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Mausolée et Mosquée de Sayyidî (Sidi) ‘Uqba

  • Nom : Mausolée et Mosquée de Sayyidî (Sidi) ‘Uqba
  • Lieu : Algérie, village de Sidi ‘Uqba (à 20 km de Biskra)
  • Date/période de construction : 686, 1025, 1214H./1799-1800 ; zaouïa édifiée en 1073H./1665
  • Matériaux de construction : Bois, troncs de palmier, enduit, pierre, chaux
  • Décor architectural : métal, bois, céramique
  • Destinataire/mandataire : Al-Mu‘izz ibn Bâdîs, souverain ziride
  • Auteur : Zirides
  • Dimensions : superficie de la mosquée : 59,4 x 36,6 m (2174,04m²) ; salle de prière : 23,8 x 21,4 m (509,32m²)
  • Restauration :

    1969 - Travaux de restauration sous la direction des Monuments Historiques suite à des inondations. 1996 - Inscription de la mosquée dans un projet de restauration.

Cette mosquée appartient à un grand complexe édifié autour du tombeau du gouverneur d’Ifriqiya ‘Uqba ibn Nâfi‘ (m. 683). Cette mosquée qui est l’une des plus anciennes d’Afrique du Nord, illustre le style médinois. Elle devint au fil du temps un centre de rayonnement culturel et cultuel qui forma de brillants savants du monde musulman. Son plan est inspiré de la première mosquée construite à Médine.

On accède à la salle de prière par trois entrées latérales. Les sept nefs parallèles au mur qiblî comportent sept travées. Cette disposition transversale, mise en place à l’époque omeyyade, est non seulement la plus ancienne, mais aussi la plus adaptée à la prière musulmane. Les arcs en plein-cintre outrepassés maintenus par des tirants de bois retombent sur des colonnes en troncs de palmier. C’est l’unique exemple algérien de ce système de support, qui provient certainement de Médine, mais qui est courant aussi en Asie centrale et se retrouve au XIIIe siècle dans certaines mosquées d’Anatolie. Les plafonds sont en terrasse, sauf dans la partie qui borde la coupole où ils sont voûtés. Ce détail indique que la mosquée n’a probablement pas été construite en une seule fois.

Le mihrâb et la coupole qui le précède sont en pierre et en plâtre décorés par endroits de peinture rouge et verte. La niche s’ouvre par un arc outrepassé. Elle est couronnée d’un cul-de-four à trente cannelures semi-circulaires, reprises du motif de la conque fréquent dans l’Antiquité pour orner les zones semi-circulaires. En Islam, ce décor apparaît déjà dans un mihrâb considéré comme provenant peut-être de la Grande Mosquée de Baghdad, créée par le calife al-Mansûr en 762. À côté du mihrâb, le minbar est pourvu d’une porte en bois sculpté ornée de rinceaux, de rosaces et d’inscriptions.

Le mausolée abrite la dépouille du vénéré ‘Uqba ibn Nâfi‘ ; trois cent cinquante ans après son inhumation, l’édifice fit l’objet d’importants embellissements comme la belle porte d’entrée. Œuvre fatimide  en bois sculpté, elle présente une grande analogie avec les boiseries de la Grande Mosquée de Kairouan réalisées sous le règne d’al-Mu‘izz (r. 1016-1062). L’huis est richement décoré d’arabesques et d’ornements qui rappellent les soutaches des brodeurs. Certains détails de ce décor (palmettes touffues et allongées) se retrouvent déjà dans les portes latérales et le mihrâb de la Grande Mosquée de Cordoue. Une inscription funéraire sur marbre orne le linteau au décor de rinceau et de panneaux rectangulaires, double bordure qui est interrompue par un panneau carré tenant lieu de clef, et par deux panneaux trapézoïdaux qu’occupent des palmes triangulaires tombantes, comme dans les corniches des portes antiques. La chambre funéraire est carrée et surmontée d’une coupole. Elle occupe l’angle sud-ouest de la mosquée. Sous le règne d’al-Mu’izz ibn Bâdîs, le mausolée fut embelli sur le modèle de la bibliothèque offerte par le prince ziride à la Grande Mosquée de Kairouan. L’inscription ziride (la seule d’Algérie) qui orne le tombeau offre des analogies avec l’écriture des stèles kairouanaises des environs de 1025.

Le minaret situé dans l’angle sud-ouest de la salle de prière montre un fut rectangulaire à registres superposés qui s’achève par des merlons. Son décor est fait de niches aveugles ou percées d’ouvertures et d’arcs en plein-cintre entrecroisés.

Sur l’un des portiques qui entourent la mosquée, près de l’entrée principale, est encastrée une pierre noire qui évoque celle de la Ka‘ba à La Mecque.

BIBLIOGRAPHIE DU MONUMENT

Blanchet, P., La porte de Sidi Okba, Paris : Leroux, 1900.

Marçais, G., « Le tombeau de Sidi-Oqba », in Mélanges d’histoire et d’archéologie de l’occident musulman, t. I., p. 151-159.

Marçais, G.,« Le tombeau de Sidi-Oqba », in Annales de l’institut d’études orientales, Alger, t. V, 1939-1941.

Simon, M.,« Notes sur le mausolée de  Sidi-Uqba », in R.A.f., 1909, p. 26-45.

« Mosquée de Sidi ‘Uqba » in Museum with no frontiers : Discover Islamic Art [en ligne]. Disponible sur

<http://www.museumwnf.org/pc_item.php?id=monument;ISL;dz;Mon01;15;en > (consulté le 23/04/08).

BIBLIOGRAHIE DE REFERENCE

Bourouiba, R., Apports de l’Algérie à l’architecture religieuse arabo-islamique, Alger : OPNA, 1956.

Bourouiba, R., Les inscriptions commémoratives des mosquées d’Algérie, Alger : OPU, 1984, p. 314.

Saladin, H.,Manuel d’art musulman. I, L’architecture, Paris : A. Picard, 1907, p. 225.

Marçais, G.,L’Algérie médiévale, monuments et paysages historiques, Paris : Arts et métiers graphiques, 1957.



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