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Alcaiceria, bazar de la soie

  • Nom : Alcaiceria, bazar de la soie
  • Lieu : Grenade
  • Date/période de construction : XIVe siècle
  • Dimensions : superficie : 4591 m²
  • Restauration :

    Restauration et nouvelle construction au XIXe siècle

C’est le terme arabe al-qaysariyya qui a donné en castillan le mot alcaiceria ; il provient du grec kaisareia, issu du latin caesar[1], désignant initialement un marché impérial ou du César. Cette dénomination fait allusion à l’empereur Justinien qui accorda au peuple arabe le droit d’exercer le commerce de la soie. Ce type de construction est désigné en Orient par le terme persan khân, caravansérail. On entend par alcaiceria un ensemble de commerces appartenant au patrimoine royal et principalement destiné à la vente de soie et d’autres tissus appréciés pour leur grande valeur et importés d’Orient. Parmi les villes qui possédent une alcaiceria, on compte Grenade, Cordoue, Séville ou Tolède. On en est venu à les comparer pour leur importance à l’Alcaiceria  de Fès, bien que la ville marocaine soit plus grande.

On estime que l’Alcaiceria  de Grenade a été construite au XIVe-XVe siècle. Les premières informations que l’on ait à son propos se trouvent dans une lettre du monarque Abû Nasr Sa‘d réalisant la vente de deux boutiques situées dans ce lieu. L’espace qu’occupait ce dédale commercial était bien plus grand que celui qu’il occupe actuellement ; il s’étalait depuis le mur de la qibla de la mosquée jusqu’à la place Bibrambla à l’ouest. Au sud, il s’étendait jusqu’à la rue Saqqâtîn (des fripiers) et à l’est jusqu’à la rue Darbalcata (des teinturiers). L’enceinte était divisée en deux zones, d’un côté la zone occidentale occupée par les douanes et l’administration, de l’autre la zone orientale qui regroupait au total environ 200 boutiques qui s’ouvraient sur d’étroites ruelles ou des petites places. La rue principale était celle des marchands de soie, qui traversait cette seconde zone commerciale par le al-qantara al-jadîda (« pont neuf ») sur le Darro et débouchait sur le funduq al-jadîda (aujourd’hui Corral del Carbón), la halle au blé.

Cet espace s’ouvrait sur l’extérieur par une dizaine de portes réparties entre les quatre points cardinaux et qui étaient fermées au public à la tombée de la nuit ; de plus l’ensemble des boutiques et leurs marchandises restaient surveillées par des gardes et des chiens.

Le gouverneur de l’Alcaiceria était directement nommé par le gouverneur de l’Alhambra, il appartenait toujours à la classe noble et logeait dans l’enceinte commerciale. Il avait pour fonction de gérer la surveillance de l’enceinte, de contrôler les horaires d’ouverture et de fermeture, mais aussi de l’entretien du lieu grâce à des inspections quotidiennes.

Quant aux boutiques, on en a compté jusqu’à 200, toutes de petite taille avec une porte unique inclinable, peinte en ocre rouge, qui servait aussi de store pour protéger les marchandises de la pluie et du soleil. On remarquait à l’époque les pavements de mosaïque aux motifs aussi bien romans qu’arabes.

Après la prise de Grenade par les Rois catholiques, on décida de poursuivre l’activité de l’Alcaiceria car le commerce de la soie et des textiles de luxe constituait une importante source de revenu. Il existe des documents historiques de voyageurs européens du XVIe au XVIIe siècle, qui décrivent comment se déroulait cette activité : on avait notamment augmenté la gamme de produits et réduit progressivement le nombre de boutiques.

L’inondation de 1478 provoqua d’importantes destructions et pertes matérielles ; l’incendie de 1843 qui prit naissance dans une boutique d’allumettes, détruisit totalement l’ensemble. Les travaux de reconstruction et de restauration de l’ensemble furent très rapides, modifiant le tracé des rues pour plus de symétrie, au détriment de son style originel, lui conférant un aspect néo-arabe propre aux restaurations du XIXe siècle que l’on retrouve sur les monuments nasrides.

NOTE

[1] Originellement, le terme de Caesar est le surnom de la Gens Julia, attesté depuis Sextus Iulius Caesar (208 av. J. –C.) et porté par Caius Julius Caesar, général et homme d’Etat romain (101-44 av. J. –C.). Ce surnom sera repris par la suite par les empereurs romains en sa mémoire.

 

 

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Castilla Brazales, J., Orihuela Uzal, A., En Busca de la Granada Andalusí, Grenade : Editorial Comares, 2002

Historia de España de Ramón Menéndez Pidal. El Reino Nazarí de Granada. 1232-1492, Sociedad, vida y cultura,  t. VIII, Madrid : Espasa Calpe, 2000

Torres Balbás, L., « Alcaicerías », in al-Andalus, XIV (1949), p. 431- 441

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Garzón Cardenete, J.L., Real Sitio y Fuerte la Alcaicería de Granada, Grenade : Caja Granada, 2004.



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