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Plaques de revêtement à décor figuratif

  • Titre / dénomination : Plaques de revêtement à décor figuratif
  • Lieu de production : Égypte
  • Date / période : XIIe siècle
  • Matériaux et techniques : Ivoire ; décor sculpté, regravé, traces de couleur rouge
  • Dimensions : H. 40,6 cm ; L. 36,1 cm
  • Ville de conservation : Berlin
  • Lieu de conservation : Museum für Islamische Kunst
  • Numéro d'inventaire : I 6375

Ce cadre est décoré en haut relief de personnages et d’animaux se détachant sur des enroulements végétaux sculptés très en profondeur. Cette esthétique, largement employée à l’époque fatimide, se rencontre autant sur les ivoires que sur le bois, comme par exemple sur le panneau aux protomés de chevaux du musée d’art islamique du Caire[1]. Parfois, à partir du XIIe siècle, le fond est même entièrement ajouré, comme dans le cas de plaquettes en ivoire du musée du Louvre[2].

Les grappes de raisin (ou pommes de pin) et les feuilles accrochées aux tiges des spirales végétales trahissent l’origine du motif végétal : les représentations décoratives de pampres de vignes fréquentes à la période romaine, que les artisans islamiques ont repris dès la période omeyyade[3] en les stylisant peu à peu.

Les personnages et animaux sont représentés dans des activités et des postures variées.

Sur la plaquette supérieure, on trouve trois cavaliers fauconniers dans une scène de chasse ; le premier à est en train de monter sur son cheval ; celui du milieu, lancé au galop s’apprête à lancer son faucon de la main gauche ; le troisième, à l’extrême gauche, galope vers la droite ; un animal, probablement un lapin, devant lui. Trois autres personnages courant à pied ornent encore cette plaquette : l’un, à droite, est entouré de deux chiens, les deux autres, à gauche portent des animaux (probablement des gazelles) pour les faire boire dans un récipient. La plaquette du bas est ornée de buveurs et de musiciens jouant du ‘ûd (luth) ou de la flûte nay.

Sur le montant vertical de gauche on trouve, de bas en haut, un chasseur pointant une lance vers le combat opposant un lion à un quadrupède, un joueur de flûte, un combat entre un oiseau (sans doute un faucon) et une gazelle et un joueur de ‘ûd. Sur le montant droit, on recense deux combats entre un faucon et une gazelle, séparés par un buveur et un homme portant une hotte, sans doute un vendangeur, et enfin, en partie supérieure, un homme barbu tenant un lapin et un faucon.

Cette iconographie mêlant chasse, musique et boisson, doit être rattachée aux plaisirs princiers, fréquents dans l’iconographie islamique, tant en Egypte qu’en al-Andalus, au Proche-Orient ou encore dans le décor du plafond de la chapelle Palatine de Palerme (Sicile).

La vivacité des scènes et la recherche de naturalisme de la représentation sont quant à eux des éléments plus spécifiques de l’art fatimide, qui rappellent les scènes des frises du palais fatimide du Caire, retrouvées dans le maristan de Qalâ’ûn, un panneau en bois du Louvre[4] ou encore d’autres ivoires fatimides. Les représentations précises et détaillées des costumes ont également permis des rapprochements avec des textiles fabriqués en Sicile à l’époque fatimide.

NOTE

[1] Inv. 3391.

[2] Panneaux en ivoire, Paris, musée du Louvre, OA 6265 et OA 6266

[3] Décor de la façade sud du palais de Mshattâ, Jordanie, milieu du VIIIe siècle.

[4] OA 4062

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Trésors fatimides du Caire, (cat. exp. Paris, Institut du monde arabe, 1998), Paris/Gand : Institut du monde arabe/Snoeck-Ducaju & Zoon, 1998, n° 81 p. 138.

The Arts of Islam, (cat. exp. Londres, Hayward Gallery, 1976), Londres : Arts council of Great Britain, 1976, n° 151.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Anglade, E., Catalogue des boiseries de la section islamique, Paris : Réunion des musées nationaux, 1988.



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