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Médaillon avec un griffon en émail

  • Titre / dénomination : Médaillon avec un griffon en émail
  • Lieu de production : Constantinople ?
  • Date / période : VIIIe-IXe siècle
  • Matériaux et techniques : Or, émail enfoncé et cloisonné sur or
  • Dimensions : D. 4,2 cm
  • Ville de conservation : Paris
  • Lieu de conservation : Musée du Louvre
  • Numéro d'inventaire : Objets d’art D. 926

Sur le médaillon se présente un griffon ailé, vu de profil et flanqué de deux petites feuilles. Le décor de cet objet est réalisé en émail cloisonné, une technique très prisée à Byzance depuis l’époque paléochrétienne. La plaque avec le griffon est montée dans un fin boîtier d’or creux fait de remplois. La présence d’une épingle et d’un fermoir sur le revers de l’objet laissent supposer que le médaillon était porté comme broche. Des traces de petits clous sur la tranche, trahissent l’existence d’un fil de perles qui, autrefois devait orner le médaillon.

Par endroits les émaux ont disparu et la technique du cloisonné est clairement visible. Pour son exécution, l’émailleur grave d’abord les contours du sujet sur une plaque d’or ou de cuivre. Par la suite, des fines bandes d’or sont soudées ou fixées à l’aide de cire sur les traits gravés. Leur disposition forme des espaces clos dans lesquels on place le verre en poudre qui sera par la suite liquéfié par la chaleur. Selon la couleur utilisée et le mélange de poudre de verre et d’oxydes métalliques, on procède à deux ou trois cuissons. A la fin de la dernière cuisson, l’émailleur égalise et polit toute la surface afin de donner à l’objet sa touche finale.

Les émaux tant de l’époque paléochrétienne que byzantine sont des objets précieux dont l’usage était réservé sinon à la cour de Constantinople, du moins aux classes dirigeantes de l’empire byzantin. Ils ont d’ailleurs été réalisés dans les ateliers impériaux qui, d’après les sources textuelles, étaient situés près du Grand Palais. Le Livre des Cérémonies de l’empereur Constantin VII Porphyrogénète fait référence aux objets en émail et atteste leur usage dans le palais impérial ou leur commande pour être offerts à des hauts dignitaires byzantins ou étrangers.

Le griffon du Louvre présente des fortes similitudes avec deux des émaux de la panse de l’aiguière du trésor de Saint-Maurice d’Agaune en Suisse, décorée des lions et des griffons affrontés et probablement offerte par Charlemagne à l’abbaye. La technique de l’émail cloisonné, la stylisation du dessin et les couleurs des émaux permettent aussi de rapprocher le griffon du Louvre de deux bracelets retrouvés à Thessalonique, datés du IXe-Xe siècle. Ils sont ornés des plaques émaillées présentant des motifs ornementaux et d’oiseaux. Une comparaison semble aussi possible avec les plaques émaillées d’un diadème féminin, vraisemblablement byzantin, qui a été trouvé dans les fouilles de Preslav, et fut daté également du IXe-Xe siècle.

Les fortes affinités avec les œuvres susmentionnées permettent d’attribuer l’émail du Louvre à un atelier byzantin et de situer sa réalisation aux alentours de 800. Le thème du griffon, comme aussi les motifs ornementaux sur les bracelets de Thessalonique mettent en relief la forte inspiration des thèmes décoratifs orientaux, perses ou sassanides, qui se développèrent dans l’art byzantin à partir du VIIe-VIIIe siècle.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Durand J., éd., L’art byzantin dans les collections françaises, Paris 1992, p. 185

Buckton, D., Byzantine Enamel and the West, Byzantinische Forschungen 13, 1988, p. 241-242.



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