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Grande Mosquée d'Alger

  • Nom : Grande Mosquée d'Alger
  • Lieu : Algérie, Alger
  • Date/période de construction : 1096-1324 (minaret)
  • Matériaux de construction : Pierre, brique, tuile, bois
  • Décor architectural : Céramique, bois
  • Destinataire/mandataire : Yûsuf ibn Tâshufîn (1062-1106)
  • Inscriptions :

    1- Sur le minbar en graphie kufique.

    2- Sur une plaque de marbre blanc placée sur l'un des murs, près de l'entrée du minaret.

  • Transcription :

    1-بسم الله الرحمن الرحيم أتم هذا المنبر في أول شهر رجب من سنة تسعين وأربعمائة. الذي عمل محمد

    2-  بسم الله الرحمن الرحيم، صلى الله على سيدنا محمد لما تمم أمير المسلمين أبو تاشفين أيده الله ونصره منار الجزائر في مدة أولها يوم الأحد السابع عشر من ذي القعدة من عام اثنين وعشرين وسبعمائة وكان تمامها في كمالها في غرة رجب عام ثلاثة وعشرين وسبعمائة ناد المنار المذكور بلسان حاله الحالي" أي منار حاله الحسن كحالي أقام أمير المسلمين تفاحا كساني بها حسنا وتمم بنياني وقابلني بدر السماء وقال لي عليك سلامي أيها القمر الثاني فلا منظر يسبي نفوسا كمنظري ألا فانظروا حسني وبهجة تيجاني فزاد نصر الله حول لوائه رفيقا له تال وجيشا له ثاني"

  • Traduction-inscriptions :

     

    1-Au nom d’Allâh, le Clément le Miséricordieux. Cette chaire a été achevée le premier du mois de Rajab de l’année 490. Oeuvre de Muhammad 

    2- Au nom d’ Allâh le Clément le Miséricordieux, qu’ Allâh bénisse notre seigneur Muhammad !Lorsque le prince des musulmans Abû Tâshufîn qu’ Allâh le fortifie et l’assiste eut achevé le minaret d’Alger en un laps de temps qui commence le dimanche 17 dhil Qi’da de l’an sept cent vingt deux, se termine et s’achève le premier du mois du rajab de l’an sept cent vingt trois, le minaret susdit, s’écria dans la langue (muette) à propos de sa situation actuelle : « Où existe t-il un minaret à la beauté comparable à la mienne ? Le prince des musulmans a dressé des pommes dont il m’a revêtu pour m’embellir et à complété ma construction.

Cette mosquée de plan arabe, emblématique de l’architecture religieuse almoravide, est la plus grande et la plus ancienne mosquée d’Alger. L’édifice rectangulaire est plus large que profond et couvert de doubles toitures en tuiles, comme toutes les mosquées almoravides. On accède à la cour par un portique conduisant à trois entrées percées dans le mur nord. La cour barlongue est entourée de portiques dont certains constituent le prolongement des nefs de la salle de prière. Celle-ci, également munie d’entrées latérales, est divisée en onze nefs perpendiculaires au mur qiblî et en cinq travées. Les arcs polylobés parallèles au mihrâb alternent avec des arcs outrepassés légèrement brisés perpendiculaires à celui-ci, qui reposent sur des piliers rectangulaires et cruciformes.

À coté des arcs brisés que l’on trouve déjà dans les monuments antérieurs,  les Almoravides ont fait une large place dans leur décor à d'autres formes d'arcs. Ils développent au Maghreb l'arc polylobé, que les Andalous avaient utilisé à la Grande Mosquée de Cordoue, en le diversifiant ; ils emploient des arcs à cinq, neuf et onze lobes, introduisant dans leurs édifices religieux une véritable hiérarchie des arcs qui sera retenue par leurs successeurs. La robustesse des piliers et l'élégance des arcs outrepassés brisés donnent aux travées de la Grande Mosquée d'Alger une simplicité harmonieuse.

La nef centrale, plus large, est magnifiée par des arcs qui s’enrichissent de découpures en lobes circonscrits de galons entrelacés. Elle conduit au mihrâb qui fut reconstruit. Flanqué de deux colonnettes spiralées et surmonté d'un arc en ogive décoré de stucs en relief, il est creusé d’une niche à fond plat à pans coupés. Il n'a malheureusement pas conservé son décor. De part et d’autre du mihrâb, deux portes donnent accès à de petites pièces barlongues. L’une conserve encore son ingénieux système de rails au sol, qui permettait de mouvoir le minbar pourvu de roues de la réserve jusqu’à la salle de prière. Son minbar, conservé actuellement au Musée national des Antiquités et des Arts islamiques, est le plus ancien et le plus finement ciselé d’Algérie.

Dans l’angle nord-est subsiste Bâb al-Jenina, avec ses différentes pièces de service réservées à l’imam, ainsi que le minaret. Sa position dans l’édifice est une particularité observée chez les Abd al-Wadides, qui imitèrent les Almohades en disposant les minarets des mosquées de la Kutubiyya (Marrakech), de la Qasaba de Séville (Andalousie) dans l’angle nord-est. Son fut quadrangulaire s’achève par des merlons à degrés et un lanternon au profil similaire. Sa surface est animée de niches rectangulaires aux arcs polylobés aveugles et de céramiques bleues et blanches dues à une restauration d'époque coloniale.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Bourouiba, R., Les inscriptions commémoratives des mosquées d’Algérie, Algiers, OPU, 1984, p. 81-86

Bourouiba, R., L’art religieux musulman en Algérie, Algiers, S.N.E.D., 1983

Bourouiba, R., Apports de l’Algérie à l’architecture religieuse arabo-islamique, Algiers, OPNA, 1956

Devoulx, A., Les édifices religieux de l'ancien Alger, Algiers, Bastide, 1870

Marçais, G., L’architecture musulmane d’occident, Tunisie, Algérie, Espagne et Sicile, Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1954



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