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Corral del Carbón (Cour du charbon)

  • Nom : Corral del Carbón (Cour du charbon)
  • Lieu : Rue Maria Pineda, Grenade, Espagne
  • Date/période de construction :

    XIVe-XVe siècle

  • Matériaux de construction : Briques, chaux, pierre, bois, terre argileuse et plâtre
  • Décor architectural : plâtre
  • Dimensions : Cour intérieure : 28,05 m x 29,60 m
  • Inscriptions :

    en arabe, graphie kufique, sur l’encadrement de l’arc d’entrée : Coran, sourate 112.

  • Traduction-inscriptions :

    « Dieu est Un, Dieu n’a ni commencement ni fin, Il n’engendre pas et n’est pas engendré, Il n’a aucun associé ».

  • Restauration :

    En 1918, il a été déclaré « Monument historique et artistique national ». Acquise par l’État espagnol en 1933. Restaurée en 1992 et en 2005 par l’architecte Rafael Soler Marquez.

Selon Bermúdez de Pedraza, el Corral del Carbon fut construit peu après 1341, ainsi que le suggère une inscription sur la porte d’entrée. Toutefois, la première mention fiable nous est donnée par al-Basît qui visita Grenade en 1336, à l’époque de Yûsuf Ier. En énumérant les ponts sur le Darro, il signale parmi eux « le Pont-Neuf, qui relie le Zacatín au Caravansérail Neuf ». Situé au centre de la ville de Grenade, cet ancien funduq arabe était destiné à servir d’hôtellerie, de magasin et de halle au blé. Il était connu, à l’époque nasride sous le nom de Alhóndiga jadida (« nouveau caravansérail »). Il fut édifié à côté de ce qui avait été l’Alcaiceria.

Son plan carré s’organise à partir d’une cour intérieure, entièrement entourée de portiques et de quatre corps de bâtiments oblongs divisés en habitations multiples. Au centre de la cour se trouve un bassin quadrangulaire en pierres muni de deux canalisations latérales. Les galeries qui cernent la cour prennent appui sur des piles carrées en pierre au rez-de-chaussée et en brique aux étages supérieurs aux appuis en bois ouvragé. Au cours des travaux de restauration, d’intéressantes peintures murales sont apparues sur les parements du rez-de-chaussée et du premier étage. Elles composaient des motifs figuratifs végétaux et géométriques en noir et en rouge vermillon ; motifs que l’on retrouve à Grenade en plusieurs endroits de l’Alhambra et de l’Albaicín, notamment dans la casa Zafra d’époque nasride. On relève des motifs très similaires dans des régions spécifiques du Maroc et de la Mauritanie, dans certaines maisons de la ville de Walata.

 L’entrée monumentale s’ouvre par un grand arc outrepassé en briques qui a reçu un décor en plâtre sculpté. Dans la partie centrale de l’encadrement de l’arc apparaît une inscription. Au milieu du deuxième niveau s’ouvre une fenêtre géminée aux arcatures retombant sur une fine colonnette couronnée d’un élégant chapiteau nasride. Dans le vestibule se trouve une voûte montée sur muqarnas qui a peut-être été peinte à l’époque arabe. Elle conserve des traces de pigments dessinant des motifs épigraphiques et figuratifs.

Cet édifice constitue le seul funduq arabe qui ait été conservé dans la péninsule Ibérique. Il reproduit un type de construction inventé en Orient et que l’on rencontre avec les mêmes caractéristiques, aussi bien en Perse qu’en Syrie et jusqu’en Espagne. Il existe des funduq similaires dans des villes comme Fès (quartier des Najjarîn) ou à Salé (Askur), mais aussi en Italie, à Venise (Fondaco dei Turchi).

Dans sa structure générale le bâtiment est conforme à un caravansérail de type oriental avec un décor et des détails incontestablement nasrides. Le majestueux portail reprend le principe de l’îwân oriental, dispositif qui trouve des parallèles dans les palais sassanides, même si son origine exacte reste discutée. Un portail similaire se remarque au Caire dans la mosquée funéraire du sultan al-Zâhir Baybars (1260-1277).

Dès son achèvement, ce caravansérail entra dans le patrimoine des sultans nasrides. En 1494, les rois catholiques le cédèrent à Sancho de Arana. À la disparition de celui-ci, mort sans héritier en 1531, il fut vendu aux enchères et converti en dépôt de charbon, puis en théâtre, jusqu’en 1593. Au XVIIIe siècle, le caravansérail, dès lors propriété de la Ville, fut transformé. Les niveaux intermédiaire et supérieur furent aménagés en appartements de location, tandis que le rez-de-chaussée fut dévolu aux boutiques, aux écuries et la cour à la vente au poids – d’où le nom de corral (marché) donné aujourd’hui au bâtiment. À partir du XIXe siècle, il devint propriété de l’État espagnol et est actuellement le siège de la fondation El Legado Andalusí.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Bermúdez de Pedraza, F., Historia Eclesiástica de Granada (1639), prologue de Ignacio Henares Cuellar, Grenade : Université de Grenade, 1989.

Jiménez, A., La Arquitectura en al-Andalus, Documentos para el Siglo XXI. Grenade / Barcelone : Fundación El Legado Andalusí-Lunwerg, 1995.

López Guzmán, R., “La Medina Musulmana” en Nuevos Paseos por Granada y sus Contornos, Grenade : Caja General de Ahorros, 1992.

Jiménez, A., Op. cit., 2002.

Torres Balbás, L., « Las Alhóndigas Hispano-musulmanas y el Corral del Carbón de Granada », in al-Andalus, XI, 1946, p. 447-480.



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