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Margelle de puits à décor végétal et épigraphié

  • Titre / dénomination : Margelle de puits à décor végétal et épigraphié
  • Lieu de production : Espagne, Cordoue ?
  • Lieu de découverte : Espagne, Cordoue
  • Date / période : XIIe siècle
  • Matériaux et techniques : Céramique argileuse, décor de cuerda seca partielle
  • Dimensions : H. 63, 8 cm. ; D. 74 cm
  • Ville de conservation : Cordoue
  • Lieu de conservation : Museo Arqueológico y Etnológico provincial
  • Numéro d'inventaire : inv. CE007515
  • Inscription :

    En graphie kufique aux apex en double biseaux, dans le bandeau supérieur : « La félicité parfaite, la prospérité et la bénédiction complète ».

Le corps de cette margelle est de forme cylindrique mais sa bouche, soulignée par une lèvre extrovertie de section quadrangulaire, est octogonale. Un bourrelet circulaire souligne la partie inférieure. La base, légèrement évasée, donne une meilleure stabilité.

Le décor a été réalisé en glaçure verte colorée à l’oxyde de cuivre, selon la technique de la cuerda seca partielle, où seuls les motifs, entourés d’un trait peint, sont glaçurés, le fond restant nu. La moulure supérieure est ornée de petits points verts identiques à ceux qui ornent les bandeaux séparant les registres verticaux de la partie médiane. Sous la lèvre, se développe une frise à motif épigraphique où les lettres et les motifs végétaux s’entremêlent. La forme en « col de cygne » de certaines lettres et les liaisons courbes entre les lettres sont caractéristiques du XIIe siècle. Sur la partie médiane, des cartouches rectangulaires enferment chacun, dans une arcature à arc outrepassé, une composition végétale formée de deux palmettes feuillues superposées, l’une fermée, l’autre largement ouverte, aux rameaux retombants.

Cette margelle est comparable à d’autres, réalisées plus ou moins à la même époque et également exposées dans le Museo Arqueológico de Cordoue[1]. C’est dans cette ville qu’ont été découvertes la plupart des margelles à décor de cuerda seca, il est probable qu’elles aient été produites localement à l’époque almohade.

La technique de cuerda seca partielle est née au Moyen-Orient, sans doute au IXe siècle, comme l’atteste un nombre réduit de pièce tel le petit pichet du Musée du Louvre découvert à Suse[2]. Elle a ensuite traversé la Méditerranée et fut importée en al-Andalus, vers le milieu du Xe siècle[3]. Elle s’est principalement développée dans ce territoire avant d’être attestée au Maghreb où une production a pu naître, peut être dès le XIIe siècle. Cette technique a ensuite été largement utilisée en Turquie, en Iran et en Inde pour orner des carreaux architecturaux[4]. Une production a aussi vu le jour en France, en particulier dans les ateliers de Longwy, dans la première moitié du XXe siècle, dans le cadre du renouvellement des arts décoratifs européens[5].

NOTE

[1] Telle la pièce inv. CE028060 à décor de cuerda seca partielle.

[2] Paris, musée du Louvre,  inv. MAOS 383.

[3] Voir par exemple les objets découverts à Almería (Domínguez Bedmar M., Muñoz Martín M.M., Ramoz Díaz J.M., «Madinat al-Mariyya, estudio preliminar de las cerámicas aparecidas en sus atarazanas», in Segundo Congreso de Arqueología medieval española, t. II., Madrid : Consejería de cultura y deportes de la Comunidad de Madrid, 1987).

[4] De façon générale, on peut se reporter à Porter, V., Islamic Tiles, Londres : Bristish Museum Press, 1999 ainsi qu’aux références bibliographiques mentionnées dans le texte transversal sur la « cuerda seca ».

[5] Peiffer, J.,  1798-1998, Longwy, faïences et émaux, Metz : Ed. Serpenoise, 1998,  p.100-102.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Les Andalousies. De Damas à Cordoue, (cat. exp., Paris, Institut du monde arabe, Paris, 2000), Paris : Institut du monde arabe/Hazan, 2000, p. 148.



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