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Couronne de lumière (polycandelon)

  • Titre / dénomination : Couronne de lumière (polycandelon)
  • Lieu de production : Tunisie, Kairouan
  • Lieu de découverte : Tunisie, Kairouan
  • Date / période : Xe - début du XIe siècle
  • Matériaux et techniques : Bronze coulé, décor ajouré
  • Dimensions : D. 31 cm ; Ép. 1cm
  • Ville de conservation : Kairouan
  • Lieu de conservation : Musée des arts islamiques de Raqqada
  • Numéro d'inventaire : BZ 22

Cette couronne de lumière qui fait partie d'une série de huit provient de la Grande Mosquée de Kairouan. Il est probable que le prince ziride al-Mu'izz ibn Bâdîs en ait fait don à la Grande Mosquée en même temps que la grande lanterne à son nom.                      

Autour de l’anneau central circulaire rayonne une rosace à 18 branches dessinant des segments triangulaires couronnés de petits arcs outrepassés ; elle donne naissance à une seconde rosace aux tiges évoquant le monde végétal et aux arcs triangulaires. La bordure, chantournée, se compose en alternance de neuf orifices circulaires destinés à recevoir les godets et de neuf motifs en amande terminés par un nodule.

Le motif floral à base de feuille stylisée  est très employé dans l’art ifriqiyen des IXe-Xe  siècle : on le retrouve sur le mihrâb, le minbar et la maqsura de la Grande Mosquée de Kairouan. Trois chaînes réunies par un anneau de suspension sont chacune fixée au plateau à base d’un fleuron en amande de la bordure.

Ce type de couronne de lumière reprend des modèles byzantins et coptes, encore fabriqués à l’époque islamique, essentiellement dans l’aire méditerranéenne. L’artiste musulman a substitué de façon harmonieuse à la croix chrétienne des lustres antiques le fleuron trilobé ainsi que certains motifs géométriques conformes à l’esthétique islamique.

La parenté de ce type de pièce avec des objets chrétiens amena Georges Marçais à « conjecturer le rôle des chrétiens dans la pratique de l'art du métal et dans sa transmission d'Égypte en Espagne »[1].

Ce luminaire kairouanais offre des analogies certaines avec des polycandelon découverts en Syrie, en Égypte et en Espagne. Les pièces les plus représentatives furent découvertes lors des fouilles de Madînat Ilbîra[2] à Grenade. De la même trouvaille proviennent des exemples similaires à ceux de Kairouan. La parenté frappante entre les modèles kairouanais et hispaniques permet d’évoquer la possible existence d'une école de dinanderie commune à l'Occident musulman. D'ailleurs, il semble que cette technique ait essaimé en Espagne chrétienne, comme le prouve un luminaire provenant d’une église chrétienne non identifiée et conservé au British Museum à Londres.

NOTE

[1] Les Andalousies, 2000,  p. 100.

[2] Grenade, Museo Archeologico i Ethnologico, inv. R.E. 552.

BIBLIOGRAPHIE DE L'OBJET

Marçais, G. ; Poinssot, L., Objets kairouanais, t. II, Paris/Tunis : Klincksieck/Tournier, 1952,  p. 446, fig. 101.

De Carthage à Kairouan, 2000 ans d’art et d’histoire en Tunisie, (cat. exp., Paris, musée du Petit Palais, 1982), Paris : AFAA, 1982, p. 219, n° 291.  

Tunisie : du  christianisme à l’islam. IVème- XIVème siècle, (cat. exp., Lattes, musée archéologique, 2001), Lattes : Landes et Ben Hassen, 2001, p. 183,  n° 74.

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Marçais, G. ; Poinssot, L., Objets kairouanais, t. II, Paris/Tunis : Klincksieck/Tournier, 1952.

Les Andalousies, de Damas à Cordoue, (cat. exp., Paris, Institut du monde arabe, 2000), Paris : Institut du monde arabe/Hazan, 2000, p. 100.



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