiens au Moyen Age, Brookfield, Gower, 1992 

Collectif, Moyen Age : Chrétienté et Islam, Paris, Flammarion, 2005.

Jehel, G., La Méditerranée médiévale : de 350 a 1450, Paris, A. Colin, 1992.

Jestaz, B., L’art de la Renaissance, Paris, Citadelles et Mazenod, 1984.

NOTE


[1] Conservées au Musée Condé de Chantilly.



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