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Madrasa Slimaniyya

  • Nom : Madrasa Slimaniyya
  • Lieu : Tunis, Tunisie
  • Date/période de construction :  1168 H. / 1754 J.C
  • Matériaux de construction : Pierre calcaire ; marbre ; brique cuite
  • Décor architectural : Céramique ; stuc ; marbre blanc et noir
  • Destinataire/mandataire : Ali Pacha 1er (r.1735-1756 J.C.)
  • Inscriptions :

    Inscription en écriture naskrî sur un bandeau de stuc, dans la salle de prière, comportant la basmala et les 99 noms sacrés de Dieu.

Située dans la médina de Tunis, dans le souk des kashashine[1], près de la Grande Mosquée Zitouna, cette madrasa est un lieu d’enseignement et de prière.

Elle est construite selon un plan très répandu en Ifriqiya. Contrairement aux madrasa ifriqiyennes de l'époque précédente, le monument se distingue par un porche d’entrée élégant, monumental surmonté d'une corniche en tuiles vertes. De ce porche, on accède à un vestibule orné de panneaux de céramique à décor floral, réalisés dans la pure tradition des ateliers de Qallaline. Ce vestibule est surmonté d'une coupole sur trompes à calotte semi sphérique revêtue d’un décor de stuc et dont les tympans sont ornés d'étoiles à huit branches.

La madrasa est constituée d’une cour à portiques délimités par des arcs en plein cintre outrepassés à claveaux noirs et blancs, bordée de pièces destinées à l’hébergement des étudiants. Les colonnes du portique sont en calcaire clair (quelques unes sont en marbre) surmontées de chapiteaux à crochets, à volutes, ou néo-corinthiens. Ces organes de support soulagent des toitures en terrasse constituées de solives et de voliges en bois. La salle de prière, située derrière le portique sud, est constituée de trois travées et trois nefs. Les murs couverts d’enduit sont ornés de panneaux de céramique surmontés de panneaux de stuc. À l’avant du mihrâb désaxé se dresse une coupole sur trompes dont le tambour extérieur est octogonal. La niche de prière est encadrée et tapissée de panneaux de marbre bicolores. La chambre funéraire à l'angle nord-ouest est surmontée elle aussi d'une coupole.

On distingue l’utilisation de plusieurs éléments décoratifs. Le décor floral prend la forme de palmes, de fleurons, de rinceaux, desquels se détachent des feuilles et des fleurs, d'un vase duquel jaillissent des tiges entrelacées se terminant par des fleurs et un cyprès.
Le décor épigraphique prend place dans la partie haute de la salle de prière, selon une disposition adoptée dans tous les monuments religieux islamiques, ce depuis les débuts de l’Islam.
Les motifs géométriques sont variés : étoiles à six et huit branches, triangles, croissants et niches en forme de mihrâb.

La madrasa Slimaniyya présente le plan classique des madrasa ifriqiyennes, tel qu’il fut adopté dès le XIIIe siècle dans la région[2]. Toutes sont les héritières des plans des ribât à niveau unique, à l'exemple de celui de Lamta (Tunisie, 859). Notons d’ailleurs à ce propos qu’après l'abandon de leurs fonctions militaires, nombre de ribât furent transformés en lieux d’enseignement.

Dans leur disposition générale, toutes les madrasa ifriqiyennes ont une parenté avec certaines madrasa marocaines[3]. D'ailleurs, le prince hafside Abu Zakariya, fondateur de la première madrasa tunisienne (al-Chama'yya, XIIIe siècle), est originaire de Marrakech. Néanmoins, d'autres madrasa marocaines, comme la Bu 'Inaniyya (Fès, 1350-1355), se distinguent énormément du parti pris ici adopté, tant dans les formes architecturales que dans la richesse des ornementations.

La différence est importante entre les madrasa  maghrébines et celles du Proche-Orient, ayant opté pour le plan à iwân répondant ainsi à la multiplicité des rites religieux professés, contrairement au Maghreb où le rite malékite régnait presque en exclusivité.

La madrasa Slimaniyya subira, comme plusieurs madrasa tunisoises, l'influence ottomane. Elle s’incarne ici par la présence dans l’enceinte de la madrasa d'une chambre funéraire destinée au mandataire ou à un membre de sa famille. L'apport turc se fait encore plus sentir dans les décors, géométriques et floraux (étoiles, cyprès…).

NOTE

[1] « des éleveurs de pigeons ».

[2] Madrasa Chama'yya (Tunis, début XIIIe siècle J.C.), madrasa  al-'Unqiyya, (XIVe-XVIIe siècle J.C.).

[3] Madrasa Ben Youssef, fondée par le sultan mérinide Abu al-Hassen à Marrakech (Maroc, XIVe siècle).

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Ben Mami, M.B., Les monuments de la ville de Tunis au fil des époques : Etude historique, artistique et architecturale, à paraître.                              

Ben Mami, M. B., Madāris madīnat Tūnis min al-‘ahd al-hafsī ila al-‘ahd al-husainī, Tunis, 2006, INP, p. 339-355.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Le Maroc andalou, A la découverte d'un art de vivre, Musée sans frontières, Amman, Aix en Provence, 2000, Edisud.

Korbendau, Y., L'architecture sacrée de l'islam, France, 1997, ACR édition, p. 315.



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