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Mosquée de la chamelle

jâmi‘ al-nâqa

  • Titre / dénomination : Mosquée de la chamelle
  • Ville de conservation : Tripoli, Libye

La mosquée de la chamelle, située à l’arrière du Sérail, dans la vieille ville de Tripoli, est la plus ancienne mosquée de la capitale libyenne. Les origines de ce petit édifice sont quelque peu obscures et, faute de données précises, la tradition populaire a forgé autour de sa fondation un certain nombre de légendes inspirées du célèbre épisode de la chamelle de Muhammad qui s’arrêta, au moment de l’hégire, à l’emplacement où l’on érigea la première mosquée de l’islam à Médine. A Tripoli, ce fut la chamelle du calife ‘Umar (r. 634-644) qui refusa de se lever du lieu où l’on dressa la mosquée. On attribue aussi parfois l’origine de cet édifice au général ‘Amr b. al-‘As qui effectua en 643 la conquête de la ville à la tête des armées de l’islam. Les habitants pour acheter leur amnistie lui auraient offert une chamelle chargée de pièces que le conquérant utilisa, non pour lui-même, mais pour construire la première mosquée de la ville. Toutefois la tradition la plus couramment invoquée et de loin la plus plausible pour expliquer la dénomination de cette mosquée est celle du passage du calife fatimide al-Mu‘izz au moment où celui-ci quitta l’Ifrîqiyya pour installer le siège du califat en Egypte en 973. Devant l’accueil chaleureux que lui réservèrent les Tripolitains, il décida d’offrir à la ville et à ses habitants une des chamelles qui transportaient son trésor afin d’agrandir et d’embellir la grande mosquée de la ville.

Le plus ancien témoignage historique, celui du célèbre voyageur al-Tijânî qui passe à Tripoli en 1307, attribue l’édifice, alors désigné sous le nom de jâmi‘ al-a‘dham, à la dynastie des Fatimides et donne la date de 913 ou 916 pour l’édification du minaret par le gouverneur Khalîl b. Ishaq (m. 933). L’édifice fut cependant en partie détruit lors du bombardement de la ville par les Espagnols en 1510 et restauré seulement en 1610 par le gouverneur turc, Safar Dey, qui a laissé une inscription commémorant ses travaux.

L’édifice présente une organisation tout à fait particulière : la salle de prière est flanquée à l’est d’un minaret carré et se prolonge à l’ouest par une cour à portiques adossée au mur de qibla. Une autre originalité de cette mosquée tient à son caractère composite, fait d’emprunts aux traditions libyco-maghrébines et à l’art des différents occupants du pays. La forêt de colonnes, 36 au total, qui orne la salle de prière, provient sans doute des vestiges de la ville antique d’Oéa qui a précédé Tripoli. Ces réemplois forment un ensemble de colonnes de granit et de marbre, lisses ou cannelées, de tailles variables, surmontées de chapiteaux le plus souvent doriques ou à feuilles d’acanthe. La composition qu’ils dessinent suit en revanche tout à fait le modèle classique des mosquées libyennes : chaque ensemble de quatre colonnes forme un module surmonté d’arcs légèrement brisés supportant une des 42 petites coupoles qui couvrent la salle de prière. La nef centrale, qui donne sur le mihrâb, va en élargissant à partir du mur de qibla.

La cour par sa disposition remplit la fonction de mosquée d’été selon une tradition solidement ancrée en Libye : le mur de qibla y est ainsi doté d’un mihrâb qui était précédé d’un double portique faisant office de salle de prière. Celui-ci fut détruit par des bombardements de la seconde guerre mondiale. Le minaret carré de 10 m de hauteur est couronné par une série de 12 merlons surmontés de chaperons en épis. Il présente un aspect singulier dans l’architecture religieuse tripolitaine ; il faut pour trouver des parallèles ou des influences se tourner vers l’architecture religieuse des zones subsahariennes.



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