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Boucles d'oreille

  • Titre / dénomination : Boucles d'oreille
  • Lieu de production : Algérie, Qal‘a des Banû Hammâd
  • Date / période : 1130-1269 ou 1229-1574
  • Matériaux et techniques : Argent ciselé et filigrane
  • Dimensions : D. total : 3 cm ; poids : 2 gr ; perle : D. 1,4 cm
  • Ville de conservation : Sétif
  • Lieu de conservation : Musée national
  • Numéro d'inventaire : bjx.08 et bjx.09

Cette paire de boucle d’oreille présente une composition assez simple : une large perle est enfilée sur un anneau fait d’un fil d’argent dont les extrémités forment des boucles. La perle présente sur sa surface un décor compartimenté réalisé avec un fil d’argent délimitant sept bandeaux ; les quatre du milieu enserrent des cercles autrefois meublés semble-t-il d’un décor de filigranes.

La décoration géométrique de ces boucles d’oreille est simple, puisée dans un répertoire de motifs répandu dans la civilisation islamique. En témoignent des boucles d’oreille omeyyades ou abbassides, dans lesquelles la partie inférieure du cercle présente des frises contenant différentes rosaces constituées de petits cercles[1]. On trouve également des ressemblances avec des bijoux de l’époque fatimide en or filigrané, en forme de croissants, en or massif[2]. Certains éléments des bijoux berbères s’apparentent fortement à la perle de ces boucles d’oreille, telles les grosses boules de colliers ornées d’émaux cloisonnés ou de filigranes, connues sous le nom de tagemmout ou tagmoust, qui présentent sur leur surface des bandeaux aux motifs circulaires.

On peut recenser d’innombrable parures proches de cette pièce, soit par leur forme sphérique, soit par l’utilisation du filigrane. Le goût de la civilisation islamique pour l’ornementation géométrique est notable ici et se retrouve dans de multiple domaines  des  arts décoratifs.

Le filigrane, technique décorative très appréciée pour sa finesse et sa beauté, se retrouve dans différentes civilisations, égyptienne, étrusque et grecque. On pense qu’elle fut transmise aux pays de la Méditerranée par les Phéniciens. Au nord de l’Europe, au Moyen-Âge, on utilisait le filigrane, parfois associé à l’émail comme en Scandinavie. En Italie, le plus célèbre des orfèvres de la Renaissance, Benvenuto Cellini[3], créa  de très beaux bijoux en filigrane  rappelant ceux de l'Orient musulman et en particulier de l’Égypte.

NOTE

[1] Boucles d’oreille, VIIe-VIIIe siècles, Berlin, Museum für Islamische Kunst, , I. 2333.

[2] Boucles d’oreille, Berlin,  Museum für Islamische Kunst.

[3] Orfèvre et sculpteur florentin, né en 1500, mort à Florence en 1571.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

« Earrings» in Museum With No Frontiers: Discover Islamic Art, Permanent collection : Algeria [en ligne]. Disponible sur <http://www.museumwnf.org/pc_item.php?id=object;ISL;dz;Mus01;43;en> (consulté le : 19/03/08).

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Besancenot, J., Costumes du Maroc, Aix-en-Provence : Edisud, 2000, p. 168, pl. H1.

Bourouiba, R., Les H‘ammadites, Alger : Entreprise nationale du livre, 1984.

Bourouiba, R., « Note sur des bijoux trouvés à la Qal'a des Banu Hammad », in Bulletin D’archéologie algérienne, t. III, Alger : 1968.

Eudel, P., Dictionnaire des bijoux de l'Afrique du Nord, Maroc, Algérie, Tripolitaine, Paris : E. Leroux, 1906.

Golvin, L., Recherches archéologiques à la Qal'a des Banû-Hammâd, Paris : G.-P Maisonneuve et Larose, 1965.

Marçais, G., L'art musulman, Paris : PUF, 1962.

Les grands centres urbains au Maghreb central (cat. exp., Alger, 2007), Alger : 2007.

« Bijoux » in Encyclopédie Microsoft Encarta [en ligne]. Disponible sur <http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761553958/bijoux.html> (consulté le : 19/03/08).



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