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Jarre à décor de cuerda seca

  • Titre / dénomination : Jarre à décor de cuerda seca
  • Lieu de production : Espagne, Sud-Est d’al-Andalus ?
  • Lieu de découverte : Algérie, Sétif
  • Date / période : XIIe siècle
  • Matériaux et techniques : Pâte argileuse engobée ; décor de cuerda seca partielle
  • Dimensions : H. 11 cm ; D. 15,5 cm
  • Ville de conservation : Sétif
  • Lieu de conservation : Musée national
  • Numéro d'inventaire : CB.77.82.01

Cette petite jarre au col manquant et aux anses fragmentaires possède une base à pied annulaire et une panse globulaire. Sur sa panse se déroule un décor géométrique en cuerda seca partielle, dont les motifs cernés de brun enserraient une glaçure stannifère blanche aujourd’hui très altérée. Un large bandeau, entrecoupé par les anses, surmonté de deux filets dont seul celui du haut est coloré, s’orne d’un registre central cerné de liserés blancs et ponctué de motifs allongés de même couleur. Les espaces sans glaçure sont ponctués d’un semis de points bruns.

La technique de cuerda seca désigne un décor de céramique dans lequel les émaux sont isolés par des lignes peintes avec un mélange de matière grasse et d’oxyde de manganèse. Au cours de la cuisson, cette matière brûle, ne laissant qu’une trace noire. Selon que la surface non glaçurée reste visible ou non, on parle de cuerda seca partielle ou totale. Ce procédé, déjà employé à Suse (Iran) dans les premiers siècles de l’Islam est connu dès l’époque omeyyade mais très peu utilisé en Orient ; il se développe en Espagne et au Portugal à partir de la seconde moitié du Xe siècle. On envisage que cette technique ait été diffusée au Maghreb dès la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle.

La pièce de Sétif a été trouvée dans les niveaux d’occupation d’un habitat de type urbain. Cette pièce a été décrite comme ayant un décor en brun et d’engobe blanc, cependant l’aspect pulvérulent des parties blanches semblerait indiquer qu’il ne s’agit pas d’engobe mais de glaçure, d’autant qu’il est fréquent que les glaçures stannifères s’éclaircissent en s’altérant.

Cette pièce fut attribuée dans un premier temps au Xe siècle, mais l’examen de ses parallèles a permis d’affiner la chronologie. Les motifs allongés du bandeau central de cette pièce ont des parallèles avec les céramiques à décor de cuerda seca partielle d’al-Andalus et du Maroc dans des niveaux attribués au XIIe siècle.

Une  pièce comparable a été découverte à Qasr al-Saghir[1] (Maroc). Ce motif en cuerda seca partielle est également assez fréquent sur de petites jarres d’Almería, de Mértola[2] et de Málaga[3] attribuées au XIIe siècle. D’autres rapprochements sont possibles avec des pièces découvertes à Alicante[4] et avec les productions de Murcie où des fragments de jarre comparables sont attribués au XIIe-XIIIe siècle.  Il est à noter que jusqu’à présent les céramiques au décor à la cuerda seca découvertes dans le Maghreb central sont peu nombreuses : quelques exemples de cuerda seca totale ont été découverts à la Qal‘a des Banû Hammâd, à Bougie et d’autres à Sétif et à Tiddis. Toutes ces pièces sont attribuées au XIIe siècle.

À partir de 1067, les Hammadides s’installent à Bougie, qui devient  une ville portuaire puissante. Elle entretenait de bonnes relations politiques et commerciales avec la rive occidentale d’al-Andalus, où ce type de pièce était produit,  ainsi qu’avec les ports du littoral maghrébin. Cette zone côtière se développa progressivement et, à l’époque almohade, elle connut une activité  commerciale maritime intense.

NOTE

[1] Mekinasi, A., « Estudio preliminar de la cerámica arcaica musulmana de Marruecos », in Tamuda VI, 1958,
Tetuán, lám. II.

[2] Il s’agit pièces inédites.

[3] Puertas Tricas, R., La cerámica islámica de cuerda seca en la Alcazaba de Málaga, Ayuntamiento de Málaga, 1989, p. 93 n° 194 (Museo de Málaga, inv. C-77).

[4] ROSSER LIMIÑA (P), « La ciudad de Alicante y la arqueología del poblamiento en época medieval islámica ». LQNT 2, 1994, inv. CS7898.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Mohamedi, A. et al., Fouilles de Sétif 1977-1984, 5ème supplément au Bulletin d’archéologie algérienne, 1991,  p. 216, n. 3.

L'Algérie en héritage : art et histoire, (cat. exp., Paris, Institut du monde arabe, 2003 – 2004), Paris : Institut du monde arabe/Actes Sud, 2003, p. 312, n° 247.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Déléry, C., Dynamiques économiques, sociales et culturelles d’al Andalus à partir d’une étude de la céramique de cuerda seca, seconde moitié du Xe siècle et première moitié du XIIIe siècle, Thèse de Doctorat d’histoire, Toulouse, Université de Toulouse le  Mirail, 2006. p.1808- 1809. Inédite.

Golvin, L. Recherches archéologiques à la Qal’a des Banu hâmmâd, Paris : 1965, p. 216, 230.

Navarro Palazón, J., La ceramica islámica en Murcia, vol. I, Murcie : 1986, p. 50.



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