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Mosquée et minaret d’al-Méchouar (al-Mishwâr)

  • Nom : Mosquée et minaret d’al-Méchouar (al-Mishwâr)
  • Lieu : Algérie, Tlemcen
  • Date/période de construction : Fin XIIIe-début XIVe siècle
  • Matériaux de construction : Matériaux de construction : Pierre, pisé, brique ; décor : brique, mosaïque de céramique, céramique lustré
  • Destinataire/mandataire : Abû Hammû Mûsâ Ier
  • Dimensions : Minaret : H. 25,22 m
  • Inscriptions :

    اليمن والإقبال " " أنت الرجا أنت الولي يا ثقتي يا أملي اختم بخير عملي

  • Traduction-inscriptions :

    « Le bonheur et le succès »« O ma Confiance, O mon Espérance, c'est Toi l'Espoir, c'est Toi le Protecteur, scelle mes actions pour le Bien ».

  • Restauration :

    La salle de prière a été remaniée à diverses reprises, par les Turcs notamment, qui en modifièrent le plan et détruisirent la décoration intérieure.

Le Mishwâr est l'ancienne citadelle édifiée par Yaghmurâsan[1] (1234/35-1282) et devint par la suite la résidence officielle des Abd al-Wadides, rois de Tlemcen. Muhammad al-Tenesi parle de ses « édifices splendides, de pavillons très élevés, de jardins ornés de verdure». Au XVIe siècle, Léon l'Africain évoque la « magnifique architecture des bâtiments »[2]. Une enceinte fortifiée, située au centre de Tlemcen, dessine un quadrilatère d'une superficie de quatre hectares environ. Sa muraille d'environ cinq mètres de haut, à l'origine en pisé, fut restaurée en pierre sous la colonisation. Elle est surmontée d'un chemin de ronde.

La mosquée construite près d'un siècle plus tard par Abû Hammû Mûsâ Ier et qui était dépourvue de cour est tout ce qui reste, avec les remparts. Entièrement remaniée à l’époque turque, elle fut transformée en église pendant la colonisation et retrouva sa fonction originelle au moment de l’indépendance. De son origine abd al-wadide, elle ne conserve que son minaret.

Son minaret de plan quadrangulaire est couronné d’un lanternon ; sur ses quatre faces, un décor de brique est agrémenté de mosaïque de céramique. La partie inférieure est garnie d'un grand panneau rectangulaire circonscrit de carreaux de céramique à décor lustré dans lequel s'inscrit un arc à lobes entrelacés aux écoinçons ornés de mosaïque de céramique. À Tlemcen, le seul monument sur lequel on retrouve de la céramique lustrée est ce minaret. De nombreux fragments de céramique lustrée ont été retrouvés à la Qal‘a des Banu Hammad, peut-être les Abd al-Wadides se sont-ils inspirés de l'art hammadide. La face sud de la tour présente un arc à lambrequins à six têtes surmonté d’un second panneau à arc polylobé inscrit dans un panneau à l’encadrement similaire (carreaux de céramique lustré), qui enserre deux inscriptions. L'une d'elles est « al-yûmn wa'l-iqbâl » (Le bonheur et le succès), formule courante que l’on retrouve sur de nombreux supports, comme sur le célèbre vase de l'Alhambra et la couronne qui surmontait l’épi de faîtage du minaret de la Grande Mosquée de Tlemcen, exposé au Musée national des Antiquités et des Arts islamiques d'Alger. On la trouve également gravée sur un bracelet de fillette en argent découvert à la Qal‘a des Banu Hammad[3]. La partie supérieure de la tour est décorée sur toutes ses faces d'un encadrement rectangulaire meublé de deux arcatures superposées formées de cinq grands arcs entrelacés. Le fut du minaret s’achève par des merlons à degrés, et le lanternon s’orne d’un arc outrepassé aveugle.

Ce minaret est composé de deux étages et non trois comme ceux des Grandes Mosquées de Kairouan et Sfax. Pour la silhouette de leurs minarets, comme pour leur emplacement les Abd al-Wadides se sont inspirés des minarets almohades. Cependant ils n'ont pas été seulement les continuateurs de ces formes, ils contribuèrent aussi à l'enrichissement de l'art islamique notamment en faisant une place au décor épigraphique et à la mosaïque de céramique.

NOTE

[1] Premier souverain de la dynastie berbère des Abd al-Wadides.

[2] Léon l'Africain, Description de l'Afrique, tierce partie du monde, trad .Temporal, J., éd.Shefer.

[3] Bourouiba, R., « Note sur les bijoux trouvés à la qal'a des Banu Hammad », in Bulletin d'archéologie algérienne, T III.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

« Mosquée de Mechouar » in Cahiers du centenaire de l’Algérie, livret VI, Art Antique et Art Musulman en Algérie p. 74-75 [en ligne]. Disponible sur <http://aj.garcia.free.fr/Livret6/L6p76-77.htm > (consulté le 16/04/08)

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Marçais, G., L’architecture musulmane d’occident, Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne et Sicile, Paris : Arts et Métiers Graphiques, 1957.

Marçais, G., Manuel d'Art Musulman, L'architecture Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne et Sicile, Paris : A. Picard, 1926.

Bourouiba, R., Apports de l'Algérie à l'architecture arabo-islamique, Alger : OPNA, 1986. Marçais, G., Tlemcen, Paris : H. Laurens , « Les villes d'art célèbres », 1950.



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