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Déisis

Triptyque d’Harbaville

  • Titre / dénomination : Déisis
  • Lieu de production : Constantinople
  • Date / période : Milieu du Xe siècle
  • Matériaux et techniques : Triptyque en ivoire, traces de dorure
  • Dimensions : H. 24,2 cm ; L (ouvert). 28,2 cm ; L. (partie centrale) 14,3 cm ; Pr. 1,20 cm
  • Ville de conservation : Paris
  • Lieu de conservation : Musée du Louvre
  • Numéro d'inventaire : OA 3247

Le triptyque s'organise autour de la représentation de la Déisis, thème cher à l’iconographie byzantine, autant dans le domaine de la peinture monumentale que dans celui des objets mineurs, en raison de l’importance de son message : la Vierge et Jean-Baptiste intercèdent pour le Salut de l'humanité auprès du Christ trônant. Les trois personnages et deux archanges dans des médaillons figurent au registre supérieur du panneau central du triptyque. Au registre inférieur du même panneau cinq apôtres représentés de face sur des marchepieds et tenant un livre ou un rouleau s'associent à la prière des deux principaux protagonistes. Des saints martyrs, munis d’une petite croix, et des saints militaires, séparés par une paire de médaillons abritant de bustes de saints occupent les deux registres des parties internes des volets. Le revers de la partie centrale est sculpté d'une croix latine, dont les extrémités et le centre sont ornés de rosettes. La partie supérieure du panneau est parsemée d’étoiles alors que sur la partie inférieure se déploie une abondante végétation stylisée agrémentée d’oiseaux, de lapins et de lions. L’ensemble de la composition illustre la vision du jardin du Paradis : les deux cyprès inclinés y symbolisent l'arbre du Bien et l'arbre du Mal, et la croix évoque la source de Vie. Les volets externes sont ornés de quatre couples de saints évêques tenant chacun un livre.

Le triptyque Harbaville fait partie du groupe des ivoires de l'atelier impérial dit « Romanos », dont le nom fait référence à la plaque du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale sur laquelle le Christ figure sur un piédestal couronnant l'empereur Romanos II († 963) et l'impératrice Berthe-Eudoxie (r. 945-949). Le visage du Christ du triptyque Harbaville offre une parenté frappante avec celui du Christ de l'ivoire « Romanos ». La qualité d’exécution, le rendu des drapés et les attitudes raffinées et élégantes des figures témoignent du rapprochement entre ces deux œuvres. L’ivoire « Romanos » et le groupe qui s'y rattache peuvent être attribués à la cour impériale de Constantinople et datés du milieu ou du début de la seconde moitié du Xe siècle.

Le triptyque du Louvre présente aussi de fortes similitudes iconographiques et stylistiques avec deux autres triptyques appartenant au groupe « Romanos ». Les deux sont conservés à Rome, l'un au Palais de Venise et l'autre au Musée du Vatican. Tous trois présentent le thème de la Déisis en leur partie centrale, alors que des apôtres, martyrs, évêques et saints militaires figurent en frise sur la partie inférieure du panneau central et sur les volets.

Le lieu de réalisation du triptyque demeure toujours inconnu. Louis-François Harbaville (1791-1866), membre de l'Académie d'Arras et président de la Commission des Monuments historiques du Pas-de-Calais, fut la dernière personne qui a acquit cet objet suite à la succession de sa belle-famille, les Beugny de Pommeras d'Arras. Il fut acheté en 1891 à MM. Henri et Rémi Trannin, petits-fils et héritiers de M. Harbaville.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Durand, J., L'Art byzantin, Paris 1999

Durand, J., (éd.), Byzance. L’art byzantin dans les collections publiques françaises, Paris 1992, p. 233-236



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