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Tétraévangile illustré du XIIIe siècle gréco-latin

  • Titre / dénomination : Tétraévangile illustré du XIIIe siècle gréco-latin
  • Lieu de production : Constantinople
  • Date / période : Deuxième moitié du XIIIe siècle
  • Matériaux et techniques : Manuscrit sur parchemin ; 364ff
  • Dimensions : H. 33,5 cm ; L. 20 cm
  • Ville de conservation : Paris
  • Lieu de conservation : Bibliothèque Nationale de France
  • Numéro d'inventaire : gr. 54

Le manuscrit, écrit en grec et en latin, figure parmi les plus importants manuscrits liturgiques byzantins. Les premières informations sur ce manuscrit nous parviennent à partir du moment où celui-ci entre en possession du cardinal Nicolas Ridolfi, neveu du pape Léon X et grand collectionneur de livres précieux. Il avait ressemblé un nombre considérable de manuscrits grecs, dont plusieurs lui avaient été donnés par Lascaris, homme de lettres grec. Après la mort du cardinal en 1550, Pierre Strozzi, maréchal de France qui aimait passionnément les livres et connaissait très bien le grec, l’a transporté en France. A sa mort, sa cousine, la reine Catherine de Médicis, s’est emparée de sa collection. C’est en 1599 que celle-ci est passée en possession du roi Henri IV et réunie avec celle du roi. 

Le texte de ce tétraévangile (manuscrit qui contient le texte des quatre évangiles) a été écrit en grec et en latin sur deux colonnes. La copie du texte grec a été soigneusement réalisée pour les quatre évangiles, tandis que celle du texte latin est restée inachevée. Seul l’évangile de Matthieu et une grande partie de l’évangile de Marc comportent leur traduction latine dans son intégralité. Les évangiles de Luc et de Jean ne présentent qu’une traduction partielle. L’inachèvement de la copie latine et les restes de décharges d’encre du texte latin sur le texte grec permettent à croire que le texte grec a été copié avant le texte correspondant en latin.

Le texte grec et une partie du texte latin sont écrits en quatre encres de couleur différente, dont la fonction était de bien distinguer les paroles des personnages, offrant ainsi au manuscrit un effet de polychromie très rare dans les manuscrits byzantins. L’usage de cette polychromie laisse supposer que le copiste grec s’inspire des pratiques occidentales appliquées surtout dans les manuscrits gothiques.

L’influence occidentale est aussi visible dans certains détails iconographiques de ses miniatures. Le Paris gr. 54 est illustré de cinquante et une miniatures, dont vingt-cinq inachevées et cinq esquissées. L’évangile de Mathieu présente le plus grand nombre de miniatures achevées (12), alors que ceux de Marc, Luc et Jean n’en contiennent respectivement que quatre, six et une. La sélection des passages évangéliques favorise l’illustration des épisodes qui se référent aux miracles, aux paraboles et au cycle de la Passion du Christ. L’illustration du Paris gr. 54 a été principalement conçue d’après le modèle du tétraévangile Athos Mon. d’Iviron gr. 5. On compte vingt-sept sujets représentés dans le Athos Iviron 5 qui ont été prévus pour être reproduits dans le Paris gr. 54, reprenant, en plus, le même emplacement dans le texte évangélique.

Le manuscrit a dû être réalisé vers la fin de l’occupation latine à Constantinople, suite à la demande d’un commanditaire latin. La présence de la traduction latine montre que le manuscrit n’était pas destiné à un commanditaire grec mais plutôt à un empereur  latin qui a résidé à Constantinople durant les années de l’occupation. Les rapports très étroits qui ont été développés entre les orientaux et les occidentaux pendant cette période ainsi que les mariages des empereurs latins avec des princesses byzantines est un élément indicatif justifiant que ce manuscrit devait être prévu pour être offert à l’occasion d’un mariage ou d’une rencontre importante entre empereurs.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Durand, Jb., L’art byzantin, Paris 1999, p. 167

Maxwell, K., « Paris, Bibliothèque Nationale de France, Codex Grec 54 : Modus Operandi of Scribes and Artists in a Palaiologan Gospel Book », Dumbarton Oaks Papers 54, 2000, p. 117-138



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